L'obésité et le surplus de poids: prévenir et agir

L'obésité et le surplus de poids: prévenir et agir
Mon enfant a tendance à prendre trop de poids. Comment le protéger de l’obésité?

Au cours des dernières décennies, l’obésité a pris des proportions endémiques dans les sociétés occidentales, y compris au Québec. En effet, les dernières enquêtes révèlent que 26 % des enfants québécois âgés de 2 à 5 ans ont un surplus de poids ou sont obèses. Il est important d’agir pour contrer cette situation, car ces enfants ont plus de risques de devenir des adultes obèses.



Causes et conséquences de l’embonpoint et de l’obésité

Le surplus de poids (ou embonpoint) et l’obésité sont définis comme une accumulation anormale ou excessive de gras corporel qui nuit à la santé. L’obésité est un excès de gras plus important que l’embonpoint.

Causes

Parmi les facteurs qui contribuent à l’embonpoint et à l’obésité, il y a :

  • une mauvaise alimentation à laquelle contribue l’industrie alimentaire (restauration rapide, plats préparés, portions plus élevées, publicité, etc.);
  • le manque d’activité physique et le nombre d’heures passées devant la télévision ou l’ordinateur;
  • la génétique;
  • certaines maladies (ex. : trouble génétique, maladie endocrinienne ou dommages neurologiques);
  • le manque de sommeil.

 

Conséquences

L’embonpoint et l’obésité entraînent de nombreuses conséquences graves chez les enfants. Du côté de la santé physique, les enfants en surpoids ou obèses courent plus de risques, une fois adultes, de souffrir de maladies cardiovasculaires, de diabète, de troubles musculo-squelettiques, comme l’ostéoarthrite, et de certains types de cancer (de l’endomètre, du sein et du colon).

Un surplus de poids et l’obésité peuvent aussi nuire à la santé mentale d’un enfant. Les répercussions psychologiques sont généralement plus immédiates que les problèmes physiques. Les moqueries de la part des camarades peuvent marquer un enfant de façon permanente et engendrer des séquelles à très long terme.

Faut-il mettre un enfant au régime?

Il est fortement déconseillé de mettre un enfant au régime, même s’il a un surplus de poids ou s’il est obèse. Rappelez-vous qu’un enfant est en pleine croissance et que des restrictions alimentaires trop sévères pourraient compromettre son développement et sa santé.

Priver un enfant de nourriture peut aussi avoir des conséquences sur la relation qu’il développe avec ses parents et avec les aliments, sur son estime de soi, sur le développement de son autonomie, etc. Un enfant que l’on prive développe une préoccupation exagérée envers la nourriture. Il peut commencer à se cacher pour manger, ou avoir tendance à manger beaucoup dès qu’il en a l’occasion.

Il faut cependant agir afin de maîtriser la situation le plus rapidement possible. Il est important de stabiliser le poids de l’enfant en adoptant un mode de vie et des comportements alimentaires sains qui lui permettront d’avoir une croissance et un développement appropriés à son âge.

Conseils pour stabiliser le poids de votre enfant

  • Favorisez un rapport positif avec les aliments en évitant la notion d’aliments « interdits » et en encourageant la consommation d’aliments variés.
  • Révisez le menu de toute la famille en privilégiant des aliments nourrissants, des fruits ou légumes à tous les repas et collations, des grains entiers, des bonnes sources de protéines (ex. : viande maigre, poisson, légumineuses), etc.
Si un écran est allumé lors des repas, notre attention se concentre sur celui-ci et manger devient un automatisme. Nous avons alors tendance à manger davantage, car nous ne sommes plus à l’écoute des signaux de faim et de satiété que notre corps nous envoie.
  • Limitez les aliments gras ou sucrés, sans toutefois les interdire.
  • Limitez le jus ou les boissons sucrées à un petit verre (125 ml) par jour.
  • Créez un horaire de repas et de collations. Votre enfant sera rassuré de savoir qu’il a des occasions fréquentes de manger et apprendra qu’il n’a pas besoin de « faire de réserves ».
  • Établissez des règles autour des repas : manger à la table et éteindre les écrans lorsque vous mangez (ex. : télévision, tablette, téléphone intelligent).
  • Pour que votre enfant aime l’heure des repas, impliquez-le dans la planification et la préparation des repas.
  • Partagez vos repas en famille dans une atmosphère détendue.
  • Participez à des jeux actifs avec lui pour l’inciter à bouger davantage, et ce, dans le plaisir.
  • Réduisez le nombre d’heures qu’il passe à regarder la télévision. Selon l’Académie américaine de pédiatrie, un enfant de 2 à 5 ans ne devrait pas passer plus de 2 heures par jour devant un écran. Au Québec, la santé publique fixe cette limite à 1 heure par jour.
Il est préférable de faire ces changements de façon graduelle plutôt que de façon brusque et rapide. Ainsi, ces nouvelles habitudes auront plus de chances de devenir permanentes.

Comment aider votre enfant à développer de bonnes habitudes alimentaires

Voici quelques attitudes à adopter ou à éviter afin d’aider votre enfant à développer de bonnes habitudes alimentaires et une bonne relation avec la nourriture :

Agissez en tant que modèle positif, tant sur le plan de l’alimentation que de l’activité physique. Souvenez-vous que votre enfant vous imite!
  • Évitez d’utiliser les aliments pour récompenser ou consoler votre enfant.
  • Aidez votre enfant à reconnaître quand il a faim et quand il n’a plus faim en lui demandant comment il se sent. Cessez vous-même de manger quand vous n’avez plus faim au lieu de toujours finir votre assiette. Vous l’aiderez ainsi à éviter de trop manger. Rappelez-vous que votre enfant est le seul à savoir s’il a encore faim ou non et donc quelle quantité de nourriture il doit manger.
  • Incitez votre enfant à prendre son temps pour manger et donnez-lui l’exemple. Il reconnaîtra ainsi mieux les signaux de faim et satiété que lui envoie son corps.
  • Évitez de lui interdire certains aliments, surtout si les gens près de lui en mangent. Il développerait alors un attrait plus grand pour ces aliments interdits.
  • Ne le forcez pas à terminer son assiette s’il dit qu’il n’a plus faim. Servez à votre enfant des portions adéquates pour son âge, en lui demandant d’abord s’il a une petite ou une grosse faim, ou combien il en veut dans son assiette.
  • Ne préparez pas de repas particuliers pour votre enfant afin qu’il mange plus sainement, car cela l’isole en lui faisant sentir qu’il a un problème. Toute la famille doit, la plupart du temps, adopter de bonnes habitudes alimentaires.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Stéphanie Côté, nutritionniste, M.Sc.
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Juin 2014

 

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • AUGUST, Gilbert P. et al. « Prevention and Treatment of Pediatric Obesity: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline Based on Expert Opinion. » The Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism. 93(12) (décembre 2008), p. 4576-4599. http://press.endocrine.org/doi/full/10.1210/jc.2007-2458?queryID=51%2F200465
  • CÔTÉ, Stéphanie. Un enfant sain dans un corps sain. Les Éditions de l’Homme, Montréal, 2008, 252 p.
  • LAMONTAGNE, Patricia et Denis HAMEL. Le poids corporel chez les enfants et adolescents du Québec : de 1978 à 2005. Institut national de santé publique du Québec, Québec, 2009, 69 p.
  • ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ. « Pourquoi se préoccuper du surpoids et de l’obésité de l’enfant? ». http://www.who.int/dietphysicalactivity/childhood_consequences/fr/
  • SATTER, Ellyn. Your Child’s Weight: Helping Without Harming. Kelcy Press, Madison, 2005, 472 p.

 

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