Notre voisinage tricoté serré

Notre voisinage tricoté serré
Par Solène Bourque, Psychoéducatrice
5 février 2018
Le voisinage se tisse au fil du temps. Des liens se créent et nous font nous sentir enveloppés d’un grand châle de bienveillance.

« Toc, toc, toc ». Ça cogne à la porte arrière. Élodie et Estelle, deux petites frimousses de 4 ans et 6 ans y sont tout sourire, demandant si mon grand garçon de 12 ans est là. Elles veulent qu’il aille jouer avec elles dans la ruelle. Ce dernier laisse sa tablette de côté, et, le temps d’une petite demi-heure avant le souper, redevient un enfant.

24 décembre, il y a quelques années. Je viens pour mettre ma dinde du réveillon à cuire et je constate que le four ne fonctionne plus. En panique, avec une famille à recevoir 6 heures plus tard, je vais cogner chez mes voisins, Marie-Josée et François, qui partent pour Québec. Ils me laissent les clefs de chez eux et c’est là que ma dinde de Noël cuira cette année-là.

Samedi du mois de janvier. Trente centimètres de neige sont tombés sur Montréal. Marcel, un autre voisin, se promène en chantonnant sur la rue avec sa souffleuse et va déneiger l’entrée de trois ou quatre voisins plus âgés et malades.

Fête des voisins il y a 2 ans. Un groupe de parents discutent dans la ruelle pendant que les enfants jouent ensemble. Une idée folle est lancée par un des papas : celle de faire un espace plus beau de ce terrain de jeu improvisé. Deux semaines plus tard, 6-7 parents motivés se rencontrent pour faire une demande de projet de ruelle verte, qui se concrétisera l’année suivante. Et à laquelle grands et petits contribueront avec plaisir.

Ma grande qui fait de l’aide aux devoirs depuis 2 ans avec Angela, qui habite à quelques portes de chez nous.

Mon voisin François qui vient peinturer chez moi. Ou faire quelques réparations quand un pépin survient dans ma vieille maison.

L’été dernier, une famille qui invite tous les voisins à un « ciné-parc » extérieur, avec projection d’un film sur leur garage.

Marcel qui ramasse notre courrier et jette un œil sur la maison pendant nos vacances.

Ces petits bouts de nos vies sont autant d’exemples de combien le voisinage s’est tissé, au fil du temps, autour de nous. Des gens qu’on a appris à connaître, à travers de petits bouts de quotidien, des initiatives qui nous font travailler ensemble pour rendre notre petit coin plus beau, pour tous! Vivre avec eux de l’entraide mutuelle, des fous rires, du plaisir. Observer des liens qui se tricotent serrés, entre les générations, et qui nous font nous sentir enveloppés d’un grand châle de bienveillance et de petits bonheurs, tous ensemble.

J’aime voir mes enfants grandir dans cet environnement. Ça me rassure et me fait du bien de nous savoir entourés de gens de cœur sur qui compter en cas de besoin!

Et vous, comment sont vos liens avec votre voisinage? Sentez-vous que vous pouvez compter les uns sur les autres?

 

Photo : Eric Varasifsky

Solène Bourque, Psychoéducatrice
Psychoéducatrice et auteure, j'œuvre dans le domaine de l'intervention et de l'éducation depuis plus de 20 ans. Je suis aussi la maman de deux grands enfants.
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Commentaires (2)

  1. PigJoy 5 février 2018 à 20 h 43 min
    Ici, c'est tout le contraire: moins je vois mes voisins (et leurs chiens) et mieux je me porte! Je n'ai jamais été sociable, ce qui n'empêchait pas mon fils de jouer avec les enfants de la rue...
  2. Solène Bourque 7 février 2018 à 11 h 17 min
    L'important c'est d'être bien dans ce qu'on vit. On a aussi des voisins qui socialisent moins dans notre petite gang tricotée serrée et c'est bien correct ainsi! Et tant mieux si votre fils s'est fait de bons amis dans votre petite coin!

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