Ces chers grands-parents

Ces chers grands-parents
6 janvier 2015



On roulait en auto avec les enfants. Ambiance tranquille, version chacun dans sa bulle quand tout à coup ma fille s’est écriée :

« Ça fait longtemps qu’on l’a pas vu l’ARRIÈRE-ARRIÈRE-grand-mère, hein? »

?????

Son père et moi avons souri, surpris mais surtout amusés. Ma fille n’a jamais connu aucune de ses arrière-grands-mères et encore moins ses arrière-arrière-grands-mères. Je ne sais pas ce qui lui a pris de briser le silence avec cette drôle de réflexion, mais l’effet a été saisissant. J’ai aussitôt rembobiné ma mémoire jusqu’à la case mamie. La mienne. La fameuse arrière-grand-mère. Et j’en ai profité pour raconter à mes enfants combien je l’aimais...

Elle m’appelait son rayon de soleil et à la fin de sa vie, son bâton de vieillesse parce qu’elle s’appuyait toujours sur mon bras quand on marchait dans la rue toutes les deux. Je me souviens du paquet de bonbons qui m’attendait à chacune de mes visites chez elle, je revois la couverture du livre qu’elle me lisait encore et encore sans jamais se lasser, j’entends encore le cri qu’elle poussait quand mon vieux papy roulait trop vite : « Charles, la p’tite!!!! » J’étais son excuse pour obliger son mari à rouler moins vite. Je trouvais ça drôle. Elle me gâtait. M’emmenait au parc ou au cinéma. Nous avions plein de rituels que j’adorais et qui me rassuraient. Je me sentais bien avec elle. En sécurité. Aimée.

Grâce à elle, j’ai compris que les grands-parents forment la richesse d’une famille. Sa mémoire. Alors forcément, j’ai mis un point d’honneur à développer la même relation entre mes enfants et leurs grands-parents, même si on habite loin les uns des autres. On ne les voit pas souvent, mais ils font partie de nos vies au téléphone, en photo, sur Skype, parfois à la maison pour quelques jours.

Quand ils savent que leurs grands-parents arrivent, mes enfants comptent les dodos jusqu’à leur arrivée. Pour eux, leur présence rime avec bonheur, cadeaux, histoires, jeux… Ils ont toujours le temps de les écouter, de lire des livres, de leur inventer des histoires ou de regarder un dessin animé avec eux à la télévision. Avec eux, ils mangent des tas de choses qu’ils ne mangent jamais chez nous. Peu importe. Quelles que soient nos différences ou nos divergences, ils offrent à mes enfants une chose précieuse qui me manque parfois : le temps, la patience et surtout l’art de savourer le moment présent.

Vive les grands-parents!

À lire aussi : notre dossier Chers grands-parents.

Catherine Goldschmidt
Je suis une drôle de maman qui adore dénicher ou inventer des jeux simples et peu coûteux pour amuser les enfants.
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Commentaires (2)

  1. Hélène 6 janvier 2015 à 20 h 42 min
    Comme je me retrouve dans votre billet! J'ai eu une grand-maman bonbon qui se faisait maquiller sans gêne en clown au centre d'achat avec mon frère et moi. Mon grand-père se retrouvait avec 3 enfants et il trouvait cela hilarant. Au Jour de l'An chez eux, les parents partaient et tous les cousin restaient dormir là dans nos sacs de couchages dans le salon. On pouvait y rester autant qu'on voulait, ça durait parfois des jours. Durant l'année, on n'avait qu'à passer un coup de téléphone et on était invité à coucher et à y passer la fin de semaine. Mon grand-père nous accueillait en disant : "Ah bien, de la petite visite". C'était génial. Ces souvenirs d'enfance sont gravés en moi. On s'y sentait bien, aimé, choyé.

    Je me suis donc fait un point d'honneur à donner à mes enfants la possibilité de développer une relation privilégiée avec leurs grands-parents. Je veux qu'ils tissent un lien avec eux qui n'inclue pas nécessairement mon mari ou moi. Quelque chose de spécial, rien qu'à eux et à leur grands-parents. Mon fils est très jeune, 3 ans, et ma fille n'a que 10 mois. Ainsi, je prends bien soin de leur laisser cet espace, si spécial et si empreint d'amour inconditionnel. Et juste de voir les yeux de mon garçon quand sa grand-mère vient le chercher en "surprise" et lui dit: "Tu viens avec moi à la maison?" je crois y avoir réussi. Il saute de joie et est tellement content. Ça me fait chaud au coeur.
  2. Catherine Goldschmidt 7 janvier 2015 à 13 h 08 min
    C'est tellement important quand c'est possible. Merci pour ce commentaire touchant.

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