Crise de colère: trop réagir peut nuire à l'enfant

Crise de colère: trop réagir peut nuire à l'enfant

1er mars 2012 - La manière dont les parents traitent leur enfant lorsqu’il fait une crise aurait un impact sur son tempérament et son développement, démontre une récente étude américaine.

Les crises de colère sont tout à fait normales autour de 2 ans : c’est l’âge où les enfants s’affirment et testent les limites de leurs parents. Cette revendication d’indépendance est légitime, mais peut s’avérer difficile à la fois pour les parents et les enfants.

La réponse des parents à ces crises pourrait nourrir la colère de leurs enfants ou, au contraire, l’étouffer. « Crier sur l’enfant jettera de l’huile sur ses crises de colère et ne lui montrera pas comment apprendre à gérer les nouvelles crises », indique Shannon T. Lipscomb, assistante-professeure au département de développement humain et sciences familiales, de l’Université d’État de l’Orégon.

Ces excès de colère perturberaient même le développement des jeunes enfants, car ils n’y apprendraient pas à composer avec leurs émotions négatives. Les enfants de familles où le climat vire facilement à l’orage – où l’on élève la voix et l’on crie fréquemment — s’avèreraient en effet plus colériques et plus tristes. Ils pourraient aussi éprouver plus de problèmes de comportement lorsque vient le temps d’aller à l’école.

Chez la majorité des enfants, le climat familial et le comportement des parents lors de ces épisodes sont les éléments ayant le plus d’impact sur leur développement même si l’environnement familial ne peut pas expliquer toutes leurs réactions.

La chercheuse recommande aux parents de se contrôler tout en restant fermes et confiants. Réagir modérément est la clé pour que les enfants apprennent à modifier leur comportement de manière positive. « Vous devez montrer l’exemple, comme parent, que l’on peut contrôler ses émotions et ses réactions », conclut-elle.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans une récente édition de la revue Development and Psychopathology. Les chercheurs ont examinés le comportement de 361 familles, biologiques et adoptives.

 

Isabelle Burgun – Agence Science-Presse

Crédit photo : Nadezda Postolit / Dreamstime.com

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