Est-ce que manger des animaux, ça tracasse vos enfants?

Est-ce que manger des animaux, ça tracasse vos enfants?
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
16 juillet 2013

Cinq rues nous séparent du parc le plus près de chez nous. Sur le trottoir en y allant, on croise de multiples poteaux et poubelles sur lesquels sont collés des autocollants faisant la promotion du végétarisme et la protection des animaux.

« Pourquoi aimer l’un et manger l’autre? », peut-on y lire.

Cette campagne de Mercy for animals Canada et de l’Association végétarienne de Montréal a attiré l’attention de mes enfants. Elle les a interpellés parce que les images montrent des bébés animaux : un chiot ou un chaton à côté d’un poussin, d’un porcelet ou d’un veau.

- Qu’est-ce qui est écrit, maman?

- Pourquoi aimer l’un et manger l’autre?

Silence.

Mes enfants adorent les animaux. Ils aiment jouer avec les animaux domestiques; ils aiment nourrir les animaux de ferme; ils aiment observer les animaux dans la nature et ils aiment regarder des reportages ainsi que des livres sur les animaux. Mais tout ça ne les empêche pas d’aimer certains animaux… dans leur assiette sous forme de viande.

- On ne mange pas le poussin, hein maman?

- Non, on ne mange pas de poussin quand il est petit, mais on le mange quand il est rendu grand, quand il est une poule. Tu sais que le poulet qu’on mange, c’est une poule, n’est-ce pas ?

- Oui, et le bacon c’est du cochon.

- Exactement. La viande qu’on mange vient toujours des animaux.

- On est carnivore, maman?

Mes enfants savent que, dans la nature, certains animaux en mangent d’autres. Ils connaissent la réalité du prédateur et de la proie. On joue au guépard et l’antilope plus souvent qu’à cache-cache.

- Nous sommes omnivores, mes chéris. Ça veut dire qu’on mange de la viande, mais aussi des légumes, des fruits, des céréales, des légumineuses, du tofu, du fromage et tout plein d’autres choses.

- Mais on n’en mange pas souvent, de la viande, hein maman?

- Tu as raison. Si on mange par exemple du tofu, du couscous aux pois chiches, des quesadillas aux haricots noirs ou du pain aux lentilles, on dit qu’on mange végétarien.

-  Alors on mange végétarien ce soir, d’accord?

- Avec plaisir, mon trésor. Est-ce que tu veux encore manger de la viande une autre fois?

- Oui, mais aujourd’hui,  j’aime mieux être herbivore.

Mes enfants acceptent notre alimentation flexitariste ou de végétarisme à temps partiel. Si, en vieillissant, la perspective de manger des animaux ne passe plus, je ne les obligerai pas. Une alimentation végétarienne bien planifiée convient aux enfants comme aux adultes.

Est-ce que vos enfants ont déjà posé des questions sur la provenance de la viande? Je vous invite à regarder cette vidéo d’un petit garçon qui en pose beaucoup

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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Commentaires (9)

  1. Fanny (via Facebook) 16 juillet 2013 à 12 h 02 min
    Mes enfants n'aiment pas la viande déjà en partant, mais ça ne les dérange pas d'en voir dans leur assiette pareil. Jeunes pêcheurs, ils aiment cuisiner le poisson qu'ils pêchent et cette année, nous prévoyons élever un cochon et quelques poulets de chair. Ça semble les enthousiasmer pour le moment, qui sait, peut-être de savoir d'où leur viande vient, ça les incitera peut-être plus à en manger, mais jamais je ne vais les forcer. La viande se remplace très bien dans l'alimentation.
  2. Dina (via Facebook) 16 juillet 2013 à 12 h 04 min
    Ma fille et le garçon de mon chum me demandent souvent pourquoi je ne mange pas de viande mais dès que je commence à leur expliquer que je ne veux pas manger d'animaux, ils me regardent avec des points d'interrogation dans les yeux. Ils ont 4 et 5 ans. Je les expose au tofu et aux légumineuses mais je n'ai pas beaucoup de succès pour le moment.
  3. Soso 19 juillet 2013 à 16 h 23 min
    Intéressant! Depuis la nuit des temps l'homme est carnivore, alors je me dis qu'il ne faut pas se sentir gênés de l'être face à notre enfant. Jamais je n'aurais pensé que j'aurais pu me sentir ainsi, mais bon. Pourtant mon enfant aime la viande, et est plutôt difficile en matière de légumes! Mais notre amour des animaux y est sûrement pour beaucoup. En effet, pourquoi aller admirer et caresser des animaux de la ferme et le soir même, les regarder avec appétit dans notre assiette?!

    J'ai vu une fois l'abattage à l'ancienne d'un agneau et j'en fus dégoûtée. Je sais que l'abattage industriel est différent, mais au fond, l'animal doit bien souffrir une seconde ou deux. Enfin, c'est tout un débat!
  4. Laurène 22 juillet 2013 à 17 h 34 min
    Soso, depuis un certain nombre d'année, l'homme mange de la viande, mais il n'est pas carnivore comme les lions ou les loups :)
    L'homme n'a pas toujours été omnivore non plus. Il n'a commencé à manger de la viande que lorsqu'il n'a pas eu d'autre choix pour sa survie, pendant les périodes de grand froid notamment. La plupart d'entre nous avons gardé ces habitudes alimentaires, mais rien n’empêche de changer à nouveau, surtout avec les études que l'on sait sur la souffrance animale, la sentience des animaux et comme il est dit dans l'article, l'incohérence de nos comportements envers eux selon qu'ils soient chien ou cochon, cheval ou vache, chat ou poule....
  5. Isabelle 1 août 2013 à 09 h 16 min
    Il n’y a pas que la mort de l’animal, il y a tout son élevage qui, lorsqu’il est industriel, est cruel.

    On punit (avec raison) les propriétaires d’usines à chiots, mais on laisse les cochons et les poulets dans des souffrances horribles sur les fermes industrielles. Un cochon a les capacités mentales d’un enfant de trois ans... les oiseaux (dont les poules) ont un niveau d’intelligence beaucoup plus élevé que l’expression «tête de linotte» ne le laisse entendre.

    Et après, la mort. Vous parlez de la cruauté de l’abattage à l’ancienne.
    L‘abattage industriel est loin d’être mieux! Les animaux y sont transportés par camion, franchissant parfois des centaines de kilomètres, entassés les uns sur les autres. Plusieurs meurent en route (l’industrie avoue même un taux de perte de 10 à 15%). Ensuite, ils font la queue pour recevoir un coup sur la tête, qui ne les tue pas, et qui parfois ne les assome même pas. Ils sont accrochés sur une chaine de montage. Plus loin, on leur tranche la gorge. Plus loin, on les ébouillante. Si la majorité meurt avant ce moment, ils ne meurent pas en quelques secondes.

    Après une vie de misère, une mort atroce.

    M’enfin. Je suis crinquée, je sais. Ce n’est pas contre vous, mais contre l’industrie, ceux qui racontent des mensonges sur les animaux, qui font en sorte que ça semble tout beau, tout rose, et qui fait en sorte que la majorité pense que manger des animaux, c’est ben correct.

    Je vous conseille de lire des livres comme "Faut-il manger les animaux?", aller visionner l’animation The Meatrix (c‘est pas dégueu, c’est même drôle, mais l’info est exacte).
  6. Mylène 22 juillet 2013 à 21 h 36 min
    Peut-être devrions-nous réfléchir à la provenance de la viande que l'on consomme? Manger moins, mais mieux...
  7. Laurène 23 juillet 2013 à 04 h 54 min
    La provenance des aliments est importante, tout comme le fait de miser sur la qualité plus que sur la quantité.
    Pour ce qui est de la viande, on peut aussi se questionner justement sur le fait que cela ne soit pas un aliment comme les autres vue qu'il vient d'un animal que la plupart du temps, nous ne pourrions pas tuer nous même....

    Ces questionnements d'ordre éthique et moral seront de plus en plus fréquents dans les années à venir, tant le traitement des animaux dans les élevages sera inéluctablement amené à se détériorer en raison de la demande en viande qui ne fera qu'augmenter. Réduire sa consommation ne suffira pas. Nous servons d'exemple aux pays émergents, et ils nous copierons, à plus grande échelle.
  8. Julie 9 août 2013 à 19 h 20 min
    Utiliser des hectares afin de produire les céréales afin de nourrir le bétails qui servira par la suite à nourrir les hommes. Nous savons tous combien de gens ne peuvent manger tout les jours. Plus les hectares où le bétails résident et qui pollue également. Cela fait beaucoup d'hectares qui pourraient être utiliser à meilleur escient. Pour ma part, je suis végétarienne et ma fille a un régime végétarien. Quand elle sera grande elle pourra faire ses propres choix.
  9. Exagéré 19 août 2013 à 13 h 43 min
    On passe tellement de temps à se questionner sur chaque petit détail et ce qu'on mange. Se nourrir n'est pas une question éthique ou un choix moral. Si vous viviez dans un pays ou la nourriture est moins abondante, peut-être seriez-vous moins sélectif en vous pensant meilleur que les autres. La nature, c'est cruel. Les lions par exemple, ça mange d'autres animaux. Est-ce qu'ils sont méchants? Est-ce qu'on devrait leur faire manger des carottes?

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