Mauvaise mère

Mauvaise mère
13 mars 2015

Elle a la tête qui tourne. Faites ceci, ne faites plus cela. Dites ceci à votre enfant, ne dites pas cela… Entre les mille et une études scientifiques, les nouvelles recommandations en matière d’éducation, d’alimentation, de santé, les conseils des uns et les avertissements des autres, elle se remet souvent en question.

Elle, c’est ma voisine, ma cousine, ma copine. C’est Julie, Nathalie ou Samia. C’est moi, parfois. C’est aussi cette maman qui veut tellement bien faire qu’elle finit par douter de ses compétences. « Est-ce que j’en fais assez mes enfants? » « Est-ce que je m’inquiète pour rien? » Elle dit : « J’aurais dû… » « Si j’avais su… » « Je ne suis pas une bonne maman. Je manque de temps, d’argent, de patience, je travaille trop… », et bla bla bla. Elle s’étouffe avec des regrets en pensant parfois qu’elle est une mauvaise mère; et le pire, c’est qu’elle finit par y croire. Mauvaise mère, vraiment?

La réponse est non.

On les aime nos enfants. On les console quand ils ont de la peine. On les nourrit. On les guide du mieux qu’on peut. Alors c’est un peu normal de se perdre parfois dans toutes ces informations à assimiler et à mettre en pratique. Heureusement pour nos enfants, on est à mille lieues d’une époque où pour être considéré comme un bon parent, il suffisait de les garder en vie!

J’ai trouvé un bon truc pour ne pas me laisser étouffer par toutes ces infos. Je me fais confiance. J’ai décidé un jour que j’étais une super maman, même si je ne lisais pas de livres à mes enfants tous les jours ou que je ne leur donnais pas la portion de légumes recommandée. Du coup, avec cette image hyper positive de moi-même, j’envisage chaque nouvelle information comme une balise pour m’aider à devenir encore meilleure et non comme la preuve de mon incompétence parce que je ne fais pas ou que j’ai mal fait ceci ou cela.  Je vais m’améliorer, mais à mon rythme. Je fais déjà beaucoup de choses qui rendent mes enfants heureux et dont personne ne parle. Il y a ce bisou tendre que je leur fais dans le cou pour les réveiller le matin, le son de ma voix quand je ris avec eux, que je chante (faux!) ou que je leur invente des histoires, mon sourire quand j’admire le dessin qu’ils ont fait juste pour moi, ce petit « je t’aime » que je leur chuchote au creux de l’oreille… Le plus joli dans tout ça, c’est que depuis que je me considère comme une bonne maman, je suis devenue une meilleure maman. Et je suis certaine que vous l’êtes aussi.

Catherine Goldschmidt
Je suis une drôle de maman qui adore dénicher ou inventer des jeux simples et peu coûteux pour amuser les enfants.
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Commentaires (12)

  1. Sigolene 13 mars 2015 à 10 h 59 min
    Jusqu'a present j'avais surtout rigolé en lisant vos articles.

    Vous abordez là un sujet tellement fort, que la boule se forme dans la gorge et que les larmes me montent aux yeux. On se debat pour être une super maman, mais parfois, dans un comprtement de nos enfants, dans le regard "bienveillant" de l'entourage on se sent parfois en echec, voir carrément incompetente....

    On nous abreuve de recettes pour être le parent qui va bien, mais nos enfants ne sont ni des programmes informatiques ni des gateaux, et ils ne sont pas plus parfait que leurs parents.
    Peut être que si on commence a accepter qu'ils ne sont pas parfait quoi qu'on fasse, on sera moins a la recherche de la perfection chez nous les mamans. On leur enlevera une pression inutile par la meme occasion.
    Est ce qu'on realise qu'on leur demande d'être mignon obeissant, bien elevé, autonome, tendre, rigolos (mais seulement dans nos codes d'adultes et quand on est disponible!) de dormir quand nous on les couches de manger ce que nous on leur propose.
    Mais aucun adulte ne supporterait un tel fardeau! En écrivant ça je commence a comprendre pourquoi les super heros les fascinent autant, il faudrait effectivement en être un pour satisfaire l'ego des parents.

    Et surtout n'oublions pas..... Nos enfants sont plus que la résultante d'un principe pedagogique, ce sont des êtres complexes et malgrè tout ce qu'on essaie de reparer ils sont le fruit d' une histoire.
  2. De Bois 13 mars 2015 à 12 h 20 min
    Génial et super positif de lire cela.
  3. Mathilde 13 mars 2015 à 12 h 50 min
    "Je vais m’améliorer, mais à mon rythme."
    Et si on était déjà assez bonne et on avait juste à continuer comme ça et à y prendre plaisir?
    C'est la résolution que je me suis accordée dernièrement, et puis je me sens soudain très libre de faire les choses à ma façon, et de prendre plaisir à la vie.
    Vive la famille et tant pis pour la performance!
  4. Mélin 13 mars 2015 à 13 h 52 min
    Wow, merci ce billet est tellement rafraîchissant!!!!
  5. Melanie 14 mars 2015 à 00 h 26 min
    Merci pour ce texte ! Il m'arrive tellement souvent de me comparer aux mamans que je côtoie et de me dire que je ne fais pas assez de... ou je ne fais pas comme... en fait, je fais comme je peux et je pense qu'il n'y a rien de mal à cela ...
  6. 52 Défis Parent 14 mars 2015 à 11 h 08 min
    Votre texte me rejoint tellement! C'est en plein en ce sens que j'ai créé les 52 Défis parents avec cette phrase clé qui résume bien l'esprit de votre article et des 52 Défis Parent:
    En acceptant de ne pas être un parent parfait, on est déjà un meilleur parent.
    Merci de l'illustrer de façon aussi touchante :)
  7. Valérie 16 mars 2015 à 12 h 13 min
    Je pense qu'en se faisant confiance comme parent, mais aussi dans les autres sphères de notre vie, on fait là un bien bel exemple pour nos enfants.
  8. Catherine Goldschmidt 16 mars 2015 à 12 h 14 min
    Merci à vous de me lire et de m'offrir vos commentaires si touchants.
  9. Annie 16 mars 2015 à 14 h 52 min
    Quel beau texte. J'étais cette maman qui croyait que pour être un bon parent il faut être toujours patiente, calme et qui ne jamais hausser la voix. J'ai réalisé que tous les parents passent par un moment d'impatience, perdent leur calme un jour et sont surpris par le son que leur voix peut avoir dans un moment de colère.

    J'ai lu un livre exceptionnel qui m'a aidé à comprendre que je suis un humain, avec tous les sentiments qui l'habitent, qui tente d'élever un petit humain qui a lui aussi des sentiments qui peuvent étrangement ressembler au mien parfois!

    C'est "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent" d'Adèle Faber et Elaine Mazlish. Il date de plus de 30 ans et c'est une boîte à outils formidable! :)
  10. Catherine 17 mars 2015 à 19 h 39 min
    Le pire, c'est quand on lit des trucs qui mettent tout le blâme des défauts d'adulte sur le lien avec la mère. Ouf la pression que ça met sur nos épaules de bien faire avec les nôtres. Sauf qu'il n'y a pas de mode d'emploi qui vient avec nos petits poussins, (sauf le Mieux vivre avec bébé au Québec hihi), alors on lit compulsivement tout ce qu'on peut trouver. J'essaie de rester le plus loin possible des forums de maman parce qu'alors c'est la panique assurée!!!!
  11. leonard 19 mars 2015 à 06 h 14 min
    JE suis inquiète mon petit fils de cinq ans me dit qu'il n'aime pas sa maman voici ces mots
    je l'aime pas beaucouq beaucouq mais pas beaucouq beaucouq mamy
    que faire
  12. Catherine Goldschmidt 20 mars 2015 à 14 h 39 min
    Je comprends que cela vous inquiète en effet. Vous pourriez téléphoner à la ligne Parents: 1 800 361-5085 pour leur demander leur avis. Ils savent écouter et vous donneront des pistes pour intervenir de la bonne façon.

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