Pas de régime pour les enfants!

Pas de régime pour les enfants!
Par Stéphanie Côté, Nutritionniste
5 septembre 2011
De plus en plus de nutritionnistes évitent de parler de régimes avec leurs patients. Les notions de privation et de changements temporaires ne plaisent pas à plusieurs d’entre nous. Si les régimes amaigrissants pour les adultes sont moins prescrits, les régimes amaigrissants pour les enfants sont carrément proscrits!


Vous devinez donc qu’une histoire dédiée aux enfants racontant le régime d’une jeune fille soulève les passions chez les professionnels de la santé. C’est le cas du tout nouveau livre intitulé Maggie Goes on a Diet.

L’approche de l’auteur Paul Krammer qui souhaite parler des problèmes des jeunes d’aujourd’hui est clairement inappropriée. Selon plusieurs experts, le fait d’associer la perte de poids à l’estime d’elle-même que gagne l’héroïne Maggie donne une très mauvaise perception aux enfants. Quand on sait que les troubles alimentaires et la préoccupation concernant le poids et la taille s’observent chez des fillettes aussi jeunes que 6 ans, c’est même une évidence. Bref, vous comprenez que si je vous parle de ce livre, ce n’est pas pour en faire la promotion, mais plutôt pour vous implorer de ne pas l’acheter.

Imposer un régime à un enfant risque d’amplifier le problème plutôt que le résoudre. Lui dire qu’il est gros et le priver de nourriture peut avoir des conséquences telles que :

  • Engendrer une préoccupation exagérée vis-à-vis des aliments.
  • Nuire à son estime de lui-même et à sa relation avec ses parents.
  • Menacer sa croissance et son développement.


Si vous pensez que votre enfant a un problème de poids, consultez une nutritionniste ou un médecin pour confirmer (ou infirmer) vos doutes. Les rondeurs de plusieurs bébés de moins de 1 an tracassent leurs parents. Pourtant, ils grandissent en reprenant une silhouette plus élancée. Et si, à 3, 4 ou 5 ans, un enfant se situe toujours bien au-delà des courbes de poids, ce sont des modifications mineures qui doivent être apportées aux habitudes de vie. On est très loin d’un régime.

Bien manger et bouger s’apprend dès le plus jeune âge. « Apprendre » est un grand mot. En fait, les enfants acquièrent les habitudes familiales naturellement au fil du temps. Il faut éviter qu’ils apprennent les privations et les frustrations qui les accompagnent. Commencer sa vie au régime, c’est commencer une vie de régimes. Personne ne veut de cela pour son enfant…

Stéphanie Côté, Nutritionniste
Nutritionniste et maman de 2 enfants, j'ai un intérêt particulier pour l'alimentation des petits. Conseils enrichissants et anecdotes savoureuses sont ici au menu chaque mois!
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Commentaires (6)

  1. Dre Taz 5 septembre 2011 à 21 h 10 min
    Au secours!!!
    Laissons nos enfants vivre sans culpabilité!
  2. Marie Charbonniaud 12 septembre 2011 à 13 h 09 min
    Tout à fait d'accord avec toi.
    Cela dit, on ne peut pas s'empêcher de donner de l'information à notre enfant quand il demande du chocolat, des bonbons ou des gâteaux à l'épicerie, ou encore de le modérer quand il demande sa quatrième tartine de beurre.
    Moi, désolée, mais j'informe ma fille et je n'hésite pas à lui dire quels aliments apportent trop de gras au corps ou non
    Alors oui, elle a 6 ans et elle sait reconnaitre les "bons" sucres (fruits) des "moins bons" sucres, sait reconnaitre les choses santé ou non.
    Quand elle me demande pourquoi ses amis ont des jus dans leur boite à lunch et elle de l'eau, je lui répond qu'il n'y a rien de meilleur que de l'eau pour la santé.
    Dois-je m'empêcher de parler de tout cela à ma fille, sous prétexte qu'il y a un risque qu'elle développe trop de préoccupations face à son poids et sa nourriture? Je ne le pense pas, mais je me suis deja posé la question...
    Je pense que l'absence totale d'informations est plus néfaste que pas d'informations du tout...
    Il ne faut pas que le sujet du poids devienne un sujet tabou. On peut et on doit en parler à son enfant, s'il est en surpoids ou en passe de le devenir.
    L'estime de soi, c'est bien, mais trop brosser dans le sens du poil, cela ne rend pas service non plus!
    Donc quand tu dis qu'il ne faut pas "apprendre" les privations et les frustrations, cela me laisse perplexe: doit-on s'empêcher d'interdire une 4ème tartine de beurre, plutôt que de proposer un fruit?
    Marie (ta collègue blogueuse!)
  3. Eve C 15 septembre 2011 à 01 h 16 min
    J'ai exactement le même questionnement que Marie. Où est la limite? Bien sur on donne l'exemple, c'est ce que je fais ici. Ça n'emèche pas ma fille de me demander des smarties vingt fois par jour...
  4. Stephanie Cote 30 septembre 2011 à 00 h 42 min
    Bien sûr, tout est dans l'offre! Comme parent, notre rôle est d'assurer un accès à des aliments nourrissants en priorité et en majorité. Offrir un fruit après un dessert ou un déjeuner sucré si l'enfant a encore faim est la de la responsabilité du parent. L'enfant décide de la quantité, mais pas du menu. Même chose pour les smarties et autres gâteries qui devraient être occasionnelles (ce qu'on peut expliquer à l'enfant). Il n'y a pas de mal à expliquer aux enfants pourquoi un repas est composé de ci et de ça, et pourquoi ça l'aide à grandir en santé. Parler de poids peut passer aussi, d'abord que la façon d'en parler ne témoigne pas d'une préoccupation ou en n'engendre pas une.
  5. Morey 5 novembre 2011 à 04 h 38 min
    Reading this makes my decisions easier than tainkg candy from a baby.
  6. sabaga 4 novembre 2012 à 09 h 35 min
    Bonjour ,

    Juste un petit témoignage qui montre combien j'adhère à votre approche : lorsque j'avais 8/9 ans j'ai été en vacances chez mes grands parents à la campagne pour 1 mois , lorsque je suis revenue j'avais pris beaucoup de poids car ils n'étaient pas regardants sur l'alimentation.
    Ma mère ( qui a connu l'obésité étant ado) était horrifiée : elle m'a mis devant une glace en me disant qu'il me fallait absolument maigrir sinon j'allais être très malade . A commencé un parcours du combattant : médecin , nutritionniste ( chez qui je n'ai jamais plus mis les pieds tellement j'en garde un mauvais souvenir ), et ... régime ! c'était supprimé les sucreries, le beurre , le sucre , le sel ... et à côté mon frère de 7 ans mangeait comme 4 !!!J'ai donc pris l'habitude de manger en cachette n'importe quoi ce qui n'arrangeait évidemment pas les choses et les séances balance toutes les semaines m'angoissaient terriblement!!
    Aujourd'hui j'ai 22 ans et je suis toujours en surpoids , je perds peu à peu car je me suis prise en main , mais je garde une boule au ventre quand je vois ma mère car elle ne peut pas s'empêcher de me faire des remarques ! Cela à beaucoup changé nos rapports !
    Conseils aux parents :Prenez le temps de parler à des spécialistes pour savoir comment interagir avec vos enfants : certaines remarques peuvent paraître annodines mais restent gravées ...

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