La radiographie

La radiographie
Les radiographies rassurent des parents, mais d’autres en craignent les effets. Voici ce qu’il faut savoir.

La radiographie a révolutionné la pratique de la médecine en permettant de prendre des photographies à l’intérieur du corps. L’objectif est de mieux comprendre ce qui s’y passe pour offrir les soins appropriés à l’enfant.



Quand passer une radiographie?

L’examen radiologique est approprié lorsqu’un professionnel de la santé juge que ses bénéfices sont supérieurs à ses risques. Il est important de savoir que les enfants sont plus sensibles aux rayons que les adultes, car les cellules responsables de leur croissance sont plus vulnérables aux lésions. Ainsi, la radiologie ne doit être utilisée que lorsqu’elle est essentielle.

Les femmes enceintes ou qui croient l’être devraient éviter les radiographies. Leur médecin ou leur dentiste déterminera si les avantages d’une radiographie sont supérieurs aux risques, ou s’il est possible de la remplacer par d’autres tests ou de la retarder.

Pendant la radiographie

L’association des radiologistes du Québec a constaté que le nombre d’examens prescrits aux enfants a augmenté, ce qui serait dû, en partie, à l’insistance des parents.

Pendant l’examen radiologique, l’enfant doit demeurer calme et immobile afin d’éviter que la photographie soit floue. Lorsque la radiographie n’est pas claire, il faut recommencer l’examen et exposer le tout-petit une deuxième fois aux rayons.

Présenter l’examen comme un jeu contribuera à calmer l’enfant. La présence de ses parents le rassurera aussi. Même si la radiographie est sans douleur, elle peut causer de l’inconfort selon les positions que doit prendre l’enfant.

La dose de rayons X utilisée est calculée selon le poids et l’âge du patient, et en fonction de l’élément à photographier. La dose est donc toujours plus petite pour un enfant que pour un adulte.

Effets cumulatifs des radiations

Un examen radiologique est normalement sans danger, car l’exposition aux rayons X est très faible et ne dure que quelques secondes. Cependant, l’effet des rayons X est cumulatif dans le corps, ce qui signifie que chaque dose s’additionne à la précédente.

Comme les enfants ont encore de longues années de vie devant eux, il faut garder en tête qu’ils auront d’autres occasions d’être exposés aux radiations. En ce sens, les rayons X ne sont pas inoffensifs et peuvent accroître le risque de développer un cancer au fil du temps, s’ils sont surutilisés.

Notre corps est exposé tous les jours à des rayonnements d’origine naturelle provenant de l’espace et de la croûte terrestre. On estime que le rayonnement naturel se situe autour de 3 mSv (milliSievert, soit l’unité de mesure des radiations) par année. À titre de comparaison, une radiographie du thorax nécessite un dose de rayons X de 0,02 mSv et une radiographie du crâne, une dose de 0,07 mSv. Chez le dentiste, une radiographie peut exposer un patient à 0,01 mSv. Santé Canada recommande de limiter l’exposition aux rayonnements non naturels à 1 mSv par année.

Autres techniques d’imagerie

D’autres techniques d’imagerie peuvent être nécessaires dans certains cas.

  • Fluoroscopie : donne une image dynamique et non pas statique de la région radiographiée.
  • Imagerie par résonance magnétique : utilise un champ magnétique et des ondes radio plutôt que des rayons X pour obtenir des images en 2D ou 3D.
  • Échographie : utilise des ultrasons, et non des rayons X, et permet de voir les organes en mouvement.
  • Radiographie par scanner (ou tomodensitométrie) : permet d’obtenir des images en coupe, contrairement aux radiographies classiques. L’appareil émet plus de rayons X. De nouvelles technologies existent maintenant permettant de travailler avec des doses de rayonnement plus petites. Lorsque c’est possible, on privilégiera donc un protocole à faible dose de radiations.
Scanner de la tête ou période d’observation?
En cas de chute avec perte de conscience de l’enfant, désorientation, amnésie ou vomissements, les urgentologues reconnaissent qu’ils prescrivent souvent un scanner de la tête sous la pression des parents inquiets. Une étude pancanadienne expose d’ailleurs des données inquiétantes sur les effets cancérigènes du scanner sur le cerveau particulièrement vulnérable des enfants. Les médecins préconisent donc plutôt une période d’observation (sans scanner). Une étude parue dans Pediatrics en juin 2011, effectuée sur 40 000 enfants, révèle qu’en faisant ainsi, on ne compromet pas l’état du patient, tout en réduisant son exposition aux radiations.

 

Naitre et grandir.com

      Adaptation web : Équipe Naître et grandir
      Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir et Dr Laurent Garel (révision scientifique)
      Mars 2013

 

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