Comment aider votre enfant à gérer son stress

Comment aider votre enfant à gérer son stress

Cette semaine, c’est la fin de la grande récréation d’été! Chez nous, deux changements importants en cette rentrée 2012 : Akira quitte le CPE pour la maternelle et notre petite Leeloo change de garderie. Elle fait son entrée dans le même CPE que ses deux grands frères ont fréquenté. Ce sera un gros changement pour elle. Et qui dit changement, dit période de stress…

La rentrée est toujours une source de stress pour les enfants. D’abord, c’est un changement de rythme de vie en comparaison de l’été. Les activités estivales sont souvent une source de plaisir et de détente; les vacances, les camps de jour, les journées de garderies écourtées par un pique-nique au Parc Jean-Drapeau, les permissions spéciales…etc.

Même si elle n’a que 10 mois, Leeloo peut ressentir le stress. Cette semaine, elle se retrouvera dans un environnement inconnu qui pourra lui faire vivre des émotions fortes : nouvelle garderie, nouveaux éducateurs, nouveaux amis…

La science nous dit que le stress est normal dans ces situations. Qu’il ne faut surtout pas s’inquiéter. La science nous dit également que c’est néfaste pour un enfant d’être trop protégé par ses parents. Mais comme parent, il peut être difficile de faire la différence entre une situation normale et une situation anormale.

D’expérience, je vous dirais qu’il y a 4 principes importants que l’on peut appliquer dans des situations où l’enfant vit des changements importants. Ces principes permettent d’intervenir auprès de nos enfants au quotidien.

1- Préparer votre enfant au changement

La réaction de stress chez l’enfant vient du fait qu’il perçoit l’inconnu comme une menace. C’est d’ailleurs souvent le cas, même chez l’adulte! Une façon d’aider l’enfant à mieux s’adapter au changement, c’est de l’amener à vivre graduellement ces changements. Cela peut se faire de différentes façons. Par exemple, la veille du changement de garderie de Leeloo,  nous avons été faire un pique-nique dans le parc attenant au CPE. Le même parc qui est utilisé par les éducatrices pour permettre aux enfants de se dégourdir les jambes. L’objectif est d’aider l’enfant à se familiariser avec le nouvel environnement dans lequel il va évoluer.

2- Accepter ses réactions au stress et faire preuve de souplesse

L’enfant aura certainement des réactions de stress et c’est normal car il est en période d’adaptation. Il sera peut-être un peu plus difficile, plus irritable, plus agité, plus capricieux et pourrait moins écouter. Le parent peut aider son enfant en intervenant sur les comportements les plus dérangeants, et en laissant passer les moins importants.  Par exemple, assouplir les règles autour des repas si ceux-ci sont plus difficiles, accepter de passer plus de temps avec son enfant avant le coucher, une histoire ou deux chansons de plus, etc. C’est important d’accepter que notre enfant ait besoin de vivre des émotions négatives (crainte, peine, déception, frustration… etc.) afin de l’aider à développer son intelligence émotionnelle.

3- Renforcer ses succès

Lors de la période d’adaptation, je vous encourage à renforcer les efforts de votre enfant. S’il a de la difficulté à se séparer de sa mère mais qu’il fait des efforts pour y parvenir, rien de mieux pour lui que de passer toute la soirée en compagnie de maman. Soyez attentif aux efforts que votre enfant fait et n’hésitez pas à les souligner : « J’ai remarqué que tu parlais à un nouvel ami, c’est super, je suis fier de toi. »; « Une belle journée terminée, parle-moi de tes meilleurs moments de cette journée. »

4- Éviter de le surprotéger

Lors de ces événements, il est très important pour le parent d’adopter un rôle de soutien. L’enfant doit être exposé aux éléments de la vie qui provoquent du stress. Tenter de le protéger en ne l’exposant pas ou en tentant d’atténuer l’impact de ces moments sur lui est très néfaste. N’oubliez jamais que lorsqu’on fait quelque chose à la place de notre enfant, on lui envoie comme message : « Je ne crois pas que tu es capable de faire ça, je vais donc le faire pour toi. ». Lorsqu’on le soutient, on lui envoie plutôt ce message : « Je crois que tu es capable de faire cela, mais si tu as besoin de moi, je serai là. »

Pour en savoir plus sur le stress chez les enfants, je vous invite à lire le dossier du mois de septembre dans le magazine Naître et grandir. On y explique entre autres les situations qui provoquent le stress chez les enfants ainsi que ses causes et ses manifestations.

(Le magazine Naître et grandir est distribué gratuitement dans la très grande majorité des garderies au Québec. Il est aussi distribué dans les bibliothèques publiques, les CLSC, les organismes communautaires à vocation familiale, les hôpitaux et cliniques, etc.)

Dr Nicolas Chevrier, psychologue
Mes 3 enfants me permettent de peaufiner mes talents de psychologue tous les jours…
Tous les billets de l'auteur

Billets sur le même sujet

Commentaires (3)

  1. Véronique 31 août 2012 à 09 h 21 min
    Bonjour,
    je suis la mère d’un garçon de 4 ans, bientôt 5 ans. Pour le faire réfléchir a un mauvais geste ou comportement, j’ai essayé a plusieurs reprises des retraits dans sa chambre. Tous se sont terminés par des coups de pieds et de poings dans la porte en plus des cris. Ensuite tous les objets se retrouvent à voler dans les air. De peur qu’il se blesse a donner des coups dans la porte j’ai commencé des retraits dans un coin d’une pièce. Impossible que mon fils reste tranquille. Je dois absolument lui tenir les pieds et les mains car sinon il ne reste pas en place et je reçois des coups. J’ai eu besoin à quelques reprises de l’immobiliser sur moi en essayant d’éviter qu’il me morde. Ma question est donc quoi faire ? Je lui parle calmement en expliquant pourquoi j’agis de la sorte. Il n’entend rien car il est tellement en colère. Que me suggérez vous de faire ?
  2. jU 3 septembre 2012 à 01 h 38 min
    Bonjour,
    mon fils de 7mois a subi beaucoup de stress au courant du dernier mois: 3semaines de vacances à l'étranger, retour dans sa chambre pour dormir seul et début de la garderie (3h/jour), sans oublier la sortie de 2dents. Il y a 3mois, bébé ne faisait de distinction entre le biberon de préparation lactée et le sein, mais aujourd'hui, rien à faire... il n'a jamais voulu prendre le biberon dans les mains de papa et a pleuré pendant 2h le temps que je revienne à la maison pour lui donner le sein. Dans la soirée j'ai fait le test de mettre mon lait dans le biberon, il a commencé à se débattre jusqu'à ce qu'il prenne le goût et l'a bu au complet. Ma grande crainte est qu'il refuse le biberon à cause de la garderie: l'éducatrice m'a dit qu'il a faim mais qu'il se débat alors elle l'immobilise et tient sa tête pour l'obliger à boire... au début ça n'a pas sonné de "cloche" jusqu'à la grosse crise d'aujourd'hui. Et le pire est qu'il refuse catégoriquement les céréales et purées également. Si j'emmène mon lait maternel à la garderie et qu'il continue à se débattre, je perds tous mes moyens de le sevrer (stress supplémentaire). Je compte dire à l'éducatrice de ne plus le forcer à boire, quitte à le laisser pleurer d'épuisement... J'essaie également de le sevrer en ce moment... Est-ce déconseillé? Est-ce trop de stress en un même moment? Quelle est la meilleure démarche? Je suis un peu découragée!
  3. Tout ce que vous devez savoir sur l'entrée en 24 février 2013 à 15 h 59 min
    [...] Chevrier (psychologue) propose, dans son article sur naître et grandir, 3 autres conseils, qui sont parfaitement dans la lignée de notre philosophie de la parentalité : [...]

Partager