«Maman, papa, aidez-moi à me faire des amis»

«Maman, papa, aidez-moi à me faire des amis»
Se faire des amis est un grand défi de la petite enfance. Comme parent, vous pouvez aider votre enfant à entrer en relation avec les autres.
Se faire des amis est un grand défi de la petite enfance. Comme parent, vous pouvez aider votre enfant à entrer en relation avec les autres et faire en sorte que les autres aient envie de jouer avec lui. Voici quelques astuces pour accompagner votre tout-petit.
  • Faire le contact. Une stratégie simple consiste à lui montrer à s’approcher doucement des autres enfants et à dire bonjour en souriant et en les regardant dans les yeux. Vous pouvez lui dire aussi qu’il est important de regarder les enfants qui s’approchent de lui pour créer un contact. Vous gagnerez à préparer votre tout-petit avec des mises en situation. Dire par exemple : « Imagine que nous allons glisser au parc. Un ami est là. Comment fais-tu pour le saluer? » Vous pouvez aussi lui donner des trucs pour faire les premiers pas, comme le suggère Annie : « Lorsque nous avons de la visite, je propose à ma fille Camille de montrer ses jouets aux enfants. Ça ne prend que quelques minutes et ils se mettent à jouer ensemble! »
L’amitié entre enfants, c’est parfois très touchant! David et Marie-Pier témoignent.
  • Formuler des demandes. Vous pouvez encourager votre enfant à utiliser des mots quand il souhaite jouer avec un ami ou lui emprunter un jouet : « Veux-tu jouer avec moi? » « Veux-tu me prêter ton jouet, s’il te plaît? » Pour donner l’exemple, l’idéal est de lui faire des demandes : « Pourrais-tu m’apporter une pomme, s’il te plaît? » ou « Est-ce que je peux t’emprunter ton livre? » Vous gagnerez aussi à le féliciter lorsqu’il fait une belle demande.
  • Accepter un refus. Avec toute demande, il y a le risque d’obtenir un refus. « Il est donc important que votre enfant apprenne à se faire dire non et à tolérer les frustrations, signale Claire Gascon Giard, du Centre de psychoéducation du Québec. Il doit comprendre qu’il ne peut pas toujours avoir ce qu’il veut, tout de suite. » Pour l’aider à gérer ses frustrations, il est utile de lui suggérer des stratégies comme prendre une grande respiration, dire avec des mots ce qu’il ressent, s’occuper à autre chose ou refaire une demande plus tard. Il est bon aussi de l’aider à surmonter la déception. Dire par exemple : « Tu aurais aimé que ton ami vienne jouer avec toi, mais il est malade. C’est décevant, mais il y a sûrement une autre activité que tu pourrais faire. As-tu des idées? »
Chicanes d’enfants, faut-il s’en mêler?
Il est préférable d’éviter de prendre parti, surtout si vous ne savez pas qui a commencé et ce qui s’est passé. Le mieux, c’est de guider les enfants pour qu’ils règlent eux-mêmes leurs conflits. Vous pouvez commencer par nommer le problème en disant par exemple : « Vous voulez tous les deux jouer avec le même jouet », puis les inviter à exprimer ce qu’ils ressentent sans accuser l’autre. Pour les aider à se comprendre, vous pouvez aussi leur suggérer de se mettre à la place de l’autre. Enfin, leur demander s’ils ont des idées pour résoudre le problème. Vous pouvez leur fournir des pistes, mais la solution finale leur revient. Évidemment, s’ils se donnent des coups, il faut intervenir sur le champ en les séparant et en leur disant que ce comportement n’est pas acceptable. Une fois que tout le monde s’est calmé, vous pouvez agir comme un médiateur pour qu’ils comprennent qu’ils auraient pu régler leur chicane autrement.
  • Attendre son tour. Au début, votre enfant aura besoin de beaucoup d’aide. Au lieu de lui dire simplement « Attends! », mieux vaut lui préciser quand son tour viendra. Dire par exemple : « La prochaine, c’est la petite fille au manteau rouge, ensuite le garçon juste devant toi, après ce sera ton tour. » Vous pouvez aussi utiliser les jeux de société pour lui apprendre à attendre son tour, comme l’explique Catherine, la maman d’Émilie. « Comme elle est enfant unique, il est tentant de la faire jouer la première. Mais parfois, nous la faisons commencer après nous pour qu’elle apprenne qu’elle ne peut pas toujours commencer. »
  • Écouter l’autre. Il est important d’expliquer à votre enfant que lorsqu’une personne parle, on la regarde dans les yeux, on l’écoute avec ses oreilles et on ne parle pas en même temps qu’elle. L’idéal est de répéter cette phrase souvent et surtout de féliciter votre tout-petit quand il écoute quelqu’un avec attention. Vous gagnerez à bien l’écouter vous aussi pour donner l’exemple.
  • Partager. Il faut du temps pour apprendre à partager. Vers 2 ans, votre enfant accepte plus volontiers d’échanger un jouet contre un autre plutôt que de simplement prêter le sien. À 3 ans, il est plus ouvert au partage, mais c’est encore difficile. Il est conseillé de ne pas obliger votre tout-petit à partager un objet auquel il tient particulièrement ni de le punir quand il ne partage pas, car cela peut l’amener à s’accrocher encore plus à ses choses. Mieux vaut lui dire « Tu prêteras ton ourson à ton ami quand tu seras prêt ou quand tu auras envie de jouer avec autre chose. » Si votre enfant voit que vous respectez son choix, il sera plus ouvert à partager. Vous pouvez aussi lui suggérer de prêter un autre objet. « Quand il partage, faites-lui remarquer combien son ami est content qu’il lui prête son camion, suggère Claire Gascon Giard. Les félicitations l’encouragent à recommencer. » Plus votre tout-petit jouera avec d’autres enfants, plus il apprendra à partager.
  • Trouver des solutions. Il est recommandé de laisser votre enfant trouver des solutions à ses petites difficultés. Pour l’habituer, vous pouvez l’inviter à se mettre à la place des personnages d’un livre ou d’une émission. Lui demander par exemple : « Que ferais-tu pour régler ce problème ? La petite fille pourrait-elle s’y prendre autrement ? » Quand des problèmes se présentent dans ses jeux, lui demander de les décrire, puis l’encourager à trouver des solutions en lui proposant des pistes au besoin.
L’enfant qui ne va pas au service de garde est-il moins habile socialement?
« Les tout-petits qui restent à la maison peuvent développer de bonnes habiletés sociales avec leurs parents de même qu’avec leurs frères et soeurs, dit Lise Lemay, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM. Mais il est bon de leur offrir des occasions de s’amuser et de rencontrer d’autres enfants en les emmenant au parc, à la halte-garderie ou aux activités de la bibliothèque. Cela leur permet d’apprendre à s’adapter au fonctionnement d’un groupe. »
D’autre part, les enfants qui reçoivent peu de stimulation dans leur famille, qui ont des comportements difficiles ou dont les parents vivent du stress ou d’autres problèmes gagnent à fréquenter un service de garde. Dans leur cas, cela peut avoir des bienfaits pour le développement de leurs habiletés sociales.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, janvier-février 2015
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Sylvain Coutu, professeur au département de psychoéducation et de psychologie, UQO

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