Aux soins intensifs avec mon enfant

Aux soins intensifs avec mon enfant
2 février 2018
Hospitalisé depuis quelques jours, notre garçon a dû être transféré aux soins intensifs, puisque les choses n’ont vraiment pas tourné comme prévu.

Rédiger un texte alors que mon enfant est hospitalisé, c’est un exercice que j’ai déjà fait par le passé. Mais, le faire alors qu’il se trouve aux soins intensifs du CHU Sainte-Justine, c’est nettement plus intense.

Mon fils était hospitalisé depuis quelques jours, mais les choses n’ont vraiment pas tourné comme prévu et il a dû être transféré aux soins intensifs.

Comme je l’ai écrit sur ma page Facebook, « aller aux soins intensifs, c’est comme partir avec un aller simple pour un pays qui te fout vraiment la chienne, que tu ne connais pas du tout, en espérant que tu seras l’un des chanceux qui réussira à mettre la main sur un billet de retour une fois sur place. »

Parfois, tout peut se mettre à aller tout croche alors qu’on ne s’en attendait pas du tout. Je crois qu’en tant que parents, il faut prendre le temps de s’arrêter pour réaliser la chance que nous avons lorsque nos enfants sont en santé.

Personne n’est à l’abri

Ce sera cliché d’écrire quelque chose comme ça, mais nous prenons trop souvent la santé pour acquis en pensant que les mauvaises nouvelles n’arrivent qu’aux autres et que nous sommes à l’abri des tempêtes.

Notre enfant a plusieurs problèmes de santé, mais devoir l’emmener aux soins intensifs, c’était plus significatif que tout ce qui était arrivé auparavant. Pour moi, c’était un peu comme l’accompagner jusque sur le bord du précipice, sans trop savoir s’il aurait suffisamment d’équilibre pour ne pas être englouti par le gouffre.

C’est fou à quel point, en tant que parent, on se sent impuissant et on doit remettre toute notre confiance entre les mains des professionnels de la santé et des spécialistes dans une pareille situation.

Ça m’a fait réaliser encore plus la fragilité de la vie et la chance que j’ai d’avoir des enfants.

Nos enfants ne nous appartiennent pas

Khalil Gibran écrivait cela il y a presque 100 ans et il avait tellement raison!

Nos enfants sont ce que nous avons de plus précieux dans la vie et je suis convaincu que, tout comme moi, vous seriez prêts à absolument n’importe quoi pour les vôtres.

Mais, nos petits ne nous appartiennent pas. Ils nous sont confiés, pour un temps seulement, pour nous rendre meilleurs en tant qu’êtres humains et pour nous permettre de les aider à grandir en étant le mieux outillés possible pour faire leur petit bonhomme de chemin.

Non seulement il faut réaliser que rien n’est éternel, mais aussi que tout notre équilibre est fragile et peut être chamboulé du jour au lendemain. Je pense qu’il faut surtout vivre le moment présent et apprécier, aimer.

S’apprécier et s’aimer aussi. Entre nous, en tant que famille.

Le plus fort possible, le plus intensément possible, avec nos qualités, nos défauts et nos nombreuses imperfections.

Mon garçon a eu la chance de décrocher un billet de retour. Et ce soir, le bisou que je déposerai sur son front sera particulièrement significatif pour moi.

 

Jean-François Quessy est aussi l’auteur du blogue  Un gars, un père.

 

Photo : Jean-François Quessy

Jean-François Quessy
Je suis un père passionné, mais aussi un grand amoureux qui aborde sa vie avec humour.
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Commentaires (8)

  1. Demerise Coulombe 3 février 2018 à 14 h 29 min
    Une vos enfants véritée que l`ont ne veut souvent pas voir mais qui est presente a tous les jours ;nos enfants ne nous appatiennent pas . Dur a réalisercomme tu le dit si bien c`est seulement dans ces momrents que nous y fesont face . Ils sont précieux les moments que l`ont nous accorde avec eux alors a nous d`en faire toujours le plus beaux moment. Je vous trouves tres courageux de passer au travers de tous cela et garder le cap comme vous le faites . Je vous leve mon chapeau xx
  2. Jean-François Quessy 14 février 2018 à 09 h 28 min
    Merci beaucoup!
  3. Yves 3 février 2018 à 16 h 24 min
    Ses pas facile je vrai prier fort fort avec ton mon Amour
  4. Catherine 4 février 2018 à 20 h 54 min
    Ma pire hantise... Quel courage d'écrire quand même une page de blogue quand son enfant est au ICU. Contente de savoir qu'il va mieux. En vous souhaitant que c'est le dernier voyage de ce type pour vous et votre famille. Aussi: ils sont vraiment géniaux à Ste-Justine, vous ne trouvez pas?
  5. Jean-François Quessy 14 février 2018 à 09 h 30 min
    Effectivement, le personnel est fantastique. Et, juste à côté, le Manoir Ronald Mcdonald sauve aussi des familles.
  6. Julie 13 février 2018 à 23 h 31 min
    Tout ce que je peux vous dire c’est que je comprends tellement ce sentiment... Ma fille a passé 144 jours aux soins intensifs. Jours après jours, heures après heures et souvent Minutes après Minutes, tout peut basculer d’un côté comme de l’autre. Des journées d’angoisse, de peur et de combat pour la survie de notre enfant. Nous sommes aussi les heureux chanceux qui ont eu un billet de retour, et j’en remercie la vie à tous les jours en serrant ma fille dans mes bras. ❤️
  7. Jean-François Quessy 14 février 2018 à 09 h 31 min
    Aïe! 144 jours, quelle expérience! Je vous souhaite de la santé à la tonne pour le futur! Merci pour votre partage.
  8. Maude 20 février 2018 à 17 h 23 min
    Je vous comprends. Ma fille aînée souffre d’une rare arythmie cardiaque (taux de mortalité 40%). Elle a été diagnostiquée à l'âge de cinq semaines et fut hospitalisée deux fois aux soins intensifs au cours du mois qui a suivi. Je vous comprends tout simplement. Je suis médecin et savais qu’il ne fallait jamais prendre la santé pour acquise (apprendre à de nouveaux parents que leur enfant ne fêtera pas son premier anniversaire est toujours difficile même si on est médecin et s’ensuivaient toujours des nuits d’insomnie) mais cela a pris un tout autre sens le 5 avril 2016 alors que je me retrouvais du côté « patient » avec ma fille et non du côté « médecin ». Votre fils et votre famille serez dans mes pensées.