Frère et soeur: petits et grands dérapages

Frère et soeur: petits et grands dérapages
23 février 2011
Petite, je restais souvent coincée dans le cerisier de mon jardin. En larmes. À cause de mon frère qui, après m’y avoir fait monter, refusait de m’aider à en descendre. Il restait en bas à me faire des grimaces et disparaissait subitement au son de la voix maternelle. Un vrai débile! C’est sans compter les fois où il m’attachait à mon lit, pendant mon sommeil, avec le cadenas de son vélo ou noyait ma poupée préférée dans l’évier de la cuisine!

Avec le temps, j’ai arrêté de pleurer. J’ai appris à descendre toute seule de l’arbre (après m’être gavée de cerises), à cacher sur moi un double de la clé du cadenas et j’ai compris que ma poupée avait plus besoin de mon imagination pour exister que d’oxygène. Petit à petit, j’ai cessé d’être une victime. Du coup, mon agaçant grand frère adoré a trouvé ça beaucoup moins amusant et a cessé de m’embêter pour se transformer en grand frère adoré tout court. Aujourd’hui, je ris de ces mésaventures dont lui, garde peu de souvenirs. À ses yeux, j’étais et je reste sa petite soeur qu’il aime et qu’il aimera toujours. Pour lui, ce n’était probablement qu’un jeu.

J’ai l’impression que ce sadisme latent fait partie de l’enfance, car malgré tous les sentiments de tendresse, d’écoute et de compassion que j’insuffle à mes enfants et qu’ils ressentent les uns envers les autres, les dérapages sont fréquents! Heureusement, je sais que le temps, l’éducation et surtout l’amour finiront par en avoir raison.

Il y a de cela quelques hivers, pendant que je me promenais dans le bois, j’ai entendu mon petit garçon hurler. En voyant ma fille aînée arriver en rigolant, j’ai senti le mauvais coup et l’ai interrogé sur le champ. Essoufflée, la diablesse m’avait répondu : « On a entendu un bruit près des arbres et là, j’ai crié, Oh secours! Un loup! Et je suis partie en courant. » En me précipitant vers son frère haut comme 3 pommes, je l’ai trouvé coincé dans un banc de neige en train de s’époumoner : « MAMAAAAAAN! Loup manzer moi! loup manzer moi! Oin, oin... » J’eus alors la vision fugace de mon petit bonhomme assis dans un grand bureau vide en train de raconter ses traumatismes d’enfance à un vieux psychologue aux oreilles poilues.

Quelques sermons plus loin, ma grande coquine, oubliant l’incident, récidiva à l’heure du bain...

J’entends encore mon fils lui demander : « Où ton zizi? » et ma fille, de lui répondre d’un air malicieux : « Il est tombé! »

Le pauvre en est resté bouche bée et moi, tout ce que j’ai réussi à penser, c’est : « J’espère que le thérapeute va me faire un prix! »

Catherine Goldschmidt
Je suis une drôle de maman qui adore dénicher ou inventer des jeux simples et peu coûteux pour amuser les enfants.
Tous les billets de l'auteur

Commentaires (4)

  1. Geneviève F. 24 février 2011 à 02 h 08 min
    Très drôle!!! :o) Mon fils de 6 ans a comme passe-temps préféré de faire peur à sa soeur de 3 ans et demi... Et quand il l'a bien fait crier ou pleurer, il rigole avec un air malicieux... J'essaie de respirer un grand coup et de rester calme. Mais j'avoue, parfois je trouve ça difficile. Heureusement, d'un autre côté, il adore ses petites soeurs et il est le premier à accourir lorsqu'il entend l'une d'elles pleurer ou appeler pour de l'aide. Il les adore et il ne se gêne pas pour le leur démontrer. Et quand je vois mes filles regarder leur grand frère avec adoration et le suivre partout, ça me comble de joie et je me dis qu'ils sont, à leur façon, en train de façonner une relation d'amour unique qui les suivra toute leur vie.
  2. Annie 24 février 2011 à 03 h 57 min
    Vous me faites rire et ca me fait du bien. Et il y a tellement de tendresse dans votre photo. Mon troisieme est en route et j'ai bien hate de les voir s'aimer... et se chicaner!
  3. Louis-Simon F. 24 février 2011 à 13 h 54 min
    Ha Ha, Catherine, tu es toujours aussi magique dans ton écriture. Et merci, tu me rassures sur les intentions malicieuses de mon garçon avec sa soeur.
    À bientôt!
  4. Catherine Goldschmidt 25 février 2011 à 22 h 56 min

    @ Geneviève Respirer un grand coup et rester calme...le bout le plus important pour que justement cette relation soit unique. Pas toujours évident, mais ça vaut la peine.


    @ Annie :-)


    @ Louis-Simon merci mille fois de laisser ta petite patte masculine sur mon blogue féminin. Et merci pour le compliment. À bientôt aussi j'espère!