Oui, il m’arrive parfois de CRIER

Oui, il m’arrive parfois de CRIER
23 novembre 2013

Ça m’arrive de crier, ce n’est désormais plus un secret!

Je me suis mis à y réfléchir récemment après avoir lu des articles à ce sujet dans La Presse ( Ne me parle pas sur ce ton / Que faire quand la tension monte ). On y cite une récente étude menée par des chercheurs américains qui en vient à la conclusion que la violence verbale (cris et injures) pourrait faire autant de torts que la violence physique. Effectivement, à l’adolescence, ceux qui auraient subi de la violence verbale de la part de leurs parents auraient des taux de dépression et de problèmes de comportement comparables à ceux des victimes de violence physique.

En êtes-vous surpris? Peut-être pas tellement. Moi non plus. Mais, je n’insulte pas mes enfants, rassurez-vous!

J’ai tout de même accroché sur un passage où on explique que, même dans un environnement familial harmonieux où l’amour est au rendez-vous, la violence verbale a un effet tout aussi dramatique. Je me suis mis à me questionner et à me remettre en question quelque peu.

Ben oui! Ça m’arrive. Je crie. Pas très souvent, mais oui. Comme de nombreux parents imparfaits. Même s’il ne s’agit pas d’une façon de faire que l’on prône dans la maisonnée.

Dans mon cas, je dirais plutôt que « je sors ma grosse voix ». Celle-là même qui vient du troisième sous-sol, sur commande. Oui, cette voix qui n’a absolument rien du bagage génétique de celle qui chante :

« C’est la poulette grise, qui a pondu dans l’église

Elle a pondu un p’tit coco, pour le beau garçon qui va faire dodo  

Dodiche dodo. »

Cette voix ténébreuse, je l’utilise stratégiquement. Parfois parce que je suis exaspéré de répéter une consigne. D’autres fois parce que mon garçon vient de grimper à un endroit interdit où il risque de se blesser. Et, en d’autres occasions, pour une multitude d’excellentes raisons que je ne vous énumérerai pas toutes.

Si c’était là où je fais fausse route? Lorsque je suis persuadé que j’ai les meilleures justifications du monde...

J’ai donc envie de faire un test : la prochaine fois où j’aurai une « bonne » raison de sortir ma grosse voix et de faire sursauter l’un de mes enfants, je prendrai quelques secondes pour me rappeler l’air de « La poulette grise ». Simplement parce que c’est cette voix-là que j’aimerais que mes enfants aient en tête en pensant à moi, lorsqu’ils seront grands. Et je tenterai de trouver une façon de faire tout aussi efficace.

Dodiche dodo.

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Jean-François Quessy
Je suis un père passionné, mais aussi un grand amoureux qui aborde sa vie avec humour.
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Commentaires (15)

  1. Nicole 24 novembre 2013 à 20 h 57 min
    Il nous arrive aussi chez-nous de crier, soit de hausser le ton ou de sortir notre grosse voix, mais jamais de traiter nos enfants de quoique ce soit. Nous ne l'avons jamais fait entre adulte, c'est donc impensable de le faire auprès des enfants.

    Mais la grosse voix parfois me semble essentielle. Les enfants doivent apprendre à craindre certaines choses sérieusement et je doute que de le répète doucement 100 fois ait le même impact que de le dire une bonne grosse fois. Avoir peur par moment ça peut nous sauver la vie. Si la grosse voix à sa raison d'être, je ne crois pas qu'il faille se sentir coupable.

    Si on devait suivre vraiment tous les conseils qu'on trouve dans les bouquins et les études, je crois qu'on pourrait mettre nos enfants dans des flacons de verre question qu'ils soient protégés de toutes les soi-disant mauvaises intentions qu'on attribue aux parents qui ne sont pas forcément malveillants... mais juste simplement des parents!
  2. Kim 24 novembre 2013 à 22 h 20 min
    Il me semble qu'il y a une énorme différence entre "La grosse voix" et crier! Je trouve que c'est typiquement de chez nous de voir du négatif dans certains comportements qui moi je trouve sont sains. Il faut que l'enfant sache reconnaître quand on est fâché et quand on n'est pas d'accord avec un comportement qui met en jeu sa sécurité c'est important. Si le tout est fait dans le respect, sans crier, sans l'insulter et sans le traiter de quoique ce soit je ne vois aucunement le problème. Cessons de faire les autruches!! Un parent ça peut se fâcher à la longue, oui ça peut être plus fatigué, et puis après? Il faut tout simplement faire en sorte que l'enfant sache que Papa peut parfois perdre patience s'il n'écoute pas les consignes...mais que Papa l'aime quand même inconditionnellement...ce n'est pas grave de décevoir quelqu'un, ce n'est pas grave que quelqu'un se fâche après nous, cela ne nous enlève rien en notre qualité en tant que personne et rien aux sentiments que cette personne éprouve pour nous. Moi chez nous quand j'étais petite, je n'avais que le négatif, je savais dont quand je faisais de quoi de pas correcte mais je n'avais pas l'amour inconditionnel...et je crois que c'est là la différence...aujourd'hui je travaille fort à cesser de penser que si je me brouille avec une personne, que je perds ma qualité et que la personne ne "m'aimera plus"...et je veux offrir ça à mes enfants..la capacité de se fâcher de façon saine et constructive, sans manquer de respect mais arriver à faire sa place et à émettre leur opinion.
  3. Jean-François Quessy 25 novembre 2013 à 09 h 50 min
    Il est tout à fait normal pour un parent de se fâcher et je ne prône pas l'abolition de la grosse voix, loin de là. J'aime bien la fin de votre commentaire, lorsque vous écrivez que vous voulez apprendre à votre enfant à se fâcher de façon saine et constructive, sans manquer de respect, tout en faisant sa place et en apprenant à émettre son opinion. C'est tellement important pour moi aussi! Dans le même sens, il est donc important pour moi de « gérer mes colères » et de « gérer ma grosse voix ». Alors, hausse le ton de temps en temps, oui. Mais en être conscient avant de le faire et être en contrôle de la situation, c'est ce qui m'importe et que j'essaie de travailler.
  4. ciara 21 décembre 2013 à 12 h 14 min
    MERCI KIM!A un moment j'avais l'impression d'etre une mauvaise mere,mais vous avez clairement ecrit mes intentions quand a l'education que je voudrais donner a mon fils...merci!
  5. martin aubry 25 novembre 2013 à 13 h 32 min
    Je ne suis pas d'avis que mes enfants doivent, peu importe les circonstances, me craindre ou avoir peur de moi. Il doivent plutôt savoir que je sais être ferme, constant et cohérent lorsque vient le temps.

    Effectivement, il peut s'avérer inutile de répéter calmement 100 fois la même chose.

    Je vous propose donc la technique du "1,2,3". On verbalise calmement (j'y tiens) la consigne... et si rien ne se fait, on prévient qu'au compte de trois, il ira réfléchir sur sa chaise haute, par exemple. Inutile de mentionner qu'il est important d'exécuter la conséquence.
  6. Jimmy 24 novembre 2013 à 21 h 56 min
    J'apprécie votre commentaire Nicole. Moi je tente de sortir ma grosse voix que lorsqu'elle est réfléchis. Lorsqu'elle veut sortir sous l'émotion, je cherche plutôt à la retenir, et trouver une autre "voie"!
  7. Jean-François Quessy 25 novembre 2013 à 09 h 46 min
    J'aime beaucoup votre commentaire Jimmy et c'est exactement ma façon de voir les choses. Abolir la grosse voix? J'espère que non! L'utiliser stratégiquement en étant pleinement conscient de ce que l'on fait, c'est différent.
  8. Benoit Hammarrenger 25 novembre 2013 à 14 h 52 min
    Bonjour Jean-François,

    C'est un sujet intéressant que vous abordez là! Tous les parents vont à un moment ou à un autre perdre patience envers leurs enfants et hausser le ton. Est-ce là une mauvaise chose, ou même le signe d'un parent imparfait, je n'en suis pas certain!

    J'aimerais faire la différence ici entre hausser le ton, ou utiliser une "grosse voix" comme vous le dites, et la violence verbale dont vous faites état dans votre biais et qui peut effectivement être dommageable pour un enfant. Il s'agit de deux choses bien différentes à ne pas confondre, et le fait de bien comprendre cette différence permettra de rassurer bien des parents.

    Tout d'abord, hausser le ton c'est ce que l'on fait pour faire respecter une consigne. Notre voix plus grave et plus forte sert à attirer l'attention de l'enfant et à lui faire comprendre le sérieux de notre demande. Cette voix ferme et autoritaire permet également à l'enfant de comprendre qu'il vient de se buter à une limite que nous imposons en tant que parent bienveillant dans l'éducation de nos enfants, et que cette limite ne sera pas flexible. Le ton plus élevé et ferme peut également servir à mettre un terme à une argumentation qui mène nul part (souvent le cas avec les enfants) et qui ne fait que susciter la colère et la frustration de part et d'autre. Pour moi, hausser la voix et adopter un ton ferme et autoritaire est un outil indispensable à l'autorité parentale. Utilisé avec parcimonie et au bon moment, cet outil permettra même de sécuriser l'enfant qui fonctionnera à l'intérieur de balises et de limites claires.

    La violence verbale par ailleurs représente tout autre chose. Un acte de violence implique une attaque envers quelqu'un. Cette attaque vise (parfois plus ou moins consciemment) à blesser. La violence verbale n'a pas tant à voir avec le ton de la voix qu'avec le contenu du discours. On parle de violence verbale lorsqu'on injurie, lorsqu'on critique méchamment, lorsqu'on insulte ou lorsqu'on humilie quelqu'un. Un parent pourrait donc avoir un ton de voix très calme et posé, ce même ton que celui de la "Poulette Grise", mais user de propos blessants, voire condescendants et humiliants envers l'enfant, et il s'agirait alors de violence verbale. Et là, en effet, ça laisse des marques...

    En tant que parent rappelez-vous ceci : Vous êtes le miroir à travers lequel l'enfant se regarde pour construire son estime de soi. Ce que vous lui reflétez de lui-même construira l'image qu'il se fait de lui-même. Dites-lui qu'il est bon, impressionnant, intelligent et que vous êtes fier de lui, et c'est l'image qu'il aura de lui-même. Dites-lui qu'il ne comprend rien et qu'il faut toujours tout lui répéter dix fois, et c'est aussi l'image que votre enfant se fera de lui-même.

    En terminant, revenons-en au fait de "crier" après son enfant. Si en tant que parent vous avez l'impression de trop crier, c'est que vous perdez le contrôle. Deux choses à retenir: 1) Coupez l'argumentation. C'est ce qui entretient l'opposition de l'enfant, et c'est ce qui finit par nous mettre hors de nous en tant que parent. Pour comprendre l'impact de l'argumentation sur l'opposition d'un enfant, vous pouvez consulter un article que j'ai écris sur le site de l'Association Québécoise de Neuropsychologie (www.aqnp.ca) sous l'onglet "trouble d'opposition / provocation". 2) Imposez une limite à l'enfant AVANT d'avoir atteint votre propre limite. Cela vous permettra de mettre un terme à l'agir de l'enfant à un moment où vous êtes encore en pleine possession de vos moyens.

    Continuez votre bon travail de parent!!

    ____________
    Dr Benoît Hammarrenger,
    neuropsychologue / Directeur CERC
  9. Jean-François Quessy 26 novembre 2013 à 15 h 12 min
    Merci beaucoup M. Hammarrenger!
  10. ciara 21 décembre 2013 à 12 h 18 min
    OUF,un grand merci pour cette intervention!
  11. Soso 25 novembre 2013 à 15 h 46 min
    Avec les enfants, il faut de la patience et répéter bien des fois. Ce n'est pas de moi, mais c'est tellement vrai!

    Sauf que parfois, on a en marre de répéter et d'être patient. Mon conjoint me dit que je suis trop douce avec mon garçon, et moi je trouve qu'il hausse la voix trop fortement. Comment faire lorsqu'un petit garçon de 3 ans et demi refuse d'aller au coin de réflexion après des bêtises??? J'ai tenté en vain de le remettre en réflexion, parfois 10 fois, rien à faire il s'enfuit et hurle. Comment faire pour que notre enfant cesse de lancer des objets pour nous provoquer? Comment faire à souper lorsqu'il ne veut pas aller jouer et vide par terre le contenu du frigo et des armoires?

    Je respire, je me dis que cette foutu phase finira bien par passer et en cas de crise de nerfs imminente de ma part, j'abdique et je sors l'ultime sauveur: le téléviseur.
  12. Soso 25 novembre 2013 à 15 h 50 min
    J'oubliais un truc pour nous faire craquer (dans le bon sens) et nous redonner de l'énergie pour le lendemain:

    aller le voir dans son sommeil, le regarder et l'imaginer grand, peut-être adulte, fier et beau, raisonnable et calme. Ah que ça fait rêver!!!
  13. Soso 25 novembre 2013 à 15 h 50 min
    J'oubliais un truc pour nous faire craquer (dans le bon sens) et nous redonner de l'énergie pour le lendemain:

    aller le voir dans son sommeil, le regarder et l'imaginer grand, peut-être adulte, fier et beau, raisonnable et calme. Ah que ça fait rêver!
  14. Johanne Chartrand 26 novembre 2013 à 14 h 52 min
    Laissez papa aussi faire son travail. L'enfant le sait d'instinct que maman est plus indulgente...et il en profite. Personnellement, j'aime bien voir un papa intervenir, et souvent c'est une intervention très attendue. Si c'est fait dans le respect, je n'y vois aucun problème au contraire.
  15. caroline 27 novembre 2013 à 07 h 59 min
    Inspirant !