Les pleurs de bébé

Les pleurs de bébé

Aucun parent n’aime voir son bébé pleurer; c’est pourtant son seul moyen de communiquer ses besoins.



Pleurer est le seul moyen dont un bébé dispose pour exprimer sa faim, sa douleur ou son ennui. C’est un véritable réflexe « de survie ». De leur côté, les parents sont programmés pour réagir aux pleurs de leur bébé afin de répondre à ses besoins. Les pleurs et les réactions qu’ils entraînent sont une forme de communication entre un bébé et ses parents.

En moyenne, un nourrisson pleure deux heures par jour. Cela semble beaucoup, mais c’est parfaitement normal. C’est aussi une question de tempérament. Certains bébés pleurent toutefois plus que d’autres. Plus de 25 % des nourrissons pleurent plus de trois heures par jour.

Les pleurs de bébé : ce que dit la recherche

Toutes les recherches s’entendent pour dire que c’est pendant les trois premiers mois de vie que les bébés pleurent le plus et que leurs pleurs sont les plus intenses. Plusieurs études ont d’ailleurs montré que, pendant cette période, les pleurs suivent un certain modèle, appelé la courbe des pleurs.

Vers 2 à 3 semaines, le bébé commence à pleurer davantage. Ses pleurs atteignent ensuite un sommet vers 6 à 8 semaines et puis diminuent peu à peu jusqu’à ce que l’enfant ait 12 semaines.

Pendant ces trois premiers mois, les pleurs commencent et arrêtent souvent soudainement, sans que l’on sache pourquoi, particulièrement en fin d’après-midi ou en début de soirée. Ainsi, il peut arriver qu’un parent ne parvienne pas à calmer son bébé qui pleure, même en le nourrissant, en s’assurant que sa couche est propre ou en le cajolant.

Lors de ces crises de pleurs, il est important que les parents ne doutent pas de leurs compétences parentales. Ces pleurs sont normaux et les parents n’y sont pour rien. L’important est que l’enfant sente leur présence réconfortante.

Un nourrisson ne pleure jamais pour manipuler : il ne connaît pas ce sentiment. Le consoler chaque fois qu’il pleure ne risque d’ailleurs pas de le gâter. En fait, il deviendra plus calme et moins inquiet. Lorsqu’un parent répond rapidement et calmement aux pleurs, son bébé se sent aimé et en sécurité. La façon de réagir du parent conditionne ainsi les premiers liens d’amour et l’attachement qui l’uniront à son bébé.

Il faut donc faire attention aux idées reçues et aux conseils de votre entourage. Fiez-vous plutôt à votre instinct, car personne ne connaît votre bébé mieux que vous. Ne faites pas attention aux idées toutes faites comme celles-ci : « C’est bien, il développe ses poumons », « Ça forge son caractère », « Il te manipule pour rester dans tes bras », etc.

Contactez votre médecin si votre bébé :
  • ne se conduit pas comme d’habitude, ne mange pas, ne dort pas;
  • fait de la fièvre, vomit ou a la diarrhée;
  • pleure peut-être à cause d’une chute ou d’une blessure;
  • a des pleurs excessifs qui se poursuivent après l’âge de 3 mois

Les principaux messages des pleurs

Certains scientifiques croient que les nourrissons ont différents pleurs pour exprimer la faim, l’ennui, l’inconfort, les coliques, le défoulement en fin de journée, la douleur, etc. Cette vision ne fait toutefois pas l’unanimité.

De plus en plus d’experts pensent que l’écoute des pleurs permet surtout de mesurer le niveau de détresse d’un bébé plutôt que de déterminer leur cause précise. Selon eux, plus le son ou l’intensité des pleurs est élevé, plus la détresse du bébé serait grande. Les parents sont d’ailleurs capables la plupart du temps de deviner les besoins de leur bébé selon le son des pleurs.

Autour de 3 mois, les habiletés sociales des bébés se développent davantage et ils interagissent beaucoup plus. Ils commencent alors à utiliser différents pleurs pour exprimer différentes choses, par exemple :

  • la faim : pleurs qui peuvent commencer doucement et lentement et qui deviennent ensuite plus forts et rythmés;
  • la douleur : pleurs très aigus, perçants, courts, forts et non mélodieux;
  • l’ennui, l’inconfort ou la fatigue : pleurs doux qui s’arrêtent parfois pour reprendre quelques minutes plus tard. Ils peuvent devenir plus forts si rien n’est fait.
Même attaché dans un siège berçant ou un siège d’auto, un enfant ne doit jamais être placé sur un appareil électroménager comme une sécheuse parce qu’il peut facilement en tomber et subir de graves blessures.

Quelques pistes pour vous guider lorsque votre bébé pleure

Si ses pleurs commencent durant les boires :

  • Votre bébé n’a peut-être plus faim.
  • Il a peut-être des coliques.
  • Il a peut-être envie de sucer plutôt que de manger. Allongez-le ou bercez-le en lui offrant une suce ou un petit jouet pour le distraire.


Si ses pleurs commencent quand il est dans vos bras :

  • Il est peut-être fatigué et il veut dormir.
  • Même si cela ne fait que deux heures qu’il a bu, il a peut-être encore faim, surtout s’il a une poussée de croissance.
  • Il a peut-être besoin de sucer pour combler son besoin de succion, qui est un réflexe de survie chez les nourrissons.
  • Il a besoin de stimulations (jeu, musique, jouet, massage, etc.).
  • Quelque chose le dérange : a-t-il froid? a-t-il chaud (touchez sa nuque pour le savoir)? sa couche est-elle souillée? souffre-t-il d’un érythème fessier? Selon le cas, rectifiez son habillement, changez sa couche ou soignez son érythème.


Si ses pleurs commencent quand il est seul dans son lit :

  • Il est peut-être entre deux cycles de sommeil. Attendez quelques minutes pour lui donner la chance de se rendormir tout seul.
  • Il a peut-être assez dormi ou a besoin de compagnie.
  • Il a besoin d’être rassuré.
  • Il a froid, soif ou chaud (touchez sa nuque pour le savoir), ou sa couche est peut-être mouillée.


Chaque fois que vos efforts seront couronnés de succès, vous vous sentirez encouragé et rassuré. Inversement, quand vous ne parviendrez pas à consoler votre bébé, il est possible que vous éprouviez de l’angoisse et que vous manquiez de confiance en vous. Cependant, ces moments peuvent même être utiles : ils vous aideront à prendre du recul, à réfléchir, à observer de mieux en mieux votre enfant, et donc à mieux le connaître.

L’angoisse de séparation
Vers 8 à 12 mois, les enfants sont intimidés par les inconnus alors qu’ils leur souriaient auparavant. Aussi, ils pleurent dès que leurs parents disparaissent de leur champ de vision. Cette inquiétude est tout à fait normale et s’appelle « angoisse de séparation ». Pour savoir comment réagir face à cette nouvelle peur et faciliter l’entrée à la garderie si elle a lieu pendant cette période, consultez notre fiche sur l’angoisse de séparation.

Pleurs de coliques ou de fatigue?

Si tous ses besoins de base sont satisfaits, mais qu’il continue à pleurer, votre bébé souffre peut-être de la dysrythmie du soir, que les médecins appellent aussi coliques. On peut parler de coliques lorsque l’enfant pleure plus de 3 heures sur 24, au moins 3 jours sur 7, pendant 3 semaines consécutives. Ce sont les pleurs qui bouleversent le plus les parents puisqu’ils se sentent impuissants à consoler leur bébé.

Cette période d’agitation est peut-être aussi, tout simplement, la seule façon que le bébé a de se défouler. C’est la fin de la journée, il est un peu grincheux et, par ses pleurs, il évacue les tensions accumulées au cours de la journée.

Voici quelques suggestions pour vous aider à calmer les pleurs de votre bébé :

  • Parlez à votre bébé d’une voix douce et rassurante.
  • Prenez-le dans vos bras le plus souvent possible. Les nourrissons aiment qu’on les porte bien serrés contre soi. Le contact humain leur permet de se relaxer, de se calmer, de réduire leur niveau de stress et de se sentir en sécurité. Au besoin, employez un porte-bébé ventral afin de reposer vos bras. Ne craignez pas de « gâter » votre enfant en le prenant souvent dans vos bras.
  • Touchez-le, surtout sur le ventre. Un massage pour bébé peut le soulager et est tout à fait sûr. Essayez aussi de lui donner un bain.
Sachez qu’il est possible que votre bébé continue de pleurer malgré tous vos efforts pour l’apaiser. Ce n’est pas votre faute et cela ne fait pas de vous un mauvais parent.
  • Offrez un environnement calme à votre enfant : éteignez ou tamisez les lumières, diminuez les sons ambiants et évitez les bruits intenses. Évitez aussi de trop manipuler votre bébé, car vous risquez de l’exciter davantage, tandis qu’il exprime peut-être son besoin de se reposer. Vous pouvez le mettre doucement dans son lit et voir s’il arrivera à se calmer par lui-même.
  • Donnez-lui le sein, car de nombreux bébés se calment lorsqu’ils tètent le sein de leur mère.
  • Restez calme et détendu. Les bébés sont très sensibles aux états émotionnels des adultes qui prennent soin d’eux. Votre propre stress peut aggraver les pleurs de votre enfant. Pour réussir à vous détendre malgré les pleurs, chantez des berceuses ou écoutez une musique douce et apaisante ou de simples sons réguliers et rythmés (ex. : vagues de l’océan, bruit de la pluie qui tombe). Cela pourrait même réussir à apaiser votre enfant.
    Si, en tant que parent, vous éprouvez de la colère, vous vous sentez épuisé et vous perdez votre sang-froid, il est important de demander de l’aide et de vous retirer.
  • Faites-le bouger. Bercez-le doucement dans vos bras, dans un siège berçant ou dans une balançoire pour bébé. Installez-le à plat ventre sur vos cuisses et balancez-le délicatement en bougeant vos jambes. L’effet combiné du mouvement et de la chaleur semble calmer certains bébés.
  • Sortez faire une promenade avec votre enfant dans le porte-bébé ou dans la poussette, car le mouvement apaise souvent les bébés. Vous pouvez aussi l’amener faire une balade en voiture. Si votre enfant pleure souvent à la même heure, essayez de sortir avant qu’il ne commence. Ainsi, l’habillage et l’installation dans le porte-bébé, la poussette ou le siège d’auto seront plus agréables pour vous deux.
À bout de nerfs?
N’oubliez pas que votre bébé ressent votre stress et vos tensions. Un parent énervé ne peut calmer son bébé. Alors, voici quelques trucs :
  • Passez le relais à votre partenaire ou à quelqu’un de votre entourage avant de vous épuiser complètement.
  • S’il n’y a personne d’autre que votre enfant et vous à la maison, posez-le dans son lit, puis sortez de la pièce quelques instants, le temps de vous calmer et d’appeler quelqu’un qui vous soutiendra. Il peut s’agir d’un ami, d’une gardienne ou même d’une ressource téléphonique comme la ligne Parents.

Attention! ne secouez jamais votre bébé. Vous pourriez causer des lésions permanentes à son cerveau ou même le faire mourir.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Diane Bigras-Lacoste, infirmière B.Sc., Collège de Maisonneuve
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Juin 2016

 

Photo : iStock.com/Brosa

 

Références et ressources

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • ABOUT KIDS HEALTH. Pleurs chez les bébés. www.aboutkidshealth.ca
  • ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE. Mon bébé, je l’attends, je l’élève – De la conception à l’âge de trois ans. Éditions Sélection du Reader’s Digest, 2002, 266 p.
  • ENCYCLOPÉDIE SUR LE DÉVELOPPEMENT DES JEUNES ENFANTS. Pleurs. www.enfant-encyclopedie.com
  • COLLINS, Jane (Dr). La santé de votre enfant, Le guide essentiel, de la naissance à 11 ans. Saint-Constant, Broquet, 2006, 352 p.
  • DORÉ, Nicole et Danielle LE HÉNAFF. Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, Guide pratique pour les mères et les pères. Institut national de santé publique du Québec, Québec. www.inspq.qc.ca.
  • ROSSANT, Lyonel et Jacqueline ROSSANT-LUMBROSO. Votre enfant. Guide à l’usage des parents. Paris, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2006, 1515 p.
  • SOCIÉTÉ CANADIENNE DE PÉDIATRIE. Soins de nos enfants. Les coliques et les pleurs. www.soinsdenosenfants.cps.ca
  • SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PÉDIATRIE. Pas à pas en pédiatrie. Pleurs excessifs du nourrisson. www.pap-pediatrie.com

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