Les stades du travail et de l'accouchement

Les stades du travail et de l'accouchement

Description des différents stades du travail afin de vous familiariser avec l’accouchement.

L’accouchement normal se produit au terme de la grossesse, soit entre la 37e et la 42e semaine de grossesse. Vous trouverez ci-dessous la description des différents stades de l’accouchement.

Nous vous invitons aussi à lire notre fiche sur le rôle de la future mère et du futur père au cours du travail et de l’accouchement. Vous y trouverez des conseils qui vous aideront à bien vivre cette expérience.



Stade 1 : Le travail

Le premier stade commence lorsque des contractions régulières se font sentir. Il se termine lorsque le col de l’utérus est complètement ouvert pour permettre au bébé de sortir, c’est-à-dire lorsque l’ouverture atteint 10 cm.

Les différents stades du travail peuvent être vécus différemment par chaque femme. Ces descriptions doivent donc être considérées seulement comme des points de repère.

La durée de ce stade varie selon différents facteurs. Par exemple, au cours d’un premier accouchement, le travail aura tendance à être plus long que pour une deuxième naissance. Par ailleurs, la femme qui marche aura tendance à avoir un stade 1 plus court puisque le mouvement et la position debout favorisent la descente du bébé. De nombreux autres facteurs peuvent raccourcir ou allonger la durée du travail comme le poids du bébé, sa position dans le bassin, la forme du bassin, la qualité des contractions, l’utilisation de certains médicaments, mais aussi l’état psychologique de la mère ou la préparation à la naissance.

La durée moyenne du premier stade pour un premier accouchement est de 12,5 heures, mais peut varier de 7 à 16 heures. Pour une femme qui a déjà accouché, la durée sera généralement plus courte. Toutefois, puisque l’expérience de l’accouchement est unique pour chaque femme, il est difficile de déterminer d’avance la durée du travail.

Le stade 1 comporte 3 phases : la phase de latence, la phase active et la phase de transition.

  • La phase de latence
    Pendant la phase de latence, les contractions peuvent être de faible intensité. Elles ressemblent parfois à des crampes menstruelles et peuvent se manifester dans le bas du dos ou du ventre. Les contractions se font sentir toutes les 5 à 30 minutes et durent de 30 à 45 secondes. Durant cette phase, le col s’ouvrira jusqu’à 3 cm. Ce n’est toutefois pas encore le temps de partir pour le lieu de naissance, sauf si vous avez perdu du liquide amniotique. En cas de doute, appelez votre centre hospitalier ou votre sage-femme. Ils pourront vous guider sur le bon moment pour vous présenter au lieu de naissance.
    Pendant cette phase du travail, les femmes ressentent différentes émotions comme une certaine excitation ou de la nervosité à la pensée que le bébé arrivera bientôt. Certaines mères sont silencieuses, tandis que d’autres sont enjouées et parlent davantage. Vous pourrez, la plupart du temps, parler ou marcher pendant vos contractions.
     
  • La phase active
    La phase active dure en général de 3 à 6 heures. Les contractions deviennent maintenant plus longues, plus rapprochées et plus douloureuses. Elles se font sentir toutes les 2 à 5 minutes et durent de 40 à 70 secondes, ce qui permet au col d’atteindre une ouverture de 7 cm. Vous aurez peut-être plus de difficultés à gérer la douleur et vous pourriez avoir besoin d’être guidée pour garder le contrôle pendant les contractions. Il vous sera aussi plus difficile de continuer de marcher ou de parler durant les contractions. Rappelez-vous toutefois que le mouvement est encore important pour faciliter la descente du bébé dans le bassin. C’est pendant cette phase que plusieurs femmes perdent les eaux.

    C’est souvent pendant cette phase que vous vous rendrez à l’hôpital ou à la maison de naissance. Différentes méthodes non pharmacologiques de soulagement de la douleur vous seront alors proposées par l’équipe soignante (marche, massage avec points de pression, positions variées, ballon de naissance, bain thérapeutique…). Profitez-en pour dire aux personnes qui vous entourent ce qui vous fait du bien durant cette période de contractions douloureuses. Certaines femmes ressentent le besoin de se retirer dans leur bulle, tandis que d’autres désirent un contact visuel ou physique (massage, main dans la main, soutien au moment des changements de position) durant les contractions. Tous ces comportements sont normaux. Enfin, votre médecin pourrait aussi vous proposer des méthodes pharmacologiques pour soulager la douleur si vous en avez besoin.
  • La phase de transition
    Durant cette dernière étape de dilatation, l’ouverture du col atteint son maximum, soit jusqu’à 10 cm. Il s’agit de la phase la plus courte, mais la plus difficile. Elle dure en moyenne un peu plus de 3 heures pour celles qui accouchent pour la première fois et est très variable chez les femmes qui ont déjà accouché. Les contractions se font sentir toutes les 2 à 3 minutes et durent de 60 à 90 secondes. Il est alors possible que vous ayez l’impression qu’il n’y a aucune interruption entre les contractions.

    Certaines femmes ressentent alors des bouffées de chaleur tout en ayant froid aux mains et aux pieds. D’autres ont des nausées et des vomissements. Vous pouvez avoir l’impression de perdre le contrôle, de vous sentir agitée ou irritable. Il peut aussi être plus difficile de vous concentrer. Tout cela est normal. Votre conjoint, les gens qui vous accompagnent et le personnel qui vous entoure vous seront d’une grande aide pour atténuer vos doutes sur vos capacités et vous aider à surmonter la douleur. Si vous avez choisi d’être soulagée par une anesthésie péridurale, vous aurez encore besoin du personnel pour bouger et vous préparer à l’accouchement.

    Essayez de vous encourager en vous félicitant de braver une contraction à la fois. Rappelez-vous qu’à chaque contraction, votre bébé se rapproche de vous. Concentrez-vous sur vos respirations et prenez un rythme de respiration qui vous convient, qui vous fait du bien.

    Pendant cette phase du travail, vous pourriez sentir une pression au rectum et une augmentation des sécrétions vaginales. Vous ne devez toutefois pas pousser avant d’être entièrement dilatée, car cela pourrait faire enfler le col de l’utérus et ralentir le travail. Si l’envie de pousser surgit avant la fin de la dilatation, vous pouvez haleter (faire « hi-hi-hi-hou »). Ce type de respiration permet d’atténuer la pression et de retenir l’envie de pousser. Toutefois, cela peut aussi parfois causer des étourdissements et des engourdissements des mains. Ces sensations s’atténueront avec une respiration plus lente et régulière.

Stade 2 : La descente et la naissance du bébé

Le stade 2 commence au moment de l’ouverture complète du col de l’utérus et se termine à la naissance du bébé. Les contractions se font alors sentir toutes les 2 à 3 minutes et elles durent environ 60 secondes. Ce stade est plus long pour les femmes qui accouchent pour une première fois et peut prendre jusqu’à 3 heures. Pour les mères qui ont déjà accouché, ce stade dure de 0 à 30 minutes.

Pendant cette phase, vous ressentirez une envie pressante de pousser. Il existe 2 écoles de pensée concernant le moment de pousser.

Selon la première, vous devez écouter votre corps et commencer à pousser seulement lorsque l’envie s’en fait sentir, en suivant les indications du médecin, de l’infirmière ou de la sage-femme. Si vous avez reçu une anesthésie péridurale, il se peut alors que la poussée soit retardée. Il s’agit du délai de poussée qui est d’au moins une heure en moyenne. Lorsque la mère attend de bien ressentir le besoin de pousser, il a été établi que :

  • la poussée est plus efficace et que la mère se fatigue moins;
  • il y a moins de naissances assistées avec des forceps ou une ventouse;
  • le risque de déchirures du périnée est moins élevé;
  • le bébé subit moins de stress et se fatigue moins parce qu’il reçoit plus d’oxygène.

La deuxième approche consiste à pousser dès que la dilatation complète est confirmée. Cela est plus fréquent chez les patientes n’ayant pas d’anesthésie à ce stade du travail.

Respirer pendant la poussée
Deux techniques de respiration sont plus couramment utilisées.
  • La poussée expirée. Il s’agit de pousser en laissant passer un filet d’air entre les lèvres pincées, comme pour gonfler un ballon. L’air doit sortir difficilement et les poumons ne se vident donc pas complètement. Cette technique assurerait une moins grande accumulation de CO2 dans le sang de la mère et du bébé. Par contre, elle doit être bien comprise et exercée avant le jour de l’accouchement pour être bien réalisée.
  • La poussée avec air retenu. Il s’agit de pousser en retenant son souffle, tout en dirigeant l’effort vers le bas du corps, c’est-à-dire vers le rectum et le périnée. Cette technique offre plus de puissance et peut être nécessaire lorsque le bébé doit sortir plus rapidement.
Dans les deux cas, il faut d’abord inspirer, pousser pendant une dizaine de secondes puis relâcher et vider complètement les poumons. Cet exercice peut être fait 2 à 3 fois par contraction. Entre les contractions, la respiration peut se faire de façon normale et détendue.

Une poussée efficace assure que la mère et le bébé reçoivent assez d’oxygène et permet au périnée de s’étirer graduellement. Voici quelques conseils pour pousser efficacement :

  • Changez de positions régulièrement, c’est-à-dire environ toutes les 3 ou 4 poussées ou aux 15 minutes. Vous pouvez pousser couchée sur le côté, accroupie, en position semi-assise ou à quatre pattes. Les intervenants pourront vous guider au moment des changements de position.
  • Pliez les coudes, agrippez vos jambes ou la barre de soutien avec vos mains et gardez vos genoux bien alignés avec les épaules.
  • Baissez votre menton en direction de votre poitrine et ouvrez légèrement la bouche.
  • Relâchez les muscles du plancher pelvien (périnée).
  • Veillez à demeurer concentrée en mettant tous les efforts pour faire descendre votre bébé.
  • Imaginez-vous que vous voulez donner à votre bébé le plus d’espace possible. Cette visualisation favorisera la descente du bébé.
  • Certaines femmes sentent le besoin de grogner pendant la poussée. Le grognement est une méthode efficace, car il fait descendre le diaphragme. Cela permet d’augmenter la force d’expulsion dirigée vers le périnée.
  • L’intervenante qui vous accompagnera sera en mesure de vous informer des effets de votre poussée sur la descente du bébé. Exprimez donc ce que vous ressentez entre les contractions. Les intervenants verront à vous informer ou à ajuster leurs interventions en fonction de vos besoins et de ceux du bébé.
  • Poussez activement en même temps que les contractions, en 2 ou 3 efforts soutenus d’une dizaine de secondes chacun. N’oubliez pas de bien respirer entre les poussées actives. Reposez-vous et détendez-vous entre les contractions.
  • Si vous avez eu une épidurale, il se peut que vous ne ressentiez pas le besoin de pousser. Dans ce cas, les intervenants vous indiqueront à quel moment le faire.

Enfin, lorsque la tête du bébé commence à sortir, le périnée se gonfle et la peau s’étire au moment de la poussée. Cela cause une sensation de brûlure, souvent appelée « anneau de feu ».

Le contact peau à peau
À la naissance, il vous sera offert de déposer le bébé sur votre ventre. Ce contact peau à peau avec votre bébé à la naissance et dans les heures qui suivent favorise la découverte de votre bébé et le sécurise. Le contact peau à peau aide aussi votre corps à libérer l’ocytocine (une hormone naturelle). Cette hormone permet à votre utérus de se contracter, ce qui diminue les risques de saignements excessifs. Ce contact est aussi bénéfique pour le bébé, car il aide à stabiliser sa respiration et sa fréquence cardiaque après l’accouchement, tout en le gardant au chaud.

Stade 3 : L’expulsion du placenta

Après la naissance du bébé, l’utérus se contracte et le placenta commence à se décoller. Il est possible qu’on vous demande de pousser quelques fois pour faciliter l’expulsion du placenta. Ce stade devrait être complété dans les 30 minutes suivant la naissance du bébé.

Généralement, le placenta est expulsé spontanément entre 5 et 30 minutes après l’accouchement. Une hormone, l’ocytocine, est souvent administrée pour aider l’expulsion spontanée du placenta et diminuer les risques d’hémorragie. Si un certain délai est dépassé ou si un saignement trop important met la mère en danger, une intervention du médecin pourrait être nécessaire. Il retirera alors le placenta manuellement ou chirurgicalement.

Stade 4 : La période de rétablissement

La période de rétablissement est axée sur votre confort et sur la surveillance de votre état général. C’est un moment spécial pour vous et votre bébé, puisque vous êtes réunis en tant que famille pour la première fois. C’est une période où chacun découvre l’autre.

En cas de déchirure ou d’épisiotomie, votre médecin pourra recoudre la plaie après la délivrance du placenta. Si cela est nécessaire, un médicament pourrait aussi vous être injecté pour aider votre utérus à se contracter et prévenir les saignements après l’accouchement.

L’infirmière ou la sage-femme peut aussi masser votre utérus pour le garder ferme et contracté. Il est possible que durant cette manœuvre vous ressentiez un certain inconfort. Au besoin, vous pouvez respirer comme vous le faisiez durant le travail.

Tout en veillant à respecter votre intimité de famille, les professionnels s’assurent que tout se déroule normalement.

  • L’infirmière vérifiera de temps à autre votre respiration, votre fréquence cardiaque, votre pression artérielle, votre température, l’état de votre utérus et vos saignements.
  • Elle nettoiera votre périnée, placera une serviette hygiénique et appliquera de la glace pour réduire l’enflure.
  • On vous offrira une chemise d’hôpital propre et une couverture chaude. Vous l’apprécierez grandement, car vous pouvez vous sentir frileuse après la naissance. Ce qui est tout à fait normal. C’est comme après un exercice intense.
  • Il est également possible que vous vouliez manger ou boire. Vous venez de fournir un effort physique considérable. Mangez selon votre capacité, de petites gorgées ou bouchées à la fois.
  • On vous laissera du temps pour vous détendre et établir un lien avec votre bébé.

C’est aussi un bon moment pour poursuivre le contact peau à peau avec votre bébé, ce qui favorisera l’allaitement. En effet, le contact peau à peau peut inciter le bébé à prendre le sein dans la première heure suivant la naissance. Durant cette période, le bébé est alerte et des stimuli comme la vue et le toucher du mamelon ou l’odeur et le goût du colostrum peuvent l’inciter à prendre le sein. Si votre état ne permet pas le contact peau à peau, il est possible qu’il soit fait par le père ou un autre être cher. Vous pourrez prendre votre bébé en peau à peau plus tard lorsque vous serez en mesure de le faire.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Isabelle Arcand, infirmière, B. Sc., CHU Sainte-Justine
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Novembre 2015

 

Références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • BRACATO, R. et coll. « A meta-analysis of passive versus immediate pushing in nulliparous women with epidural analgesia in the second stage of labor », Journal of Obstetric, Gynecologic & Neonatal Nursing, vol. 37, no 1, 2008, p. 4-12.
  • LADEWIG, Patricia et coll. Materneal-Newborn Nursing Care. Upper Saddle River, Prentice Hall, 2010.
  • LOWDERMILK, Perry et coll. Maternity & Women’s Health Care. Mosby, St. Louis, 2012.
  • SIMPSON, Kathleen Rice et Patricia A. CREEHAN. Perinatal Nursing, AWHONN. 3e éd., Library of Congress Cataloging-in-Publication Data, Wolters Kluwer, Lippincott, Williams & Wilkins, 2008, 709 p.
  • KENNEDY, Betsy B., Donna Jean RUTH et E. Jean MARTIN. Intrapartum Management Modules. A Perinatal Education Program. 4e éd., The Point, Library of Congress Cataloging-in-Publication Data, Wolters Kluwer, Lippincott, Williams & Wilkins, 2009, 674 p.

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