Lui et moi

Lui et moi
8 février 2013

Mon amoureux et moi guidons nos enfants depuis qu’ils ont poussé leur premier cri. Vers mon sein pour les nourrir, avec notre main pour guider leurs premiers pas ou essuyer leurs larmes. Au son de notre voix pour les encourager, les féliciter, rire de leurs petites folies, les remettre dans le droit chemin ou... les envoyer dans le jardin, quand nous avons besoin d’air!

De patience en impatience, nous essayons de leur donner envie de plonger dans leur vie avec amour, humour et persévérance. Pas toujours facile, mais on fait de notre mieux. On vieillit au fil de leurs petites et grandes victoires qui les éloignent de nous un peu plus chaque jour, pour mieux les rapprocher de leur propre chemin. Apprendre à marcher, à manger, à s’habiller, à parler, à dormir, à écouter, à partager, à aimer et se laisser aimer. Ils ont tellement de choses à découvrir, de peurs à apprivoiser à grands coups d’échecs et de réussites. Ils s’en sortent très bien pour le moment. À leur mesure.

On est fiers. Tellement fiers d’eux. Vous n’avez pas idée.

Mais voilà, un jour, nous resterons là, tous les deux. Main dans la main. Sans eux. Ce n’est pas demain la veille, certes, mais c’est si facile de perdre de vue son couple quand on se transforme en famille. Alors, on s’invente des petits moments juste à nous. J’y tiens. Il y tient. Nous y tenons. Le temps venu, nous redeviendrons deux et pour que notre histoire de couple ait un sens demain, il faut qu’elle en ait un aujourd’hui.

Alors, on se concentre l’un sur l’autre. Quelques secondes glissées dans notre quotidien suffisent. Une conversation juste à nous pendant que les enfants nous tournent autour, un souper en amoureux, une série télé qui nous fait vibrer, un fou rire dans une cabine d’essayage, un pas de danse pendant la préparation du souper, une parenthèse amoureuse dans la salle de lavage et des projets qui nous tiennent à coeur. Qu’ils soient personnels ou communs. Ces petits moments croqués ici et là, ces rêves qui nous habitent, ces voyages qu’on rêve de faire ensemble, tout cela nous permet de ne pas perdre le fil de notre couple. Du moins, on essaie.

Il y a eu et il y aura certainement encore des orages entre nous, mais une chose est sûre, nous nous aimons et surtout nous acceptons que l’autre ne soit plus exactement ce qu’il était au premier jour. Tant que cet amour et ce respect mutuel existeront, nous continuerons notre route ensemble malgré les obstacles.

Et vous? Que faites-vous pour ne pas être uniquement des parents, mais aussi un couple? Quel est votre secret pour ne pas vous perdre de vue?

Catherine Goldschmidt
Je suis une drôle de maman qui adore dénicher ou inventer des jeux simples et peu coûteux pour amuser les enfants.
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Commentaires (15)

  1. Julie 8 février 2013 à 10 h 59 min
    Wow j'en ai les larmes aux yeux tout simplement parce que vous avez mis en mots ce que l'on vit mon mari et moi!!
  2. Lauryange 8 février 2013 à 12 h 17 min
    C'est en plein ça! Je m'y retrouve comme enfant car c'est exactement ce que j'ai vécu avec mes parents-amoureux. Et je m'y retrouve maintenant comme parent (depuis déjà 7 mois) puisque je veux également être cet exemple pour mes enfants et notre couple.
    Merci pour les mots...
  3. rosette 9 février 2013 à 02 h 13 min
    Tout pareil. Et voilà, tu as encore réussi à me mouiller les yeux...
  4. Catherine Goldschmidt 12 février 2013 à 08 h 57 min
    Désolée ;-)
  5. Soso 9 février 2013 à 15 h 58 min
    Quel beau texte!

    Mon conjoint et moi faisons aussi beaucoup d'efforts pour garder notre couple uni et amoureux. Nous avons l'immense bonheur d'être parents depuis 2 ans, mais nous avons toujours pris du temps pour nous à chaque semaine. Ici, les siestes de l'enfant sont importantes, et pas seulement pour avancer dans les tâches ménagères... Les sorties en amoureux au resto sont aussi essentielles pour nous, de même que des soirées collés devant la télé. Mais surtout, des projets à moyen et long terme. Vital!

    J'ai lu quelque part: un couple heureux, un enfant heureux. Alors les parents, à bas la culpabilité!
  6. Catherine Goldschmidt 12 février 2013 à 08 h 46 min
    ``un couple heureux, un enfant heureux. Alors les parents, à bas la culpabilité!`` J'adore!
  7. Véronique 11 février 2013 à 10 h 58 min
    C'est beaucoup plus difficile de passer du temps de qualité en couple lorsqu'il n'y a pas de famille à proximité pour garder, une fois de temps en temps.

    Nous avons la chance, mon conjoint et moi, d'avoir comme exemple des parents encore unis (les miens et les siens étant toujours en couple). Malheureusement, nous vivons "en exile" loin des nôtre et à part des soirées télé (mais où notre film est toujours interrompu par un enfant qui se réveille, un enfant malade, etc.) il est très difficile d'avoir du temps exclusif pour notre couple. Et cela s'en ressent beaucoup... même les bisous volés pendant la journée ne ravive pas la flamme qui vacille.

    Nous avons donc pris la décision, dès mon retour au travail (j'en suis à mon deuxième congé de maternité en 2 ans et demi!) que nous nous réservons une semaine de vacance juste pour nous. Probablement répartie en 5 vendredis pendant l'année. Les enfants pourront allé à la garderie (bin oui, parents indignes qui envoie les enfants au CPE pendant qu'ils prennent du bon temps) et nous, nous sortirons prendre soin de notre couple...

    C'est la seule solution qui s'offre à nous en ce moment...

    Merci pour le beau billet, ça mène à réflexion.
  8. Catherine Goldschmidt 12 février 2013 à 08 h 57 min
    C'est une super solution! Nous on part parfois une journée faire une activité. Plus les enfants vieillissent et plus c'est facile, parce qu'ils commencent à se faire des amis alors ils se promènent chez les uns et les autres. Moi aussi, je suis loin de ma famille alors c'est un bon compromis de temps en temps.
  9. Hélène 12 février 2013 à 05 h 54 min
    Très beau billet. Emouvant. Ca ressemble au couple idéal et à la famille idéale. Ce n'est pas mon cas. Car pour décider de prendre du temps à deux, de payer pour faire garder des enfants (quand on vit en exil effectivement c'est plus difficile à faire, ce qui est mon cas ...), trouver "le bon moment", la "bonne" heure, pas trop fatigués, pas de rush au boulot, etc, etc., enfin, ça prend deux personnes pour prendre cette décision.

    Cela fait partie de mes valeurs de soigner le couple avant toute chose. Mais cette attention n'est pas toujours aussi importante pour l'autre personne. Ou alors "l'effort" à faire (payer la gardienne, se coucher un peu plus tard malgré les nuits déjà courtes, prendre une pause du boulot) semble insurmontable pour certains. Alors le temps passe. Nous n'avons que les vacances d'été pour remettre les compteurs à zéro et ça fait toujours un grand bien. Mais c'est peu. L'année est longue.

    Alors félicitations à tous ces couples qui sont au diapason et arrivent à se re-choisir au quotidien. Vous avez mon admiration! Vous ne le regretterez jamais!
    Aux autres qui sont comme moi... hé bien, bon courage, je vous comprends :-) !!
  10. Catherine Goldschmidt 12 février 2013 à 08 h 45 min
    C'est vrai Hélène que ce billet sonne un peu famille idéale, mais cela n'a pas toujours été le cas. J'ai souvent été trop fatiguée pour sortir en couple ou faire quoi que ce soit d'autre. Être maman occupait souvent tout mon esprit. J'avais du mal à apprécier mes sorties loin d'eux. De toute façon, étant moi aussi très loin de ma famille, on a pas eu souvent l'occasion de partir seuls avec mon conjoint. Aujourd'hui, mes enfants sont plus grands et donc plus autonomes et moi moins inquiète... et surtout moins fatiguée! Ils savent être heureux sans moi, alors je redécouvre le bonheur d'être heureuse sans eux avec leur papa. Je suis tellement d'accord quand vous dites que ça se fait à deux. Il y a quelques années, j'ai failli faire mes valises parce que je trouvais notre vie trop difficile, mais il a su trouver les mots et poser les gestes pour me convaincre de rester. Nous avons appris à nous parler et surtout à nous écouter et sommes passés par dessus nos orages. 10 ans plus tard, je suis heureuse d'avoir pris sur moi pour rester. Cela m'a permis d'écrire ce joli billet. Je vous souhaite mille fois la même chose Hélène.
  11. Francoise Ruby 17 février 2013 à 20 h 03 min
    C'est vraiment touchant que tu prennes ainsi le temps de répondre aux commentaires des lectrices. Signé : ta groupie :-)
  12. Hélène 13 février 2013 à 06 h 15 min
    Ces nuances me semblent bien importantes! Il est vrai que mes enfants sont actuellement des tout-petits. Notre capacité à prendre le large, notre facilité à prendre certaines libertés par rapport à eux, change au cours de la croissance des enfants. Il me semble vraiment important de relativiser la difficulté des situations vécues en se rappelant que la plupart d'entre elles sont temporaires. Temporaires de quelques années, certes, mais temporaires quand même. J'ai personnellement tendance à l'oublier quand la fatigue prend le dessus.
    Certains couples arrivent néanmoins à se détacher de leurs enfants (sans moins les aimer) même tout-jeunes pour se retrouver à deux. Les grands-parents y aident beaucoup en général, quand ils sont à la portée.
    Pour ma part, je ne peux compter que 4 repas en tête-à-tête depuis 4 ans!!! J'imagine que ça viendra. Mais je trouve que la responsabilité et l'initiative de "maintenir" le couple, de lui donner du temps, de raviver la flamme, reposent encore beaucoup trop sur nous les femmes-mamans-super-débordées.
    Quelle évolution?
  13. Soso 14 février 2013 à 23 h 38 min
    Il est vrai que les situations sont temporaires, et juste d'y penser donne du courage! Quand je repense aux trois premiers mois de la vie de mon enfant, je me dis Wow! comment j'ai pu m'en sortir?! Comment mon couple a-t-il pu tenier le cap? (Maintenant j'en suis déjà nostalgique!) Mais sachant cela, sachant que tout est éphémère, on devient plus fort et on prend conscience de l'importance de profiter de chaque période, même si c'est parfois dur pour le couple.

    4 soupers en 4 ans!!! Mais c'est difficile ça... Le truc qui ne coûte rien: manger après les enfants! Bon c'est pas évident de souper à 20h, mais quelques fois par année ça dépanne. Et si en plus on se donne la peine de mettre une belle table, eh bien on se croirait au resto...

    Aussi, nous aimons bien faire garder notre enfant après l'avoir mis au lit pour la nuit. On part souper, manger une crème glacée (l'été!) ou juste se promener. Il est vrai qu'il faut avoir des gens près de soi, ou encore une gardienne qui ne coûte pas trop cher. Mais quelques heures en couple, et hop! on revient de bonne humeur à la maison. Et notre petit trésor, lui, n'a rien su...
  14. Hugo Dubuc 19 février 2013 à 13 h 30 min
    Super beau texte. J'ai hâte d'arriver à ce stade de ma vie.

    Je profite de votre texte pour vous parler de la campagne "Présents pour les jeunes" de la Banque Nationale.

    Vous pouvez appuyer les jeunes en un seul clic de souris. Au total, 100 000 $ seront remis à 8 organismes. Vous n'avez qu'à choisir le vôtre!

    En participant, la Banque Nationale pourrait donner jusqu'à 4$ à l'organisme de votre choix.

    Comment faire? Rien de plus facile, cliquez ici et c'est parti : http://share.presentspourlesjeunes.ca/.

    En vous souhaitant une bonne journée,

    Hugo
  15. Nuance et apparence | Drôle de famille 20 février 2013 à 14 h 57 min
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