Le sommeil

Le sommeil



Marcher, parler... et dormir?

Votre enfant dort de 8 à 12 heures par nuit, et son rythme de sommeil est bien établi. Vous êtes maintenant à l’abri des nuits blanches ou des longues soirées de veille! Enfin, presque...

Au cours de la 2e et de la 3e année de vie, le sommeil est perturbé par les « grands apprentissages » : ceux de la marche, du langage, de la propreté, etc. En très peu de temps, le petit accomplit de véritables exploits. Malheureusement, l’effort que cela représente a des conséquences sur son sommeil.

L’enfant est aussi en pleine période de découverte et d’affirmation de sa personnalité. Il a beaucoup plus de choses intéressantes à faire que dormir, comme jouer, sauter, regarder ses livres... Il rechigne donc souvent à aller se coucher. S’il est déjà dans un « lit de grand », il lui est encore plus facile de résister.

Enfin, n’importe quel événement important de sa vie peut nuire à son sommeil. C’est le cas de son entrée à la garderie, ou de l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite soeur...

Routine, routine!
Après avoir passé une journée pleine de découvertes, votre petit a besoin de retrouver ses repères. La routine établie quand il était bébé ainsi qu’une atmosphère propice au calme et au sommeil vous aideront à le faire dormir.
  • Conservez les rituels du coucher et appliquez-les dans le même ordre qu’avant. Par exemple, donnez le bain à votre enfant, brossez-lui les dents, lisez-lui une histoire, faites-lui un câlin, puis au dodo! Bien sûr, il peut aller au lit avec son objet favori (doudou, peluche, etc.).
  • Répondez à ses nouvelles demandes : allumez une veilleuse, mettez de la musique, laissez la porte de sa chambre ouverte... Tant que cela vous convient et qu’il ne risque pas d’être dérangé par les bruits de la maisonnée, pourquoi pas? À cet âge, les petits se mettent souvent à avoir peur de l’obscurité, et leur imagination se développe rapidement : une fois les lumières éteintes, ils voient des monstres, des sorcières...
  • Évitez les jeux et les émissions de télévision qui risquent de le stimuler avant le coucher.
  • Ne vous servez pas du lit comme d’un objet de punition, surtout durant cette période d’affirmation de soi! Le lit doit rester un endroit agréable.

Le défi du coucher : ne pas céder au chantage

Comment favoriser l’autonomie de votre enfant durant la routine du dodo.

Il peut arriver qu’au moment de se coucher, votre enfant insiste pour poursuivre une activité ou pour que vous continuiez à lui lire un livre. Il cherchera à vous retenir de plusieurs façons, en vous disant, par exemple : « Encore un bisou, puis je dors! », ou « Encore une histoire! » ou « Un petit câlin, le dernier! »...

Ce chantage, même adorable, doit être contenu avec une douce fermeté. Dites à votre enfant : « Non, ça suffit comme ça. Maintenant, tu dois dormir. Bonne nuit! » S’il va vous voir en pleine nuit, raccompagnez-le à son lit avec la même fermeté.

Il refuse de se coucher et sort continuellement de son lit? Il y a une façon simple et efficace de réagir quand l’enfant a 2 ans ou 3 ans : celle de la « porte ouverte » :

  • Dites-lui : « Si tu te lèves, je ferme la porte; mais si tu restes dans ton lit, je veux bien la laisser ouverte.» S’il se relève, fermez-la avant qu’il sorte, puis redemandez-lui, à travers la porte, d’aller se coucher. Après 1 minute, s’il ne l’a pas fait, entrez et remettez-le au lit, puis sortez en laissant la porte ouverte. Répétez le scénario si c’est nécessaire.
  • Pendant cet apprentissage, le petit a besoin de savoir que vous êtes derrière la porte, que vous savez ce qu’il fait et que vous réagirez vite. Attention! pour que cette tactique marche, il est indispensable que vous fassiez preuve de fermeté et de patience.
  • L’objectif est de lui « donner le contrôle » de l’ouverture de la porte. Il faut qu’il sente qu’il a le pouvoir de changer les choses et que la porte demeurera ouverte s’il reste dans son lit. Vous pouvez également le récompenser, vers l’âge de 3 ans, lorsqu’il reste couché dans son lit toute la nuit.
Une sieste trop longue, un coucher difficile?
Des dodos à la garderie ou des siestes peuvent-ils empêcher votre enfant de s’endormir le soir? Non, à moins qu’ils soient démesurément longs (3 ou 4 heures). Selon les pédiatres, une sieste de 1 ou 2 heures, généralement en début d’après-midi, est nécessaire jusqu’à l’âge de 4 ans ou 5 ans. Elle peut être conservée tant que votre enfant en a besoin, surtout si elle ne nuit pas à l’heure du coucher (pour cela, elle ne devrait idéalement pas dépasser 15 heures).
La sieste n’a que des avantages. Elle permet à l’enfant de se libérer des tensions accumulées dans la matinée. Il sera donc moins agité le soir, et vous aurez plus de facilité à le mettre au lit. Si votre petit a du mal à se coucher le soir, c’est peut-être parce qu’il a passé une journée très (trop?) excitante avec ses amis.
Si vous le pouvez, allez le chercher plus tôt que d’habitude à la garderie.
Privilégiez les activités relaxantes en soirée : la lecture, les casse-tête, le dessin, etc.
Sieste ou pas, rappelez-vous que le sommeil de votre enfant peut être troublé par toutes sortes d’événements et par son niveau d’anxiété!

Des terreurs nocturnes ou des cauchemars?

Votre enfant crie ou pleure pendant son sommeil? Si c’est le cas, ce sont des terreurs nocturnes ou des cauchemars qui le mettent dans cet état.

Ce n’est que vers l’âge de 3 ans que le petit commence à percevoir la différence entre le rêve et la réalité, entre son imaginaire et sa vie. Il finira par comprendre que les « mauvais rêves » ne sont que des rêves.

Les terreurs nocturnes durent de 1 à 20 minutes et se manifestent dans la 1re partie de la nuit, durant la phase du sommeil profond. Elles surviennent généralement de 60 à 90 minutes après que l’enfant se soit endormi.

L’enfant est agité, confus, en sueur. Il pleure ou hurle, il bouge. S’il est en âge de parler, ses propos sont incohérents. Ses yeux sont ouverts. Tout porte à croire qu’il est réveillé, mais il ne l’est pas vraiment. Il est comme un somnambule qui marche pendant son sommeil.

Les terreurs nocturnes sont souvent impressionnantes, mais elles sont sans danger. Le plus souvent, l’enfant retrouve vite son calme. Il replonge dans un sommeil paisible sans même s’apercevoir de votre présence. Le lendemain matin, il ne se souvient généralement pas de ce qui s’est passé.

Quant au cauchemar, c’est un mauvais rêve qui survient dans la 2e partie de la nuit.

L’enfant crie et vit une grande frayeur, même après son réveil. Il est capable de raconter son rêve, et il s’en souvient parfois le lendemain. Il a besoin d’être rassuré par ses parents. Il s’accroche à eux. Son retour au sommeil est souvent difficile, car sa peur persiste.

Ne vous inquiétez pas! Les terreurs nocturnes et les cauchemars sont fréquents et normaux quand l’enfant est en bas âge. Ils expriment certaines de ses angoisses, de ses craintes, qu’il n’arrive pas à traduire autrement. Ils peuvent correspondre à des phases importantes de sa vie, comme son entrée à la garderie, la naissance d’un frère ou d’une soeur, un changement de gardienne, l’éloignement d’un parent, etc. Le petit extériorise ses angoisses la nuit.

Un problème se pose lorsque les terreurs nocturnes et les cauchemars sont très fréquents, qu’ils surviennent presque toutes les nuits pendant plusieurs semaines. Si c’est le cas, consultez un médecin.

Pendant leur sommeil, certains petits se déplacent (somnambulisme), grincent des dents (bruxisme), parlent (somniloquie) ou ronflent. Là encore, si cela se répète trop souvent, n’hésitez pas à consulter.

Maman, papa, j’ai peur…
Votre enfant a peur de se coucher le soir? Il fait des cauchemars? Quelqu’un lui a raconté une histoire effrayante? Sachez que les petits sont très sensibles à ce qu’ils voient et entendent. Alors, comment réagir?
  • D’abord, de manière générale, ne lui racontez pas d’histoire effrayante, et ne lui montrez pas de livres ni de films qui font peur, qui comportent des images choquantes ou qui traitent de sujets angoissants (les accidents, la mort, les enlèvements, les monstres)... Choisissez de belles histoires!
  • Faites-le dormir dans son propre lit, comme d’habitude. Accepter qu’il dorme avec vous ne résoudra rien, au contraire! Il a juste besoin d’être entendu et compris. Essayez de saisir ce qui se passe et amenez-le à s’en sortir tout seul. Répétez-lui qu’il ne risque rien et que vous serez toujours là, près de lui.
  • S’il a des illusions qui précèdent immédiatement le sommeil (illusions hypnagogiques), comme la sensation de tomber dans le vide, expliquez-lui que ce sont de petits tours que son corps lui joue. Ces sensations sont normales.
  • Discutez de ses angoisses ou de ses soucis au cours de la journée, pas avant le coucher. Donnez-lui tout le temps nécessaire pour qu’il vous parle de ce qui le tracasse.
Enfin, posez-vous LA question : a-t-il vraiment peur ou a-t-il trouvé un bon truc pour vous retenir? Pendant la journée, semble-t-il dans un état émotionnel normal? S’il joue, s’il rit, s’il mange, s’il se fait câliner comme d’habitude, ses peurs du soir ne sont probablement que passagères.

Le sommeil du jeune enfant peut être perturbé par les grands apprentissages ou par la volonté d’autonomie, ou encore par des soucis quotidiens qui se traduiront par des cauchemars ou par des terreurs nocturnes. Dans tous les cas, un mélange de compréhension et de fermeté de votre part en viendra à bout.

 

Naitre et grandir.com

      Révision scientifique : Équipe de recherche: Isabelle Marc, MD
      Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
      Mise à jour : Août 2011

 

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Veuillez dans ce cas utiliser les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • L’encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. www.enfant-encyclopedie.com. Cette Encyclopédie publiée sur Internet est accessible gratuitement. Elle couvre des thèmes traitant du développement psychosocial de l’enfant, de la conception à cinq ans, et présente les connaissances scientifiques les plus récentes.
  • DORÉ, Nicole et Danielle LE HÉNAFF. Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, Guide pratique pour les mères et les pères. Institut national de santé publique du Québec, Québec. www.inspq.qc.ca.
  • LABBÉ, Jean (Dr). Bulletins pédiatriques, Votre enfant de la naissance à 5 ans. Faculté de médecine, Université Laval, Québec, 2006.
  • SOCIÉTÉ CANADIENNE DE PÉDIATRIE. Soins de nos enfants. www.soinsdenosenfants.cps.ca.
  • CHALLAMEL, Marie-Josèphe (Dre) et Marie THIRION (Dre). Mon enfant dort mal. Éditions Pocket, France, 2003.
  • CHARBONNIAUD, Marie. « En route vers de belles nuits ». Magazine Bien Grandir, vol.6, nº9, novembre 2011.

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