Les pleurs

Les pleurs
De la peur, de la fatigue, de la frustration: les pleurs de votre bambin renferment une émotion.

Même s’il sait parler, il est normal qu’un enfant, tout comme un adulte, pleure dans certaines situations. Parfois, l’émotion est tout simplement trop intense pour être contenue. Dans ce cas, la réaction se déclenche presque automatiquement. C’est le cas lorsqu’un tout-petit tombe et se fait mal, par exemple. De même, la peur, la frustration, la colère, la déception et la tristesse peuvent entraîner une crise de larmes lorsque ces émotions sont ressenties fortement.

Des parents témoignent des grands chagrins de leur enfant.

Certains enfants ont cependant tendance à pleurer au quotidien pour s’exprimer. Si c’est le cas de votre tout-petit, essayez de comprendre ce qu’il tente de vous dire en agissant ainsi. Vous pourrez alors l’aider à communiquer d’une autre façon. Voici les principaux messages des pleurs.



« J’ai peur! »

Votre enfant peut avoir peur du noir : la nuit, il a un sentiment de solitude et a peur de vous perdre, et il craint aussi certains personnages, des tableaux ou des affiches dans sa chambre... Vers 3 ans, il peut vivre ses premières terreurs nocturnes et se réveiller en pleine nuit, terrorisé, mais à moitié endormi.

Certains enfants sont aussi anxieux devant les surprises et ont peur de la nouveauté. Ils se mettent alors à pleurnicher lorsque vient le temps d’essayer une nouvelle activité. La nouveauté, tout comme un changement de routine, peut ainsi insécuriser votre enfant. Il peut par exemple se mettre à pleurer lorsque vient le temps d’essayer une nouvelle activité ou lorsque son éducatrice habituelle n’est pas là.

Comment réagir?

  • Faites preuve de compréhension s’il a peur du noir. Rassurez-le et laissez la porte de sa chambre ouverte et une veilleuse allumée. Pour l’aider et l’encourager, montrez-lui que vous avez confiance en sa capacité de dormir seul.
  • S’il a peur de personnages (clowns, père Noël, personnages de dessins animés, etc.), rassurez-le, mais dites-vous que ses craintes passeront plus vite si vous n’insistez pas trop sur ce sujet.
  • S’il a une terreur nocturne, n’essayez pas de le réveiller, même s’il a l’air bouleversé. S’il se réveille complètement, réconfortez-le et dites-lui qu’il peut se rendormir.
  • Pour le rassurer et réduire son anxiété lors d’une nouvelle activité, expliquez à votre enfant avant le départ ce qui l’attend. Par exemple, dites-lui : « Nous irons à la fête de quartier. Il y aura beaucoup de monde, de la musique forte et des jeux. Nous allons bien nous amuser. »
  • Si votre tout-petit est très sensible aux changements dans sa routine, aidez-le à mettre des mots sur ses émotions. Par exemple, s’il est perturbé par l’absence de son éducatrice habituelle, dites-lui : « J’ai l’impression que ça te dérange que ton éducatrice soit en vacances cette semaine. »

« Je veux faire ça, et je veux le faire tout seul! »

De 2 ans à 3 ans, votre enfant est à l’âge des colères, des frustrations et de la soif d’autonomie. Il s’agit d’une étape normale de son développement : il s’affirme et souhaite devenir autonome, même quand sa maladresse ne lui permet pas de réaliser son désir. Les repas, le bain et l’habillage sont propices aux crises.

Comment réagir?

  • Restez calme. Essayez de nommer l’émotion que votre enfant manifeste et invitez-le à exprimer par des mots ce qu’il ressent. Dites-lui par exemple : « Je vois que tu es fâché. Veux-tu m’en parler? »
  • Laissez-lui la possibilité d’être autonome. Demandez-vous s’il est vraiment incapable de faire ce qu’il veut faire, même si ce n’est pas parfait. C’est comme ça qu’il apprendra.
  • Une fois que vous avez adopté une règle et qu’il la connaît, imposez-la avec fermeté et constance. S’il est contrarié au point de faire une colère, n’essayez pas de le raisonner ni de le punir. Ignorez sa fureur en quittant la pièce. Si ce n’est pas possible (par exemple, parce que vous êtes à l’extérieur), prenez-le à l’écart et attendez que ça passe. Rappelez-vous que, lorsque votre enfant fait une crise, il ne se maîtrise plus et a probablement besoin d’aide pour retrouver son calme. Rassurez-le en lui parlant doucement ou en vous tenant près de lui.

« Je suis fatigué! »

De 1 an à 3 ans, votre enfant vit tellement de choses nouvelles qu’il y laisse souvent toute son énergie. De plus, il peut avoir vécu plusieurs petites frustrations durant sa journée. Quand vient le soir, il est irritable, il pleurniche et il s’oppose à vous. Le moindre incident fait alors déborder le vase. Il n’en peut plus et veut être réconforté.

Comment réagir?

  • S’il pleure, il a peut-être besoin que vous l’aidiez à se détendre. Ce n’est donc pas le moment d’essayer de lui enseigner une nouvelle règle ni de vous attendre à ce qu’il se comporte sagement chez des invités.
  • Montrez-vous empathique. Exprimez ce que vous observez : « J’ai l’impression que tu es fatigué. Mais quand tu pleures comme ça, je ne comprends pas. » Cela l’aidera à prendre conscience de sa fatigue et il apprendra peu à peu à s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. Vous pouvez aussi lui demander de raconter sa journée.
  • Si possible, mettez en route votre routine du soir. Proposez-lui des activités calmes (dessin, lecture, etc.), racontez-lui une histoire, donnez-lui un bain...

Si votre tout-petit est souvent épuisé, un changement d’horaire pourrait lui faire du bien (ex. : se coucher plus tôt ou avoir davantage de temps libre).

« Je veux ça »

Votre enfant a peut-être pris l’habitude de pleurnicher en montrant du doigt au lieu de demander. S’il obtient toujours ce qu’il veut en agissant ainsi, il risque de continuer.

Comment réagir?

  • Incitez-le à utiliser des mots. Par exemple, « Tu as faim et tu veux du fromage? Dis-le-moi : "fromage". » Peu à peu, il devrait abandonner son habitude de pleurnicher.
  • Félicitez aussi votre enfant lorsqu’il parle bien, car cela l’encourage à s’exprimer avec des mots. Dites-lui par exemple : « Tu m’as fait une belle demande. C’est plus facile pour moi de comprendre dans ce temps-là. »
Éviter de punir
Même si les pleurs de votre enfant peuvent être énervants, ne le punissez pas, car il pourrait croire que vous rejetez ce qu’il vit. Accueillez plutôt chaleureusement ses émotions, tout en l’encourageant à dire ce qu’il ressent.

« Occupe-toi de moi »

Votre enfant peut pleurer pour obtenir votre attention. Il peut même aller jusqu’à s’inventer des maux imaginaires.

Comment réagir?

  • Mettez des mots sur la situation et évitez d’accuser votre enfant de mentir. Par exemple, « Je pense qu’en réalité, tu as envie de recevoir un câlin. Tu n’as pas besoin d’avoir de bobos pour que je t’en donne. Tu as simplement à me le demander. » Vous l’incitez ainsi à s’exprimer clairement au lieu de pleurnicher.

« J’ai mal aux dents! »

La percée des 2 ou 4 premières dents (les incisives) passe souvent inaperçue, mais celle des dents du fond, la 2e année, est beaucoup plus douloureuse.

Comment l’aider?

  • Frottez-lui doucement les gencives avec une débarbouillette imbibée d’eau froide et enroulée autour de votre doigt.
  • Donnez-lui un anneau de dentition refroidi au réfrigérateur et non au congélateur. Évitez toutefois ceux en PVC et ceux qui renferment du liquide.
  • Évitez les gels analgésiques topiques, car ils peuvent être dangereux pour votre enfant.

 

Naitre et grandir.com

Révision scientifique : Sylvie Bourcier, intervenante en petite enfance
Recherche et rédaction : Équipe Naître et grandir
Mise à jour : Avril 2014

 

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

  • ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE. Mon bébé : je l’attends, je l’élève – De la conception à l’âge de trois ans. Montréal, Éditions Sélection du Reader’s Digest, 2012, 266 pages.
  • COLLINS, Jane (Dr). La santé de votre enfant, Le guide essentiel, de la naissance à 11 ans. Saint-Constant, Broquet, 2006, 352 pages.
  • DORÉ, Nicole et Danielle LE HÉNAFF. Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, Guide pratique pour les mères et les pères. Institut national de santé publique du Québec, Québec. www.inspq.qc.ca.
  • ROSSANT, Lyonel et Jacqueline ROSSANT-LUMBROSO. Votre enfant. Guide à l’usage des parents. Paris, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2006, 1515 pages.

 

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