La doudou

La doudou

Pour certains enfants, la doudou est un objet fétiche qu’ils trimballent partout avec eux. Il peut s’agir d’une couverture de bébé, d’une peluche, d’un bout de tissu... Le tout-petit aime la serrer contre lui, la suçoter ou la dorloter.



Ce que représente la doudou pour un enfant

L’attachement à une doudou apparaît souvent à une période bien précise, c’est-à-dire autour de 8 mois, car c’est à ce moment que le bébé vit les premières difficultés de séparation. À cet âge, l’enfant commence à réaliser qu’il est une personne distincte de vous, et la doudou peut l’aider à mieux vivre cette transition.

  • La doudou lui permet de penser à vous en attendant votre retour et de supporter sa solitude.
  • Grâce à elle, il acquiert plus d’autonomie et un plus grand sentiment de sécurité devant les situations nouvelles (garderie, parc, docteur, etc.).

La doudou peut donc être une sorte de « pont » entre le connu (les parents, la maison) et l’inconnu. En la serrant contre lui, l’enfant ressent ceci : « Je ne connais pas cet endroit, je ne connais pas ces gens, mais une partie de mes parents est avec moi, tout contre moi ».

Voilà pourquoi les psychologues appellent la doudou, un « objet transitionnel ». Elle serait en fait la première possession de l’enfant qui n’appartient pas à son propre corps (le sein est un élément que le nourrisson ne dissocie pas de lui). En reconnaissant le poids qu’elle a pour leur bébé, les parents permettent à celui-ci de gérer la première chose importante de sa vie qui ne fait pas partie de lui-même.

Cela dit, tous les enfants n’ont pas de doudou. Cela dépend des petits, mais aussi des pays. En effet, le phénomène serait surtout occidental; et, même dans les pays occidentaux, on estime que 1 enfant sur 2 seulement s’approprie vraiment une doudou.

La doudou à la garderie
L’objet transitionnel fait partie du quotidien des garderies. Le programme éducatif des services de garde du Québec reconnaît d’ailleurs que chaque enfant est unique et que le besoin de réconfort diffère beaucoup d’un enfant à l’autre. Le programme éducatif encourage alors les parents et les éducatrices à mettre en place des rituels personnalisés : « […] regards, gestes, paroles, remise d’un objet appartenant à l’enfant […] », afin d’aider le tout-petit, mais aussi le parent, à se sentir plus en confiance au moment de la séparation, le matin.

À chaque enfant sa doudou

Comment la doudou peut-elle devenir unique pour un enfant? Simplement parce que son odeur et sa texture singulières, acquises au fil des jours, sécurisent l’enfant. Le tout-petit est très sensible aux odeurs, et celles du lait maternel, du savon, de la peau de ses parents suffisent à l’apaiser.

Ainsi, même si une peluche difforme vous paraît identique à une autre (achetée, par exemple, au même endroit), elle ne l’est pas : son odeur et son usure lui donnent un caractère unique. Et gare à celui qui la perdra : une doudou perdue, c’est parfois le drame absolu! Surtout si cela arrive vers 2 ans, l’âge des colères et de l’autonomie.

La relation avec la doudou varie d’un enfant à l’autre. Certains la traînent toute la journée, d’autres la réclament surtout au moment du dodo, quand ils ont du chagrin ou quand ils se retrouvent dans un nouvel environnement.

Quelques trucs anti-perte de doudou
  • Prenez l’habitude de laver régulièrement sa doudou : il s’y accommodera, et vous pourrez la remplacer plus facilement.
  • Prévoyez 2 ou 3 doudous identiques que vous alternerez.
  • Inscrivez dessus votre numéro de téléphone : ce sera utile en cas de perte.
  • Au cours de sorties, attachez-la à votre poussette à l’aide d’une pince.

Finie la doudou!

C’est votre enfant qui décidera de lui-même de se passer de sa doudou. Un jour, il ne ressentira tout simplement plus le besoin d’en avoir une pour un ensemble de raisons :

  • Le langage lui donne de nouveaux moyens d’exprimer sa peine ou son ennui.
  • Il se sent plus sûr de lui.
  • Il se fait des amis, et les activités extérieures sont maintenant suffisamment riches pour satisfaire son corps et son esprit.

Généralement, cette séparation se fait naturellement entre 3 ans et 5 ans. Certains enfants âgés de 4 ans ou 5 ans peuvent y avoir recours pour se sécuriser lors de périodes d’adaptation ou de situations stressantes : visite chez le médecin, changement de groupe ou d’éducatrice, voyage des parents, ou encore lors de maladies. Vers 6 ans, l’enfant n’a plus besoin d’une doudou.

Il faut cependant noter que certains enfants, très sensibles aux changements ou aux ruptures, vivent la séparation avec la doudou comme un véritable sevrage (même chose avec la suce). Il ne s’agit pas d’un problème en soi; il faut simplement en tenir compte. Voici quelques conseils :

  • Évitez de lui enlever purement et simplement sa doudou en pensant qu’il en fera plus vite son deuil. Au contraire, il s’agit de le rassurer et de le responsabiliser en le séparant de sa doudou par étapes. Plus il se sentira compris et rassuré, plus vite il abandonnera de lui-même cette habitude.
  • Permettez-lui d’avoir sa doudou au moment des périodes transitoires importantes, comme son entrée à la garderie ou son passage d’un groupe d’enfants à un autre. Vous pouvez aussi demander à son éducatrice d’observer à quels moments il réclame sa doudou pour mieux cibler ce qui l’inquiète.
  • À la maison, aménagez un rangement spécial pour sa doudou, où il la laissera pendant qu’il mange ou pendant qu’il joue. Il pourra venir la voir quand il le voudra et, peu à peu, il l’y laissera de plus en plus.
  • Proposez-lui de déposer « nounours » sur l’armoire durant le dîner : nounours mangera sa nourriture de nounours et regardera manger votre enfant. Vous pouvez lui suggérer la même stratégie lorsqu’il fait des activités salissantes.
  • Prévoyez un coin où votre enfant pourra, à tout moment, bercer son nounours ou s’envelopper de sa couverture. Peu à peu, il visitera cette oasis pour se ressourcer, sans avoir recours à sa doudou.
  • Lors d’une sortie, votre enfant se rend compte qu’il a oublié sa doudou et il hésite à en faire un drame? Faites-lui remarquer que c’est sans doute parce qu’il a moins besoin d’elle. Ne faites pas demi-tour : dites-lui qu’il la retrouvera le soir en rentrant à la maison.
Ces expériences de séparation faites en douceur, au rythme de votre enfant, lui permettront de développer des stratégies d’adaptation qui lui serviront toute sa vie.

 

Naitre et grandir.com

      Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
      Révision scientifique : Germain Duclos, psychoéducateur, orthopédagogue et auteur, et
      Sylvie Bourcier, intervenante en petite enfance
      Mise à jour : Février 2011

 

Références

Il existe au Québec plusieurs types de services de garde (CPE, garderies privées subventionnées ou non, garde en milieu familial et halte-garderie). Dans le but d’alléger le texte, nous avons choisi de privilégier les termes « garderie » et « service de garde » pour représenter les différents milieux de garde québécois.
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Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • BOURCIER, Sylvie. Le grand monde des petits de 0 à 5 ans. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2006, 176 pages.
  • MINISTÈRE DE LA FAMILLE ET DES AÎNÉS. Accueillir la petite enfance. Le programme éducatif des services de garde du Québec. Montréal, Direction des relations publiques et des communications, 2007, www.mfa.gouv.qc.ca
  • PUECH, Véronique et Chantal VAN TRI. Doudou or not doudou? Nécessaire de bonheur ou objet transitionnel? Du doudou au fétiche, tu seras un homme mon fils. Paris, Éditions Ramsay, 2006, 230 pages.
  • ROSSANT, Lyonel et Jacqueline ROSSANT-LUMBROSO. Votre enfant. Guide à l’usage des parents. Paris, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2006, 1515 pages.
  • WINNICOTT, Donald W. Jeu et réalité. Paris, Gallimard, coll. « Folio Essais », n°398, 2004, 275 pages.

Livres pour enfants

  • EDITH et RASCAL. Mon doudou. L’école des loisirs, France, 1997.
  • LAGER, Claude. Petit bout tout doux. L’école des loisirs, France, 1992 (2 ou 3 ans).
  • METZ, Alan. Le voleur de doudous. L’école des loisirs, France, 2005 (3 ou 4 ans).
  • VINCENT, Gabrielle. Ernest et Célestine ont perdu Siméon. Casterman Jeunesse, France, 2004 (sur la perte d’un doudou).

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