Courir pour attendre

Courir pour attendre
18 octobre 2013

Ces temps-ci, j’ai souvent l’impression de passer mon temps à courir... pour ATTENDRE!

Pas vous?

Courir matin et soir, de la chambre au salon en passant par la cuisine et la salle de bain, pour finalement attendre que mes enfants finissent de s’habiller, de manger, de ranger leurs jouets, de s’endormir, de laver leurs dents, leurs cheveux, leurs mains, leurs yeux, leur nez, leurs fesses, alouette.  Courir à l’hôpital pour attendre que le médecin examine les 22 patients avant moi. Courir d’un rendez-vous à l’autre pour attendre que le coiffeur revienne de sa pause, que la réceptionniste prenne mon appel, que l’autre finisse sa phrase, que l’auto devant moi avance, que mon ordinateur arrête de planter! (Ça fait 3 fois que je réécris ce billet!)

Plus j’attends et plus je cours. Voilà un paradoxe joliment étourdissant qui m’essouffle un peu en ce moment.

Je deviens moins patiente avec mes enfants. Je me transforme en mauvaise mère alors qu’au fond, je suis juste une maman fatiguée. J’ai l’impression que je ne suis pas la seule. J’en croise souvent ces temps-ci des mamans comme moi. Comme celle-là, hier, qui criait après sa fille dans le stationnement en la tirant par le bras ou cette autre aux yeux cernés qui essayait de régler une dispute entre ses deux garçons surexcités, au rayon des céréales.

Comment sait-on qu’il est temps de reprendre notre souffle pour ne pas se transformer en mère hystérique ou en vieille loque dépressive? J’attends toujours la limite extrême pour me permettre de le faire. C’est idiot, je sais. Le monde ne va pas s’arrêter de tourner parce que je ronflotte 30 minutes dans mon lit.

Alors dimanche dernier, j’ai respiré un grand coup et j’ai changé mon angle de vue. Au lieu de rester coincée dans tous les petits et grands travers de ma vie quotidienne, j’ai dormi un bon coup et, à mon réveil, j’ai glissé dans ma mémoire des images qui ne me donnaient aucune raison d’être fatiguée, ni énervée. Je n’ai ni couru, ni attendu, je me suis juste arrêtée pour observer quelques clichés, d’abord seule, et puis avec mes enfants. Cela m’a fait du bien.


etc.

Catherine Goldschmidt
Je suis une drôle de maman qui adore dénicher ou inventer des jeux simples et peu coûteux pour amuser les enfants.
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Commentaires (9)

  1. Soso 18 octobre 2013 à 14 h 16 min
    Nous sommes juste la mi-octobre et c'est vrai, déjà plusieurs personnes sont exténuées de leur, de cette vie. Moi j'ai décidé de rester à la maison. Ne pas courir, ne pas stresser, ne pas perdre haleine, et surtout être avec mon enfant et le voir évoluer. C'est dur, tout de même, d'être à mille lieux de la vaste majorité des couples. Des sous-entendus, des «ah tu es ben chanceuse!», des jugements aussi, j'en ai à tous les jours. Mais c'est un choix, pour mon bien-être et celui de ma famille. Je ne suis pas une superwoman; j'aurais bien aimé toutefois avoir une folle énergie...

    Mais même les mamans à la maison courent un peu et sont essoufflées, en fait. Ce n'est pas une partie de plaisir, il faut le préciser. Alors, oui, moi aussi, j'aime bien prendre quelques minutes parfois pour voir et revoir des photos, et me dire que le temps passe «donc ben» vite... :-)
  2. Sentier 18 octobre 2013 à 16 h 17 min
    Je suis bien d'accord avec toi Soso. Ce n'est pas parce qu'on est à la maison qu'on a pas de stress et qu'on ne coure pas. Bien au contraire, on dirait que, parce qu'on est à la maison, on devrait absolument tout assumer. Je suis à la maison avec mes deux enfants (6 mois et 2 ans et demi) et je fais 2 cours à distance à l'université en même temps. Mais si je ne fais pas les courses, le lavage, le ménage, la préparation des repas, l'organisation des activités, le planning des tâches à accomplir (fermeture de piscine, raclage des feuilles, rangements des équipements d'extérieur), ça ne se fait pas. Je cours à être à la maison. Je stress de voir que je ne suis pas une superwomen, mais qu'on s'attend de moi que je le sois. On vit dans une société de performance et on s'oublie que trop souvent à travers tout ça...

    J'ai donc pris la décision que, peu importe le temps qu'il fait, l'état de la maison ou de mon porte-feuille, je me prends une soirée par deux semaines. Je vais me faire masser, je vais voir des amis, je vais prendre un bon bain chaud avec de la mousse, des bougies et de la musique dans mes écouteurs, histoire de ne pas entendre les bruits dans la maison. Je pense à moi. Si moi, je ne pense pas à m'arrêter et à prendre soin de moi, qui le fera à ma place? Et, en bout de ligne, parce que je prends du temps pour me reposer, pour m'arrêter, ça fait juste de moi une meilleure maman, ou du moins, une maman plus patiente et plus prompte à jouer et rigoler avec mes cocos!!! :)
  3. Soso 18 octobre 2013 à 23 h 09 min
    Sentier, c'est exactement cela: on s'attend à ce qu'on fasse tout, puisque de toute façon on est à la maison. Mais moi, je ne suis pas toujours à la maison! Il y a les activités, les sorties au parc, enfin bref tout ce que la garderie fait, on doit le faire soi-même avec notre enfant. Et les tâches domestiques nous incombent un peu plus, car le conjoint aussi dit que nous sommes justement à la maison pour les faire...

    Bref, tout le monde coure, même celles à la maison... Alors moi aussi, je me permets des moments de congé (pas une journée, un petit moment!); quel bonheur alors de m'être ennuyée des petits caprices de Monsieur 3 ans et demi...
  4. Rosette 19 octobre 2013 à 08 h 58 min
    Je pars faire la sieste.
  5. Rosa 19 octobre 2013 à 19 h 07 min
    Moi aussi... par solidarité ;-)
  6. Nancy 19 octobre 2013 à 20 h 22 min
    Mais est-ce vraiment ça la vie? Je vous suis dans ce que vous dites : j'ai recommencé à travailler il y a un mois et je peine à trouver l'équilibre travail-famille dont on fait tant l'éloge... chapeau à toutes les mamans qui y arrivent!
  7. lybedu 22 octobre 2013 à 02 h 07 min
    Et oui, bien d'accord avec tout ça ! Toujours la course, du matin au soir, dès le réveil jusqu'au couché... Le matin c'est la course pour préparer les 2 petits : les réveiller alors qu'ils dorment profondément et grognent de se lever, faire le pipi du matin, le débarbouillage, l'habillage, prendre le petit déjeuner, aller brosser les dents, mettre ses chaussures et son manteau... tout en répétant "allez on se dépêche...." et le comble c'est que quand c'est les vacances ils se lèvent à 7 h 30 en forme en disant "maman je veux prendre mon chocolat !" !!!!! ET MOI JE VEUX DORMIR !!!!!!!!!!!! Bon, je le pense très fort dans ma tête mais je prépare (avec amour) le dit chocolat.... et la journée commence !
  8. Sissi 22 octobre 2013 à 21 h 22 min
    C'est vrai qu'on court même quand est maman à la maison. C'est vrai qu'on se sent tenue de faire tous les repas, tout le ménage, etc., et quand on en a ras le bol et qu'on exige un répit, on se sent un tantinet coupable, pas à la hauteur...
    J'adore être avec mes enfants, mais l'énormité et la platitude des tâches domestiques ont miné mon plaisir. Je suis tombée un jour sur un sondage qui révélait que les mères qui travaillent à temps partiel sont celles qui se considèrent le plus heureuses, et ça m'a trotté dans la tête longtemps, au point où j'ai fini par me trouver un emploi deux jours semaine.
    Ça fait juste deux semaines, et je sens déjà quelques bienfaits. J'apprécie de travailler sans enfants autour de moi et de pouvoir me concentrer et me plonger dans une tâche sans interruption. Ça fait vraiment du bien!
    Même si je suis fatiguée le soir après le travail, j'ai la disponibilité mentale de gérer des comportements difficiles parce que je n'ai pas été mise à l'épreuve toute la journée. On verra si mes bonnes dispositions vont durer, mais c'est encourageant et pour l'instant je suis heureuse de ma décision. D'une certaine façon, je sens que je prends soin de moi parce que ça ajoute de la qualité dans ma vie.
  9. Manon Moreau 22 octobre 2013 à 23 h 01 min
    WOW, quel bien fait cette lecture ce soir, en fait ce moi-ci. MERCI et chapeaux à vous les femmes, les mamans.

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