Perdre le contrôle

Perdre le contrôle

Vie de famille : ce que vous devez faire pour garder votre sang-froid



Se mettre en colère devant son enfant peut arriver à tous les parents. Cependant, cette réaction peut entraîner chez l’enfant une augmentation du stress ainsi que différentes émotions, telles que la peur, l’impuissance, la tristesse et la honte. De plus, la colère fait souvent place, par la suite, à un sentiment de culpabilité et de honte chez le parent.

Comment garder son sang-froid

Quand vous sentez la colère monter en vous, plutôt que d’exploser devant votre enfant, vous pourriez vous éloigner un instant et poser des gestes qui feront baisser votre tension. En plus de vous calmer, vous montrez à votre enfant qu’il y a des façons saines de gérer la colère. Voici quelques trucs qui vous aideront à vous maîtriser et à vous détendre :

Quand vous êtes en colère, il est important de faire passer la sécurité de votre enfant en premier. Si vous devez vous éloigner pour vous calmer, assurez-vous de le laisser à quelqu’un de confiance.
  • Modifiez le dialogue dans votre tête. Par exemple, au lieu de penser : « Je ne suis plus capable! », dites-vous plutôt : « Je vais me calmer avant de réagir. »
  • Comptez jusqu’à 10, respirez profondément ou buvez un verre d’eau.
  • Rappelez-vous un moment de bonheur ou de tendresse vécu avec votre enfant. Ce souvenir libère dans votre cerveau de la dopamine et de l’ocytocine, des hormones de bien-être qui vous calmeront. Donner un câlin à votre tout-petit produit le même effet.
  • Changez-vous les idées, en écoutant de la musique par exemple.
  • Changez de pièce ou sortez quelques minutes, mais assurez-vous avant que votre tout-petit est en sécurité.
  • Téléphonez à votre partenaire, à un ami, à la LigneParents (1 800 3615085), etc.
  • Écrivez au sujet de ce qui vous a mis en colère.

Vous pouvez aussi dire à votre enfant que vous êtes en colère et lui expliquer ce que vous comptez faire pour vous calmer. Par exemple : « Ouf, je sens une boule de colère qui monte en moi, j’ai chaud et mon cœur bat rapidement, je vais compter jusqu’à 10 pour me calmer. » Lorsque vous dites à votre enfant ce que vous ressentez, il apprend comment reconnaître et nommer ses émotions.

Surtout, évitez les gestes violents (ex. : jeter un objet contre le mur ou taper du poing sur quelque chose), car cela ferait peur à votre enfant et alimenterait votre colère au lieu de vous calmer.

Prendre un verre d’alcool pour vous calmer ne vous aidera pas non plus puisque cela risque de rendre le contrôle de vos émotions plus difficile.

À essayer aussi
Lorsque vous vous mettez en colère, votre corps produit du cortisol et devient tendu. Pour libérer cette tension, bouger est un moyen efficace. Vous pouvez par exemple courir sur place, sauter ou danser.
Si vous ne vous sentez pas à l’aise de le faire, vous pouvez joindre vos mains devant votre poitrine, prendre de grandes inspirations et presser vos mains l’une contre l’autre à chaque expiration. Vous pouvez aussi appuyer vos mains sur un mur et, à chaque expiration, pousser fortement dessus.
Après 1 ou 2 minutes, vous devriez vous sentir moins tendu et prêt à interagir plus calmement avec votre enfant.

Pourquoi un parent se met-il en colère?

Avant tout, il est important de vous demander si le comportement de votre enfant est véritablement à l’origine de votre réaction de colère.

Pour le savoir, demandez-vous si vous réagissez toujours de la même façon lorsque votre tout-petit adopte un certain comportement (ex. : chaque fois qu’il pleure). Généralement, la réponse est non. Votre humeur, votre niveau d’énergie, votre journée de travail et l’accumulation de petits stress influencent grandement vos réactions envers votre enfant.

Pour cette raison, prenez le temps de comprendre vos réactions. Cette réflexion vous permet de déterminer des moyens pour travailler sur le réel problème et ainsi diminuer les chances que la situation se reproduise.

Par exemple, si vous perdez souvent patience en fin de journée, il est possible que ce soit parce que votre esprit est encore au travail ou occupé à prévoir le souper, alors que votre enfant est dans le moment présent (ex. : « J’ai faim! », « Joue avec moi! », etc.). Comme votre niveau de tension est déjà élevé, la moindre opposition de votre tout-petit peut vous mettre en colère.

Si c’est le cas, soyez honnête avec votre tout-petit. Vous pouvez par exemple lui dire : « J’ai perdu patience quand tu as refusé d’aller prendre ton bain, mais ce n’est pas de ta faute. J’ai eu une dure journée au bureau. Je suis désolé de ma réaction. »

Pour éviter cette situation, vous pourriez prendre 5 minutes au retour à la maison pour vous faire un gros câlin familial. Ce moment vous ramènera dans l’instant présent, vous apaisera en plus de vous donner l’énergie nécessaire pour poursuivre le reste de la soirée.

Quand demander de l’aide?
Si vous sentez que vous ne pouvez pas dominer vos accès de colère ou si vous pensez que vous risquez de blesser votre enfant, physiquement ou affectivement, communiquez rapidement avec votre CLSC, votre médecin ou un organisme local de protection de l’enfance. Vous pouvez aussi appeler la LigneParents (www.ligneparents.com) : 1 800 3615085.

Faut-il s’excuser à son enfant?

En raison de son cerveau immature, votre enfant pense que tout est centré sur lui. Ainsi, lorsque vous vous fâchez, il croit qu’il est responsable de votre réaction et que vous ne l’aimez plus. Si vous avez réagi trop fortement devant votre tout-petit, il est donc préférable de vous excuser et d’admettre que vous n’auriez pas dû vous emporter.

Lorsque vous vous excusez à votre enfant, mettez-vous à sa hauteur et regardez-le dans les yeux. Il comprendra la sincérité de vos excuses.

Vous pouvez par exemple lui dire : « J’étais très en colère tout à l’heure. C’est pour ça que je suis allé dans la salle de bain pour respirer, me calmer et mieux réfléchir ensuite. » Votre enfant comprend alors que vous faites des erreurs vous aussi et que vous êtes capable de les reconnaître.

De plus, quand vous vous excusez, vous devenez un modèle pour votre enfant. Il voit que vous mettez en pratique ce que vous lui enseignez, comme nommer ses émotions et trouver des moyens pour se calmer.

Présenter des excuses à votre enfant ne nuira pas à votre autorité. Au contraire, cela peut apaiser votre enfant et renforcer votre relation avec lui.

Si votre enfant a vraiment fait une bêtise ou s’il a eu un comportement que vous n’acceptez pas, profitez du moment où vous vous excusez pour lui expliquer calmement ce qui vous a mis en colère.

Après vous être excusé, prenez le temps de faire des câlins à votre enfant ou de jouer avec lui afin de rétablir le lien entre vous.

 

Pour vous aider à faire face à des problèmes de discipline sans vous fâcher :

 

À retenir

  • Lorsque vous êtes en colère, il est impossible d’adopter un comportement éducatif réfléchi. Calmez-vous d’abord et intervenez ensuite.
  • Après vous être fâché, il est important de rétablir la « connexion » avec votre enfant par des gestes d’affection ou une période de jeu.
  • Réfléchissez à ce qui a réellement déclenché votre colère et prenez des mesures pour y remédier.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Marie-Hélène Chalifour, psychoéducatrice
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Mai 2017

 

Photo : 123rf.com/spwidoff

 

Ressources et références

Note : Les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • FILLIOZAT, Isabelle. Il me cherche! Comprendre ce qui se passe dans le cerveau de votre enfant entre 6 et 11 ans. Paris, Marabout, 2014, 215 p.
  • GUEGUEN, Catherine. Pour une enfance heureuse : repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau. Paris, Réponses Robert Laffont, 2014, 304 p.
  • JULIEN, Gilles. Aide-moi à te parler. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2004, 140 p.
  • RACINE, Brigitte. L’autorité au quotidien. Montréal, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2013, 200 p.

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