Les terreurs nocturnes

Les terreurs nocturnes

La terreur nocturne est beaucoup moins fréquente que le cauchemar. Seulement 3 % des enfants en font et c’est plus souvent des garçons.

Si votre enfant semble terrifié et très perturbé en pleine nuit, pendant qu’il dort, il est possible qu’il ne soit pas en train de faire un cauchemar ordinaire. Il se peut qu’il vive quelque chose de différent : une terreur nocturne. Il a alors les yeux ouverts, il s’agite, il hurle et il semble terrifié. Les terreurs nocturnes durent habituellement de 1 à 5 minutes. Toutefois, elles peuvent être plus longues chez certains enfants.

Parfois, il aura un discours incohérent et il ne pourra répondre à vos questions de façon adéquate. Il ne vous reconnaît pas et n’a pas - ou peu - conscience de votre présence. Il est parfois agressif et la plupart du temps il ne supporte pas qu’on le touche, ni qu’on le tienne. Au réveil le matin, la majorité des enfants ne se souviennent pas de ce qui s’est passé.

Les causes

Les terreurs nocturnes sont beaucoup moins fréquentes que les cauchemars. Seulement 3 % des enfants en font et c’est plus souvent des garçons. Elles sont aussi plus fréquentes dans les familles où un des parents – ou grands-parents – a aussi eu des terreurs nocturnes.

Des parents témoignent des terreurs nocturnes de leur enfant.

Les terreurs nocturnes surviennent souvent quand l’enfant est âgé de 2 ans à 4 ans. Il est possible toutefois qu’elles se manifestent plus tôt, vers 18 mois. En vieillissant, l’enfant sera plus enclin à être somnambule (marcher en dormant) ou à parler durant son sommeil. Habituellement, cela se résorbe à l’adolescence pour parfois reprendre à l’âge adulte. Il se peut également que l’enfant fasse pipi au lit (énurésie nocturne).

Les terreurs nocturnes peuvent survenir quand l’enfant :

  • est excessivement fatigué;
  • vit des changements dans son quotidien qui le rendent anxieux (séparation, déménagement, changement de garderie, etc.);
  • cesse de faire des siestes ou quand ses habitudes de sommeil changent.

De plus, lorsqu’un enfant est malade ou qu’il fait de la fièvre, les terreurs nocturnes peuvent apparaître plus fréquemment.

Dans ces moments, l’enfant récupère de son manque de sommeil par une prolongation de la phase du sommeil profond, phase durant laquelle se manifestent les terreurs nocturnes. Ces crises surviennent généralement à la même période, de 60 à 90 minutes après que l’enfant se soit endormi.

Ce que vous pouvez faire

La nuit

  • Quand votre enfant est victime d’une terreur nocturne, n’essayez pas de le réveiller, même s’il a l’air profondément bouleversé.
  • Évitez de lui parler et de le toucher : même s’il semble réveillé, il ne vous remarque pas. En fait, votre intervention risque même de prolonger l’épisode. Il est ainsi préférable que vous restiez simplement à côté de lui pour vous assurer qu’il ne tombe pas de son lit.
  • Attendez qu’il se recouche tout seul.
  • N’oubliez pas qu’il n’a pas de souvenir de cet événement. S’il se réveille totalement, il est souvent perdu et inquiet, particulièrement si ses parents semblent perturbés par ce qui vient de se passer. Vous pouvez peut-être lui frotter le dos, chantonner doucement ou vous allonger près de lui quelques instants.
  • S’il en a l’habitude, vous pouvez aussi le laisser s’endormir seul. Rester à ses côté pourrait lui laisser croire que quelque chose de grave ou d’important s’est passé.

Le lendemain et les jours suivants

  • Ne parlez pas de ce moment à votre enfant sauf s’il le fait lui-même, ce qui est peu probable dans le cas d’une terreur nocturne. Si vous lui en parlez, vous risquez de lui faire peur et il voudra peut-être éviter de se coucher le soir. Demandez-lui plutôt si tout va bien, s’il a des sujets d’inquiétude.
  • Si votre enfant a cessé de faire des siestes, il pourrait être utile de les reprendre et d’en réduire la durée graduellement. En effet, les terreurs nocturnes ont plus tendance à se produire lorsqu’il est très fatigué.
  • Assurez-vous que la routine du coucher l’apaise. Évitez qu’il regarde des émissions télévisées effrayantes et qu’il joue à l’ordinateur ou à des jeux vidéo. Mettez aussi de côté les histoires terrifiantes (même le méchant loup peut faire peur).
  • Il est aussi recommandé d’éviter les sports intenses, les repas lourds ainsi que les activités qui sollicitent trop l’imagination trop près de l’heure du coucher.
  • Vous pouvez favoriser une atmosphère propice au calme en racontant une belle histoire, en lui faisant prendre un bain, en allumant une veilleuse, en lui chantant une chanson ou en lui parlant des événements agréables de la journée.
  • Des exercices de respiration simples peuvent aussi être faits pour favoriser une meilleure détente.
  • Évitez, autant que possible, les situations stressantes, car le stress est un élément déclencheur d’épisodes chez les enfants prédisposés aux terreurs nocturnes.
Nuit après nuit…
Dans le cas où les terreurs se reproduisent toutes les nuits, et dans ce cas seulement, les médecins conseillent aux parents de réveiller leur enfant 30 minutes avant l’heure à laquelle la terreur nocturne se manifeste habituellement : cela, pour l’empêcher de se produire. Vous pouvez l’amener à la toilette ou lui donner à boire, avant de le laisser se rendormir par lui-même. On peut faire cela chaque soir pendant 1 semaine et voir ensuite si les manifestations cessent. Si la situation ne s’améliore pas, consultez un médecin.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Évelyne Martello, infirmière clinicienne à la Clinique d’évaluation
des troubles du sommeil de l’Hôpital Rivière-des-Prairies
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Mai 2013

 

Références

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  • MARTELLO, Evelyne. Enfin je dors et mes parents aussi. Éditions CHU Ste-Justine, Montréal, 2007. www.enfinjedors.com

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