Les bienfaits du dessin

Les bienfaits du dessin

Le dessin permet de développer le sens artistique de votre enfant et d’affirmer sa personnalité. C’est aussi une voie vers l’écriture. Avant 3 ans, c’est surtout le temps des gribouillages et des premières lignes, mais maintenant que votre enfant a 3 ans, ses dessins vont devenir de plus en plus évolués.



Vers 3 ans : il commence à dessiner

La coordination oeil-main de votre enfant s’améliore. Il contrôle de mieux en mieux le crayon : il peut maintenant le soulever et le replacer au même endroit. Il commence à dessiner des cercles fermés, ce qui requiert un bon contrôle de ses gestes. Il pourra alors copier une ligne horizontale, une ligne verticale et un cercle, que vous aurez tracés.

Votre enfant commence à vouloir représenter quelque chose. Sa production se bâtissant au hasard des traits qu’il trace, il ne pourra reconnaître ce qu’il a dessiné qu’après coup : c’est le réalisme fortuit. Il découvre ainsi une analogie de formes entre un objet et son tracé. Il ne sert à rien de lui demander ce qu’il dessine. Il ne peut pas vous répondre tant qu’il n’a pas fini.

En conservant les dessins de vos enfants et en les feuilletant de temps à autre, vous y remarquerez des changements qui témoignent de l’évolution de leur intelligence et de leur perception de plus en plus affinée de la réalité.

À ce stade, il est difficile pour toute autre personne que votre enfant de reconnaître ce que représente son dessin. Il pourra même en changer la description si vous lui remontrez le même dessin quelque temps plus tard. Plutôt que de tenter de deviner ce que votre enfant a dessiné, mieux vaut le lui demander.

Vers 4 ans : il dessine ce qu’il connaît

Vers 4 ans, les dessins deviennent plus réalistes et sont aisément reconnaissables. L’ensemble est plus cohérent qu’à l’étape précédente, même si les proportions et la perspective ne sont pas encore bonnes. Comme il dessine de façon volumineuse ce qui est important pour lui, les personnages sont souvent aussi gros que les maisons.

Votre enfant s’appuie sur ce qu’il connaît des objets pour les reproduire dans ses dessins, et non sur ce qu’il voit réellement. C’est le début du réalisme intellectuel. Ainsi, comme il sait qu’une table a 4 pieds, il les dessinera systématiquement, quelle que soit la disposition de la table.

Si vous lui demandez de dessiner sa maison, il dessinera probablement une maison telle qu’il se la représente : 4 murs, 1 toit (le plus souvent en pente), 1 porte et des fenêtres, même s’il demeure dans un appartement. On observe aussi de la transparence dans ses dessins. S’il dessine un enfant assis dans une auto (dont on verra les 4 roues, même de profil), ses jambes seront aussi visibles. S’il dessine maman dans la maison, on la verra en totalité à travers les murs.

Ce n’est que vers 7 ou 8 ans que votre enfant dessine réellement ce qu’il voit. II s’appuie à présent sur l’observation des objets pour les reproduire en respectant leurs particularités concrètes : c’est l’étape du réalisme visuel.

L’évolution de ses bonshommes

Ses dessins de bonshommes évoluent aussi par étapes.

 

 

  • Vers 3 ½ ans, l’enfant commence à dessiner des bonshommes « têtards » : un cercle représente la tête, à laquelle il ajoute des yeux. Les bras, représentés par des traits horizontaux, sortent de chaque côté de cette tête. Les jambes, représentées par des lignes verticales, sont accrochées au bas de la tête. Peu à peu, le personnage gagne en détail : le nez, la bouche, les sourcils et parfois le nombril sont ajoutés. Viennent ensuite les cheveux et les oreilles.
  • Vers 5 ans, pour représenter le tronc, il ajoute un autre cercle ou un trait vertical sous la tête de son bonhomme. Il dessine ensuite le cou et les épaules, puis les jambes (représentées par 2 lignes parallèles), les pieds et les doigts (représentés par des cercles ou des traits, mais pas nécessairement en nombre adéquat). L’enfant représente peu les vêtements. Ce n’est que vers 6 ans que son bonhomme sera habillé. Graduellement, votre enfant passe de dessins où les personnages sont représentés de face et immobiles, à des dessins de bonshommes en action, dans différentes positions.

Comment soutenir son développement

  • Contentez-vous de mettre à sa disposition le matériel : peinture, feutres, crayons, images à coller... Il est important d’accepter qu’il utilise plein de gouache, de colle, que le papier se troue ou que ça soit tout « croche ».
  • Laissez-le vivre sa fantaisie et choisir ses couleurs. Vous pouvez lui dire : « Dans la réalité, les arbres sont bruns et verts, mais quand tu dessines, tu mets les couleurs que tu veux. »
  • À la fin, plutôt que de chercher à ce que son dessin soit parfait, vous pouvez lui demander de « vérifier » si tout ce qu’il a voulu y mettre est là.
Des attentes réalistes
  • Respectez ses fantaisies. Il dessine de mieux en mieux, mais ses dessins n’ont ni queue ni tête? Peu importe. Il faut accepter que ses couleurs soient fantaisistes, que ses bonshommes n’aient pas de bras ou de jambes.
  • Il n’aime pas son dessin? Plutôt que de lui dire que son dessin est beau, mieux vaut l’amener à réfléchir en lui demandant : « Qu’est-ce que tu n’aimes pas dans ton dessin? » Vous pouvez aussi lui expliquer : « Tu sais, parfois, la main ne nous écoute pas. Ça prend du temps avant d’arriver à faire ce qu’on veut. » En disant cela, on le met simplement devant la réalité. On apprend à l’enfant à se faire confiance, à développer son estime de soi, à gérer sa frustration. De même, si vous lui montrez toujours comment faire, il restera dépendant. Il tiendra pour acquis que ce que font les adultes est mieux. Cela limitera son initiative.
  • Priorité à la feuille blanche! Le cahier de coloriage, c’est amusant, mais il apprend à l’enfant à se fier à un modèle. Si vous souhaitez lui apprendre à devenir plus précis et à ne pas dépasser, mieux vaut lui demander de dessiner plein de ronds et de les colorier. Il apprendra ainsi à contrôler son geste.
  • Acceptez qu’il défasse ses oeuvres. Jusqu’à 4 ans, l’enfant ne cherche pas à faire quelque chose de beau, il veut jouer. Il dessine simplement pour le plaisir que cela lui procure. Faire, défaire, coller, décoller, recoller : c’est son jeu favori. Cela contribue à renforcer son estime de soi, car il apprend à avoir du contrôle sur les objets. Vers 4 ans, il passe à une autre étape : fabriquer, et ne pas défaire. Il commence à plier, envelopper, faire des cadeaux. Vous aurez ensuite droit à une quantité industrielle de dessins!

Les habiletés développées

Le dessin est une activité plus complexe qu’il n’y paraît. Pour dessiner, votre enfant utilise différentes habiletés qui contribuent à son développement.

  • Il utilise des habiletés motrices (maîtrise des mouvements) pour tenir le crayon, le diriger sur le papier et contrôler son geste.
  • Il utilise des habiletés de perception : c’est en effet parce qu’il perçoit bien l’espace et les formes qu’il réussit graduellement à organiser son dessin et, plus tard, à copier des lignes et des formes géométriques.
  • La perception tactile (toucher) permet à votre enfant de bien sentir la craie dans sa main et d’exercer une pression adéquate sur le papier, sans le déchirer.
  • Dessiner requiert aussi des habiletés cognitives (connaissances) puisque votre enfant reproduit, en images, ce qu’il connaît du monde. Ses dessins peuvent aussi devenir un moyen d’exprimer ses émotions et ses sentiments.

 

Naitre et grandir.com

      Source : Magazine Bien grandir, octobre 2008 et septembre 2009
      Rédaction : Francine Ferland, ergothérapeute et Marie Charbonniaud
      Adaptation web : Équipe Naître et grandir

 

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • FERLAND, Francine. Le développement de votre enfant au quotidien, Du berceau à l’école primaire. Les Éditions du CHU Sainte-Justine, 2004, 244 p.
  • PETTINATI, Gabriella et Isabelle GAGNÉ. Le plaisir de bien écrire. Éditions du Trécarré, 2008. Trois cahiers d’apprentissage de 64 pages, destinés aux parents et à leurs enfants de 3 ans et plus.
  • « Pour mieux comprendre les dessins de vos enfants ». www.aufeminin.com
  • « L’analyse des dessins chez l’enfant ».  www.doctissimo.fr
  • « Caractéristiques des dessins d’enfants ». www.teteamodeler.com

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