«Papa, maman, arrêtez de vous chicaner!»

«Papa, maman, arrêtez de vous chicaner!»
22 février 2016
Nos enfants ne sont pas fous. Même en très bas âge, ils savent que quelque chose ne tourne pas rond.

Ma conjointe et moi ne sommes pas du type à nous obstiner souvent. Un malentendu par-ci ou une mésentente par-là en ce qui a trait à la façon de gérer un conflit entre nos enfants ou à la discipline à appliquer. Quand ça arrive, nous tentons généralement de régler le tout seul à seul.

Récemment, toutefois, le ton a monté devant nos enfants et nous avons failli nous emporter. Pour une connerie. Comme ça vous arrive probablement aussi à l’occasion. Une escalade rapide était en train de se faire.

J’ai tourné la tête vers mon plus vieux de 5 ans. Je l’ai senti nerveux. Il commençait à sautiller quelque peu sur le sofa, à nous regarder à tour de rôle avec des yeux furtifs. J’ai compris qu’il avait l’impression de ne pas être à sa place. Qu’il était en train de devenir le spectateur d’une représentation pour laquelle il n’avait sollicité aucun billet VIP.

Nos enfants ne sont pas fous. Même en très bas âge, ils savent que quelque chose ne tourne pas rond.

Je n’avais pas tellement envie qu’il nous lâche un « Papa, maman, arrêtez de vous chicaner! », anxieux. Nous nous sommes calmés et avons poursuivi, plus en douceur.

Ce soir-là, je me suis rendu compte que nos enfants ne sont pas fous et que, même en très bas âge, les chicanes que nous avons peuvent les affecter.

Malgré cela, je crois que ce n’est pas mauvais que mes enfants assistent parfois à des disputes entre nous, lorsque celles-ci sont bien menées. Après tout, ils apprennent en nous voyant échanger, négocier et trouver un terrain d’entente. Les chicanes font partie de la vie et une fois qu’elles sont réglées, la relation peut se poursuivre sans en être entachée!

Je ferai quand même doublement attention à l’avenir. Et, advenant que le ton monte, il y a toujours la possibilité de faire subtilement semblant de donner raison à ma douce devant les petits… Puis de revenir à la charge un peu plus tard! Tactique de gars. Ah! Ah!

 

Jean-François Quessy est aussi l’auteur du blogue  Un gars un père.

 

Photo : iStock.com/PeopleImages

Commentaires (4)

  1. mère 23 février 2016 à 12 h 47 min
    Moi je pense qu'il ne faut jamais afficher de tel comportement devant les enfants parce qu'ils peuvent être psychologiquement affectés. Merci.
  2. Annie 25 février 2016 à 07 h 28 min
    Merci monsieur Quessy pour ce point de vue qui se rapproche du mien! J'ai été élevée par des parents qui n'affichaient jamais jamais de désaccords devant nous, et je crois que ça m'a peut-être donné une idée un peu utopique de la relation de couple.... En fait, la seule fois où j'ai été témoin d'une dispute entre mes parents, ça été quelques jours avant leur séparation! Alors quand j'ai habité avec mon conjoint, j'ai été choquée, et même déstabilisée par la quantité de désaccords que nous pouvions avoir! Je dose mon propos en spécifiant que nous ne nous "enguelons" ou insultons JAMAIS, en privé comme en public, mais nous argumentons très souvent. Et nous continuons sans se gêner si notre garçon de 17 mois est avec nous à ce moment-là. Quand ma mère en est témoin, elle nous somme d'arrêter, alors on règle ça plus tard.... pendant la sieste de grand-maman! 😅
  3. Cris 1 mars 2016 à 13 h 40 min
    Bonjour M. Quessy. Je suis en quelque sorte d'accord avec vous et avec Annie. Les parents ne doivent pas donner une impression de perfection de la relation de couple, car cela pourrait affecter le regard du futur adulte sur le vrai monde. Mais, de l'autre côté de la médaille, une relation trop tumultueuse pourrait avoir un impact encore plus négatif. Je ne parle pas à travers mon chapeau, je viens d'une famille ou les chicanes, les engueulades et les insultes entre parents étaient à l'ordre du jour et j'ai fini par essayer de me suicider à l'age de 13 ans. Ce milieu plus que nocif m'a donné peur des relations de couple, et j'ai été plus que chanceuse de trouver quelqu'un de compréhensif et de calme. Je suis maintenant mère d'un petit de 6 ans et nous essayons de ne pas nous chicaner trop fort, trop longtemps ou trop souvent devant lui. Par contre, nos argumentations (et je peux accentuer le fait qu'il y a jamais d'insultes entre nous, et que tous se passe dans le respect) peuvent être bénéfiques. Elles donnent à notre enfant des exemples de solutions pour les conflits imminents de la vraie vie. Au fond, la vie n'est pas parfaite et tous les enfants doivent le savoir avant d'être blessés par une utopie qui n'existe pas.
  4. Jean-François Quessy 1 mars 2016 à 14 h 03 min
    Bonjour, votre propos rejoint tout à fait le mien. Nier l'existence des disputes et des désaccords peut probablement leur donner une vision biaisée des relations réelles. Si nos enfants « assistent » à quelques accrochages (et on se comprend bien qu'on ne parle pas de chicanes à répétition qui viennent empoisonner le climat de vie familial), ils peuvent, à mon humble avis, en retirer certainement du positif. Mais, encore là, tout est dans la façon de le faire parce que rapidement, comme je l'ai écrit dans mon texte, une dispute qui se déroule sans avoir conscience de la présence des tout-petits peut devenir rapidement néfaste pour eux.

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