Accouchement: des positions qui soulagent

Accouchement: des positions qui soulagent

Pendant l’accouchement, les positions en étirement sont importantes pour libérer le dos et la respiration. Il est suggéré de varier les postures tout au long de l’accouchement en restant mobile afin de soulager la douleur et de faciliter la progression du bébé.


Début des contractions Contractions intenses La pousée
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Le début de l’accouchement s’amorce par une phase dite de latence qui peut s’échelonner sur plusieurs jours. Les contractions irrégulières et en général peu douloureuses s’installent alors progressivement. Petit à petit, la mère va avoir besoin de se détendre pendant les contractions : elle va expirer profondément, bouger son bassin debout ou sur le ballon et, en général, elle va préférer être debout qu’en position assise. Les positions proposées permettent au partenaire de participer activement tout au long de l’accouchement en offrant son soutien physique.

Lorsque les contractions sont plus régulières, environ aux 5 minutes, cette position de la mère, assise sur le ballon et soutenue par son partenaire, lui apporte de la sécurité, nécessaire au bon déroulement de l’accouchement.

Lorsqu’une contraction plus forte survient, le partenaire peut étirer le dos de la mère pendant la contraction en s’installant derrière elle. Lorsque le dos est en suspension, les tensions musculaires disparaissent, le bassin est relâché et la douleur due à une mauvaise posture diminue. Lorsque la contraction est terminée, le partenaire peut s’asseoir et offrir à la mère de se reposer tout contre lui.

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Lorsque les contractions se régularisent, des hormones sont libérées dans le cerveau de la femme en travail. L’ocytocine induit les contractions et les endorphines sont sécrétées en réponse à la douleur. Ces deux hormones permettent à la femme de se laisser guider instinctivement par ses sensations et aussi de se reposer entre les contractions. Il est donc important de ne jamais la laisser seule et de garder une ambiance calme dans la chambre, avec une faible lumière et peu de dérangements afin de ne pas interférer avec ces processus. Le besoin d’étirement sera presque toujours présent à ce stade-ci.

Le lit peut être utilisé comme support si la femme est plus à l’aise ainsi. Son dos sera étiré dans cette position vers l’avant.

Cette position est toujours efficace lorsque la femme est submergée. Le partenaire la prend dans ses bras et lui permet de se laisser aller. Elle se sentira bien soulagée ainsi puisque son dos et son bassin sont relâchés.

Voici une autre façon d’étirer le dos en s’appuyant sur une table ou une rampe lors des contractions.

Ici, le partenaire peut utiliser le bouton permettant de lever le lit au début de la contraction. Ainsi, la femme accrochée à la barre sera en suspension et le bassin, légèrement décollé du ballon au pic de la contraction. C’est une position très efficace lorsque les contractions sont intenses, notamment lors de la phase de transition qui précède la dilatation complète.

Les lits des salles d’accouchement peuvent être munis de barres de suspension, que les infirmières savent installer. Avec un drap ou une écharpe, vous pouvez fabriquer un hamac pour que la mère soit confortable et que son dos puisse être étiré.

Certaines femmes aiment beaucoup la position accroupie, qui aide la descente finale du bébé souvent ressentie plus fortement dans le bas du dos. L’écharpe installée sur les épaules du porteur permet à la mère de s’accrocher facilement.

Si la femme est couchée sur le dos, elle peut utiliser un ballon plat, disponible dans certains hôpitaux, afin de garder la mobilité de son bassin. Cette position est intéressante en cas de péridurale. Sur la photo, les bras sont étirés vers l’arrière, ce qui dégage le diaphragme et permet la suspension pendant la contraction.

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Idéalement, chaque femme doit choisir la position dans laquelle elle se sent le plus confortable pendant les poussées afin de faciliter le passage du bébé et de protéger son périnée. Elle peut changer de position au cours des poussées. Les positions sont variables : à 4 pattes, accroupie, debout ou sur le côté. La position sur le dos peut être modifiée afin de diminuer la douleur. La respiration doit rester libre : l’enroulement vers l’avant est à éviter, car il bloque la respiration.

La tête du lit redressée permet l’installation de la position à 4 pattes, qui facilite l’étirement du dos pendant les contractions et les poussées. Les massages légers du dos sont toujours bienvenus, car ils soulagent la tension dans cette région très sollicitée.

Si la mère doit rester en décubitus dorsal (sur le dos), le partenaire peut lui offrir de se suspendre à ses bras lorsqu’il s’installe en arrière du lit. Les genoux de la mère sont plutôt orientés vers l’intérieur afin d’ouvrir les os du bassin. La suspension que permet cette position est très appréciée des femmes pendant les poussées : la respiration est libre (meilleure oxygénation de la mère et du bébé), le dos est soulagé et il y a moins de pression sur le périnée (moins de risque de déchirure).

Poussées en position latérale. Il faut toujours penser à offrir un support où la femme puisse s’accrocher pendant les poussées (ridelle du lit, écharpe ou accompagnant). Une autre personne (ou un étrier) soutient solidement la jambe supérieure et permet à la mère de s’appuyer. La position sur le côté protège bien le périnée et la mobilité du bassin.

Ces photos ont été prises en milieu hospitalier. Plusieurs positions ci-dessus peuvent toutefois être adaptées et pratiquées en maison de naissance selon l'équipement disponible.


Recherche, rédaction et photos : Isabelle Challut, infirmière et accompagnante à la naissance
Juin 2016

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