La vaisselle attendra…

La vaisselle attendra…
18 mai 2011
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu avoir des enfants. Très tôt, j’ai eu l’image tendre d’une petite main posée dans la mienne. J’avais hâte de serrer mon bébé contre moi, hâte de lui apprendre à marcher, de lui raconter des histoires, de le faire rire, de l’aimer. Tout simplement.

À aucun moment, je n’ai eu l’image d’un litre de bave dans mon décolleté, d’une montagne de chaussettes dépareillées à trier, d’un tsunami de vaisselle à laver, d’une tonne de jouets à ramasser, d’une rivière de vêtements trop petits à laver-changer-ranger-donner ou encore de mille et un repas équilibrés à inventer pour 3 enfants affamés. Bref! Rien de tout cela ne faisait partie de l’image. Maison, métro, boulot, dodo. C’est pourtant là. Ainsi va la vie.

Ah oui, vraiment?

Lorsque cette effervescence matérielle me plonge dans une succession de : « J’ai pas le temps de vous lire une histoire! », « Je suis fatiguée » et autre « On verra ça plus tard... Promis! », rien ne va plus. Mes enfants réagissent au quart de tour. Ma petite s’accroche à mes pantalons en me répétant 10 fois qu’elle m’aime les yeux pleins d’eau. Elle me découvre des bobos par milliers qu’il faut tout de suite soigner, sinon c’est l’hôpital assuré et « ça, c’est affreux maman! Ils ont même pas de lit pour toi tandis que moi, moi, ze peux te prêter le mien si tu veux ». Mon fils, qui d’habitude s’endort comme une souche, se relève toutes les 2 minutes pour me dire que sa gorge est sèche tellement il a soif, qu’il y a une fourmi bionique sur son mur, que sa couverture le gratte et que le bruit de la pluie lui donne tout le temps envie de faire pipi. Mon ado quant à elle, se réfugie dans sa caverne en attendant que l’orage passe.

Et il passe. Je ferme les yeux pour mieux me rappeler les raisons qui m’ont poussée à faire des bébés. Je respire un grand coup et je redescends de mon hystérique cocotier surchargé. Je fais des listes pour me calmer le pompon et je retourne vers mes enfants. Je préfère m’émouvoir sur un de leurs gribouillis plutôt que de m’énerver sur une liste de tâches non complétées. J’aime mieux les entendre me raconter leur journée que d’écouter le discours parfait du présentateur télé ou leur courir après pour les faire rire plutôt que de courir après ma montre. Et quand je suis vraiment trop fatiguée, je me colle contre eux sur le sofa (1 fois sur 3, je m’endors). Ça prend rarement plus de 15 minutes et ça recharge nos batteries pour des heures.

Le reste attendra!

Catherine Goldschmidt
Je suis une drôle de maman qui adore dénicher ou inventer des jeux simples et peu coûteux pour amuser les enfants.
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Commentaires (14)

  1. Chantal 18 mai 2011 à 21 h 40 min
    Vous avez tellement raison!! Et c'est pourquoi d'ailleurs je retourne de ce pas auprès de mes petits et que je ferme l'ordinateur :-) .... Bonne soirée à tous!!
  2. Isabelle 19 mai 2011 à 00 h 05 min
    Moi je viens de coucher les miens et je trouve aussi que vous avez bien raison. J'avoue que quand je suis fatiguée, c'est pas toujours facile. Le papa ne vit plus aevc nous. J'ai pas beaucoup de temps le soir mais je prend mon temps pour les coucher. je leur raconte des histoires. C'est sacré!
  3. julie 19 mai 2011 à 01 h 00 min
    moi aussi je suis monoparentale dont le papa ne fait pas bonne figure auprès de mon fils... wow... vous avez dit tout ce qui devait être dit! Une montagne de choses qui restent en suspens, mais combien de doux moments passés en compagnie de nos enfants! Moi aussi la vaisselle attend... le ménage aussi, mais combien de bricolages et dessins ai-je fait à la place! Mon frigo en est plein et je suis fière de ça et mon fils aussi! Moi aussi, tout comme Isabelle, la routine du dodo et même la routine de la journée c'est sacré! Je prends du temps, je prends LE temps d'être avec lui... je n'ai pas beaucoup de temps pour moi le soir, mais avoir des enfants c'est aussi faire des sacrifices, alors je souris en me disant chaque jour que mon fils c'est le plus beau cadeau que la vie m'a donné.
  4. rosette 19 mai 2011 à 10 h 56 min
    Je crois que je vais imprimer ton texte et le poser sur ma table de chevet. Je suis sûre que le relire de temps en temps me fera le plus grand bien. A moi, à ma poulette et à son papa.
  5. Jennifer 19 mai 2011 à 11 h 02 min
    En effet, en plein coeur du tsunami on en vient parfois à oublier nos petits rescapés. Étant seule avec mon bonhomme une semaine sur deux, j'ai pris l'habitude d'entrer dans la bulle quand je sens qu'il y a encore trop à gravir et trop peu d'énergie pour le faire. Heureusement, mon fils m'interpèle sans arrêt, ne me laisse pas m'échapper et il me rappelle que lui ne me demande pas vraiment un maison nickelée, des repas diversifiées, équilibrées et rigolos tous les soirs, des activités complexes ou coûteuses : il veut simplement passer du temps avec moi, jouer au chevalier ou faire le fier dans la ruelle avec sa maman qui lui lance la balle. Il est parfois difficile de se défaire des attentes qui ne correspondent plus à la réalité (et ce sera un apprentissage qui sera long, sur plusieurs générations), mais il y a une petite victoire à savoir que le bordel attendra la fin de nos jeux...
  6. Véronique F 19 mai 2011 à 14 h 23 min
    Avec 5 enfants de 1 à 13 ans, j'ai moi aussi mes périodes de tsunamis... savoir gérer toute cette marmaille est parfois un immense défi! J'ai appris à lâcher prise sur les choses qui m'apparaissent moins urgentes. Le temps passé à les écouter me raconter leur journée le soir avant de se coucher est le moment le plus doux de ma soirée. Essayez-le! Prendre un petit 5 minutes avec chaque enfant afin de lui laisser la parole... vous serez surpris de tout ce qu'il aura à vous dire! Ça devriendra un instant privilégié qui aidera l'enfant à s'endormir :)
  7. Catherine Goldschmidt 19 mai 2011 à 23 h 23 min
    "je prends du temps, je prends le temps d'être avec lui","il veut simplement passer du temps avec moi", "prendre un petit 5 minutes avec chaque enfant", "je leur raconte des histoires, c'est sacré", "je retourne de ce pas auprès de mes petits" Ce sont ces phrases que tu devrais imprimer @rosette. Elles forment à elles seules, les racines du bonheur de nos enfants et le nôtre. En tout cas, le mien.
  8. Anonymous 20 mai 2011 à 04 h 09 min
    Elle me fait rire votre photo!
  9. fafa 23 mai 2011 à 19 h 03 min
    cest aussi pareil pour moi , et pourtant mieux rester avec son enfant que de faire de corve
  10. Cathy 25 mai 2011 à 01 h 40 min
    Il me reste que 3 mois avant mon retour au travail et mon chum m'a dit :« Profites-en ...ca passe vite et il ne sera pas petit longtemps. Il a déjà l'air indépendant alors colle le tout les jours souvent et aussi longtemps que tu peux». Ca m'a fait beaucoup de peine car je me suis rendu compte que j'ai perdu beaucoup de temps jusqu'à maintenant pour arriver à faire la vaisselle, le souper, le ménage et même à écouter ma maudite tv (car pour moi c'est une échapatoire). Mon fils à manqué de mon attention. J'ai le coeur gros car j'ai peut-être fait de la peine à mon fils durant ce temps. J'ai même pensé que la garderie dans laquelle il ira pourra me donner un répit et je pourrais enfin faire mes choses sans être inquiète de lui pendant ce temps. Je suis une mère indigne qui aime pourtant son fils de tout son coeur et tout son âme et qui doit profiter des 3 mois à venir pour le voir grandir et avoir la chance d'être là pour les prochaines ''premières fois''. Après ce sera la garderie qui aura cette chance. Maman t'aime mon petit ange xoxo
  11. Catherine Goldschmidt 25 mai 2011 à 03 h 16 min
    Je vous comprends tellement Cathy, mais n'ayez pas le coeur gros. Même si le temps passe vite, vous avez des milliers de premières fois qui vous attendent. Les enfants sont de véritables boîtes à surprise. Et puis vous n'êtes pas indigne du tout ou alors nous le sommes toutes. Moi aussi, j'ai fait le légume pendant mon premier congé de maternité. J'en ai profité entre deux séances de câlins pour faire le plein de films et de jeux vidéo pendant que ma fille dormait ou gazouillait à mes côtés. Moi aussi, j'ai eu parfois honte de ses journées inutiles. Ça n'a duré qu'un temps. Aujourd'hui, ma fille aînée est une ado heureuse et épanouie malgré mes erreurs. J'ai toujours réussi à me rattraper et à revenir vers elle quand elle en avait besoin. Je l'aime autant que vous aimez votre petit garçon. N'ayez pas de regrets. Profitez de votre bébé et faites des choses pour vous aussi de temps en temps. Une femme heureuse, c'est une maman heureuse.
  12. caroline 26 mai 2011 à 13 h 35 min
    Vous savez, j'ai dit récemment à une amie qui venait d'accoucher de son deuxième bébé, que le meilleur conseil que je pouvais lui donner,( même si je sais que l'on ne veut souvent pas en avoir...) c'est qu'il fallait choisir nos batailles... Se questionner sur la pertinence de nos choix ! Et voilà pourquoi, en tant que maman de 3 enfants en bas de 4 ans, je revendique le droit d'avoir une tonne de linge à plier, une salle de jeux qui a l'air d'un champ de bataille et d'un évier rempli en attendant que le lave-vaisselle finisse de laver, et j'en passe. Moi ce qui m'importe c'est comme vous... de me souvenir pourquoi j'ai mis ces petits trésors au monde et de faire en sorte que mes actes le prouvent!!! Merci pour ce beau message!!
  13. Catherine Goldschmidt 26 mai 2011 à 16 h 59 min
    @ Caroline...que c'est bien dit.
  14. Parthena 10 juillet 2011 à 01 h 25 min
    Wham bam thank you, ma?am, my qeustinos are answered!

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