«Non, moi toute seule!»

«Non, moi toute seule!»


La vie familiale est pleine de moments forts et heureux qui nous font grandir, et dont on se souviendra toute notre vie. Cependant, ces moments surviennent rarement les matins de semaine où c’est plutôt souvent la course. Pour quitter la maison à l’heure prévue, il y a un nombre d’actions inévitables à poser : brosser les dents, s’habiller, ranger son assiette, etc. Pour ma fille Leeloo, 3 ans, cette routine est parfois plus difficile à suivre, surtout en cette période où elle souhaite faire presque tout, toute seule.

Je pense entre autres aux bottes. Puisque les bottes viennent en dernier dans la séquence matinale, le temps est souvent épuisé. Je veux donc lui mettre ses bottes moi-même, ce qu’elle déteste. Cette étape se termine souvent en pleurs parce qu’on doit partir et qu’elle n’a pas pu mettre ses bottes toute seule.

- Je suis capable!  me dit-elle, inconsolable.

Pas un caprice...

Ce que j’ai d’abord perçu comme un caprice est en fait une manifestation saine d’un besoin fondamental de l’enfant, la quête de l’autonomie. Ce besoin est très important pour le développement de l’enfant et particulièrement pour son estime de soi. Aussi, ces comportements doivent être encadrés avec soin.

Avant tout, je dois protéger Leeloo d’elle-même quand son besoin d’autonomie se manifeste. Ces apprentissages doivent se faire en toute sécurité, car c’est souvent ce besoin qui pousse nos enfants à faire toutes sortes d’erreurs qui pourraient être dangereuses. Je vous cite en rafale des exemples vécus à la maison : monter sur une chaise pour avoir accès à l’armoire de verres en vitre afin d’aider papa à mettre la table, emboutir avec un panier une pyramide de bouteilles de bière pleines au supermarché et, en finale, tenter de se maquiller comme maman avec un flacon de vernis à ongles rouge! « Être capable » à 3 ans a des limites et c’est au parent de les déterminer.

En même temps, on ne doit pas surprotéger nos enfants. Ils doivent aussi vivre des déceptions, des échecs et même de la douleur afin d’être capables de surmonter des événements difficiles au cours de leur vie. Dire non quand notre enfant nous demande de lui lâcher la main dans le stationnement de l’épicerie, c’est sain et c’est surtout sécuritaire.

Accepter de moins contrôler

Bien comprendre le besoin d’autonomie de notre enfant nous permet de mieux intervenir et de mieux répondre à leurs demandes. Comme parent, il est important de se rappeler que le développement de l’autonomie demande un lent transfert de contrôle vers l’enfant. Il y a donc des choses que, comme parent, nous contrôlons de moins en moins, et ces mêmes choses seront de plus en plus contrôlées par notre enfant. En conséquence, ce transfert sera plus difficile dans les situations où le besoin de contrôle du parent est le plus grand, comme quand je dois quitter la maison à 8 h le matin.

En fait, la meilleure solution pour faciliter nos matinées, c’est de laisser le temps qu’il faut à Leeloo pour s’habiller et mettre ses bottes. Ce n’est pas toujours possible, mais lorsque les conditions sont présentes, j’essaie de laisser son désir d’autonomie se manifester jusqu’au moment où elle demande de balayer elle-même la voiture pour enlever la neige!

Dr Nicolas Chevrier, psychologue
Mes 3 enfants me permettent de peaufiner mes talents de psychologue tous les jours…
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Commentaires (2)

  1. Raphaelle 19 février 2015 à 09 h 18 min
    Et juste après qu'on se soit habitué à ce qu'ils fassent certaines choses à peu près tout seuls, ils décident qu'ils ne veulent plus...
  2. Karine 20 février 2015 à 14 h 46 min
    En effet! Je croyais que la mienne était la seule qui ne voulait plus s'habiller "toute seule"....

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