L'école de quartier, par choix!

L'école de quartier, par choix!
Par Solène Bourque, Psychoéducatrice
3 mars 2017
Ils étaient encore tout-petits et c’était déjà décidé : nos enfants feraient leur entrée dans le monde scolaire à l’école de quartier. Voici pourquoi.

J’habite un quartier de Montréal avec ma petite famille. Un choix pratique : l’accès au transport en commun, aux commerces de proximité, mais aussi un choix de cœur parce que nous avons de superbes espaces verts qui longent le fleuve. De plus, notre quartier regorge d’expériences enrichissantes au point de vue humain pour mes enfants.

Alors qu’ils étaient tout-petits, nous avions déjà décidé que ce serait à l’école de quartier qu’ils feraient leurs premiers pas dans le monde scolaire, même si d’autres options auraient pu s’offrir à nous. Comme parent, je voulais que mes enfants apprennent à l’école, bien sûr, mais notre choix était davantage motivé par la simplicité. Que l’école soit tout près de notre maison. Que mes mousses puissent croiser des amis de l’école au parc ou en jouant dans la ruelle. Qu’ils soient dans un milieu qu’ils connaissent. Qu’ils évitent le transport en auto ou en autobus à faire matin et soir, nous permettant de gagner du même coup 1 h 30 de temps en famille par jour. Cela n’aurait pas été possible pour nous s’ils avaient fréquenté une école « à vocation particulière ».

Fréquenter une école défavorisée

Mes deux enfants ont donc fréquenté l’école au coin de la rue, la 2e plus défavorisée du quartier, tout leur primaire. Et ça s’est passé de façon très positive. Oui, comme cela arrive dans bien des écoles, ils ont vécu des situations difficiles : conflits, intimidation, par exemple, mais les professeurs et les intervenants ont bien pris les choses en main. En fait, ça m’a beaucoup rassurée de constater que cette école avait accès à beaucoup de ressources (psychoéducatrice, éducateur spécialisé, orthopédagogue, etc.). De bonnes conditions, je crois, pour permettre à tous les enfants d’avoir accès à un enseignement stimulant, mais également d’intervenir rapidement sur les petits et grands défis du quotidien à l’école.

J’ai d’ailleurs constaté que la plupart des enseignants y travaillent depuis fort longtemps, par choix. Parce qu’ils disent aimer profondément enseigner à ces classes où se côtoient des réalités différentes, mais où il s’y développe également beaucoup d’entraide et de souci de l’autre. Chaque école a ses avantages, et c’est tout aussi vrai pour les enseignants et les intervenants que pour les enfants.

Une des belles surprises que j’ai eue est l’accès de leur école au programme de soutien Une école montréalaise pour tous qui leur a permis de vivre des expériences fabuleuses : des ateliers avec un artiste pour produire une murale sur les murs extérieurs de l’école; un projet avec le Musée des Beaux-Arts de Montréal; un autre avec Sing Montreal Chante. J’avais déjà entendu parler de ce programme comme intervenante dans le réseau de l’éducation, mais de voir concrètement tout ce qu’il pouvait offrir comme occasion d’apprentissages et d’ouverture sur le monde à mes enfants a été une expérience riche en émotions!

Le vernissage des masques réalisés par les enfants au Musée des Beaux-Arts fait d’ailleurs partie des très beaux souvenirs d’école de mon petit dernier! Et c’est avec beaucoup de nostalgie que je le verrai terminer sa 6e année dans cette belle école dans quelques mois.

Et pour vous, qu’est-ce qui était important quand votre enfant a commencé l’école? Quels étaient vos souhaits? Vos préoccupations comme parents?

 

Photo : GettyImages/FatCamera

Solène Bourque, Psychoéducatrice
Psychoéducatrice et auteure, j'œuvre dans le domaine de l'intervention et de l'éducation depuis plus de 20 ans. Je suis aussi la maman de deux grands enfants.
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Commentaires (4)

  1. Aurélie 3 mars 2017 à 15 h 17 min
    Je me reconnais dans votre article: on a aussi choisi l'école de quartier, pour le côté pratique et humain, on trouve qu'il a beaucoup d'intervenants et de professeurs impliqués et c'est aussi une école très défavorisée. Mon enfant s'y épanouit mais parfois il ramène à la maison de mauvais comportements et de gros mots. Ma préoccupation première toutefois est que j'ai peur qu'il s'ennuie en classe, car il a nommé cela une ou deux fois. Il est pourtant heureux d'aller à l'école. Je me demande donc si nous avons fait le bon choix... était-ce pour nous faciliter la tâche ou permettre son plein potentiel? J'ai peur d'avoir «manqué mon coup»... Il est si brillant et à son affaire! On le stimule à la maison et on fait de belles sorties en famille. N'empêche... le milieu scolaire est primordial! Je sais déjà que son école secondaire ne sera pas celle du quartier. Mais d'ici là, est-il vraiment heureux là où il est ou ais-je failli à mon devoir de mère de chercher davantage d'alternatives? Que de questions dans ma tête!
  2. Solène Bourque 3 mars 2017 à 16 h 54 min
    Bonjour Aurélie! J'ai moi aussi eu ces préoccupations comme vous! Est-ce que mes enfants auraient suffisamment de défis au niveau des apprentissages? Est-ce qu'ils seraient "oubliés" dans des classes où il y a de multiples défis pour l'enseignant? J'ai eu la chance d'avoir des enseignants pour enfants qui avaient le souci que chacun apprenne à son rythme, mais aussi que chacun se sente stimulé dans la classe. Ma fille par exemple, a été jumelée à une autre petite fille en 4e année, pour l'aider à maîtriser la lecture. Ça l'a aussi stimulée à lire davantage. Elle s'est lancée dans la lecture de romans cette année-là! Dans une autre classe, les enfants avaient des petits duo-tangs de travail autonome dans lesquels ils pouvaient travailler quand ils avaient terminé avant les autres. Bref, ils ont eu le souci de garder leur motivation tout leur primaire. Et j'ai été bien heureuse! Maintenant, mon aînée est dans une école privée au secondaire, dans un programme de son choix, et elle n'a eu aucune difficulté à s'y adapter au niveau académique. Elle semblait donc aussi prête que tous les autres jeunes provenant d'autres écoles. Mais je vous comprends d'avoir ces questionnements en tête. N'hésitez pas à les partager à l'enseignant de votre enfant!
  3. Marie-Chantal 4 mars 2017 à 07 h 06 min
    Vous êtes chanceuse d'avoir vécu une expérience si positive. J'ai enseigné plusieurs années au préscolaire et au primaire à la csdm et s'il est vrai que les enfants présentant des difficultés bénéficient de plusieurs services (souvent insuffisants), je trouve qu'en général les enfants doués sont oubliés car les profs en ont plein les bras avec les autres. De plus, ils ont récemment coupé le transport scolaire vers les écoles à vocation particulières. Égalité des chances... Vraiment? Il serait grand temps qu'on s'occupe mieux des enfants qui peuvent en prendre plus!
  4. Solène Bourque 4 mars 2017 à 17 h 43 min
    Bonjour Marie-Chantal, Merci de votre commentaire qui illustre bien la réalité de plusieurs écoles. Pour oeuvrer dans le monde de l'éducation depuis plusieurs années, je suis consciente que la tâche s'alourdit pour les enseignants et que les ressources pour soutenir les enfants (et les enseignants par la même occasion) ne sont pas suffisantes. J'ai donc d'autant plus apprécié la créativité et la motivation des enseignants et intervenants de l'école de mes enfants pour faire des jumelages par exemple, entre les enfants doués, et ceux qui ont plus de difficulté. Ça a permis à mes enfants de développer un souci de l'autre et cela les a également valorisés. Ils se sentaient importants dans la classe. En contrepartie, je me souviens avoir déjà été rencontrer une des enseignantes de ma fille pour lui dire que j'appréciais que ma fille aide les autres, mais que j'aimerais aussi qu'elle puisse avoir des défis académiques pour elle-même! Pas uniquement être en équipe avec des enfants qui performent moins bien, mais aussi avec des coéquipiers stimulants avec qui elle pourrait se dépasser. C'est là je crois où le temps et l'énergie des enseignants a pu manquer par moments de par la surcharge de travail. C'est aussi ce qui nous a fait opter pour une école secondaire où elle pourrait pleinement vivre ce dépassement de soi. Alors bien qu'on ait grandement apprécié l'école de quartier pour son primaire, pour son secondaire, nous lui avons offert différentes options qui pouvaient lui permettre cela. Je trouve dommage toutefois que ça soit au privé qu'on ait trouvé ce qui lui convenait. Et en ce sens, le gouvernement devrait soutenir davantage les écoles publiques afin que tous les enfants, autant ceux qui ont des difficultés que les plus doués y trouvent leur compte, tant au secondaire qu'au primaire.

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