Prendre sa place... mais pas toute la place

Prendre sa place... mais pas toute la place
Pour vivre en harmonie avec les autres, votre enfant doit apprendre à dire qui il est, ce qu’il aime et ce qu’il veut tout en respectant les autres

Pour vivre en harmonie avec les autres, votre enfant doit apprendre à dire qui il est, ce qu’il aime et ce qu’il veut tout en respectant les goûts et le point de vue des autres. Voici comment vous pouvez l’aider à s’affirmer.

D’un naturel calme et docile, Raphaël, 5 ans, se laisse importuner par sa soeur de 2 ans sans trop réagir, rapporte sa maman. « Au moment du brossage des dents, Léane le pousse pour prendre sa place sur le banc devant le lavabo et il ne proteste jamais, dit Marie-Élaine. Ça m’inquiète pour son entrée à l’école. Va-t-il se laisser marcher sur les pieds? » La jeune mère aimerait que son fils s’affirme davantage.

Chaque enfant est unique et présente des défis différents. S’il est réservé, timide ou s’il manque de confiance, votre enfant peut avoir plus de difficulté à s’affirmer et à intégrer un groupe. S’il est dominateur, il peut avoir du mal à garder ses amis. « Vous ne changerez pas le tempérament de votre enfant, mais vous pouvez l’aider à prendre sa place ou à laisser plus de place aux autres », assure Julie Brousseau, psychologue au CHU Sainte-Justine.

Pour l’aider à prendre sa place

Vous gagnerez à donner l’occasion à votre enfant de prendre des décisions lors des jeux et des activités quotidiennes. Si c’est trop difficile, vous pouvez lui offrir des choix. Lorsque vous nommez ses émotions et que vous l’encouragez à exprimer ce qu’il ressent et ce qu’il veut, vous aidez aussi votre tout-petit à s’affirmer. Vous pouvez dire par exemple : « Tu as dû avoir de la peine quand ta cousine t’a dit que ton dessin était laid. La prochaine fois, quand quelque chose te fait de la peine, dis-le. » Ou encore : « Tu as le droit de ne pas avoir le goût de jouer aux petites autos. Tu peux dire à ton ami que c’est à ton tour de décider du jeu. »

L’affirmation de soi pourrait aider à prévenir l’intimidation

Il est bon de travailler également son estime de soi, selon la psychoéducatrice Stéphanie Deslauriers. « Vous pouvez confier à votre enfant de petites tâches à sa mesure pour qu’il vive des réussites. Le féliciter quand il acquiert de nouvelles habiletés, et l’écouter quand il parle l’aide aussi à gagner la confiance de s’affirmer. »

Pour éviter le rejet
Dès 3 ans ou 4 ans, certains enfants ont de la difficulté à se faire accepter par les autres enfants de leur âge. C’est souvent à cause de leur comportement et d’un manque d’habiletés sociales. Selon les études, ces enfants démontrent plus d’agressivité ou d’opposition ou ils sont plus renfermés et moins sociables. En grandissant, ils risquent davantage de vivre des problèmes affectifs et d’adaptation et même du décrochage scolaire. Voilà pourquoi il est si important de soutenir tôt votre enfant dans l’apprentissage de ses habiletés sociales. Si votre tout-petit se sent rejeté, il est important de tenter de voir si ses comportements seraient à l’origine de cette situation et de travailler avec lui sur ses habiletés sociales. N’hésitez pas à demander la collaboration de son éducatrice ou à aller chercher de l’aide auprès du CLSC.

Pour l’aider à faire de la place aux autres

Lorsque vous apprenez à votre enfant à attendre son tour, à écouter sans couper la parole et à faire des compromis, vous l’aidez à faire de la place aux autres. L’encourager à être attentif aux émotions et au point de vue des autres est une autre astuce gagnante. Dire par exemple : « Tu as de bonnes idées, mais tes amis aussi en ont. » Ou bien :« Mets-toi à la place de Justin. Aimerais-tu jouer avec un ami qui décide toujours tout? »

« C’est important de soutenir votre enfant pour qu’il agisse positivement avec les autres, dit France Capuano, professeure au Département d’éducation et de formation spécialisées de l’UQAM. Si votre tout-petit est désagréable ou s’il agit en dictateur, il est sage d’arrêter le jeu pour lui expliquer l’effet de son comportement sur les autres. Ce n’est pas facile, mais c’est lui rendre service. »

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, janvier-février 2015
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Sylvain Coutu, professeur au département de psychoéducation et de psychologie, UQO

Crédit photo : Maxim Morin

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