Le syndrome du papa gonflable

Le syndrome du papa gonflable
21 décembre 2017
Cette année, c’était mon baptême d’installation de lumières de Noël sur ma maison. J’ai été pris du maudit syndrome du voisin gonflable.

« Ah ben, on sort les décorations de Noël! »

« Hé oui, pas l’choix, avec les enfants, hein! »

Voici l’intégrale de la courte discussion que j’ai eue avec mon voisin qui passait devant ma maison pendant que je faisais semblant de ne pas me battre avec mes décorations.

Cette année, c’était mon baptême d’installation de lumières de Noël sur ma maison. Certes, nous avions de petites décorations ici et là, mais voir la réaction de mes enfants lorsqu’on passait devant des maisons illuminées a fait naître en moi un peu de jalousie. Ça venait me piquer et j’ai été pris du maudit syndrome du voisin gonflable… Je suis devenu un papa gonflable.

Alors, tel un bon père de famille orgueilleux, un samedi matin froid et poudreux, j’ai mis ma paire de jeans de père (celle qu’on sort pour passer la tondeuse ou installer une plaque de prise de courant) et je suis allé acheter de quoi faire dire « wow regarde! » à tous les bambins qui allaient passer devant ma maison, mais surtout, à mes bambins à moi. C’est pas vrai que le gazon sera plus vert chez le voisin cet hiver!

Bon, ça, c’était le plan initial.

J’ai dû me rendre à l’évidence qu’avec mon échelle trop courte, la gestion de mes enfants qui mangent de la neige sale, la poudrerie qui me fouette le visage et le fait que c’était ma première installation à vie, il m’était difficile d’atteindre un résultat digne d’un « wow ».

Comment dire… Vous vous souvenez de la première fois que vous avez embrassé quelqu’un? Vous n’étiez pas trop à l’aise, pas sûr de comment procéder, et pas certain de la réaction de votre partenaire après l’acte? Alors voilà, ça vous donne une idée de l’état de ma maison. Disons que ça mérite plus un « hum... » qu’un « wow! ».

Mais honte à moi, car j’ai négligé l’indéniable magie de Noël.

L’instant d’un moment, je me suis revu, à 6 ans ou 7 ans, à jouer dehors pendant que mon père posait les lumières multicolores sur la maison. Je me suis surpris à n’avoir que ce souvenir des décorations, et rien du résultat. Je me souviens juste de mon père installant la magie de Noël sur la maison, et moi qui le regardais.

Au final, j’ai compris que j’avais bien fait d’installer ces lumières, pas pour le résultat (clairement pas, non), mais pour le processus qui me ramène à cette fameuse phrase : « Le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager. » En d’autres mots, la magie n’est pas toujours là où on la croit cachée. C’est fou comment la sage innocence d’un enfant est capable de surpasser la jalousie d’un papa gonflable.

Passez un merveilleux temps des fêtes. Profitez de chaque moment, car on ne sait pas quel extrait restera gravé dans la mémoire de nos marmots! :)

 

Vous pouvez aussi suivre Fier Père sur sa  page Facebook.

 

Photo : GettyImages/BanksPhotos et Imgorthand

Fier Père
Je suis Keven Beauregard, fier père de 2 garçons qui tente, tant bien que mal, de transformer l'ordinaire en extraordinaire! Des fois, ça fonctionne.
Tous les billets de l'auteur

Commentaires (2)

  1. Soso 21 décembre 2017 à 21 h 28 min
    Les enfants ont ceci de merveilleux: ils vont à l'essentiel et savent comment être heureux. Ils s'en fichent du flafla et de ce qui, nous adultes, nous importe. Ils ne rejettent pas le bonheur s'il est imparfait, et n'ont que faire de la nostalgie. Ils sont vrais et bien ancrés dans le présent! On a tant de choses à apprendre d'eux. La magie est déjà dans leurs yeux d'enfants alors il ne faut pas trop se casser la tête!
  2. Genevieve 22 décembre 2017 à 10 h 16 min
    Texte comique et touchant! Je l'ai immédiatement transféré à mon chum qui s'y reconnaîtra assurément!

Partager