La jalousie

La jalousie
Au début, l’aîné est souvent content d’accueillir un petit frère ou une petite sœur. C’est quand celui-ci grandit que les choses se gâtent parfois

Au début, l’aîné est souvent content d’accueillir un petit frère ou une petite sœur. C’est quand celui-ci grandit que les choses se gâtent parfois. Le grand peut alors avoir une réaction de rejet en observant que ses parents passent beaucoup plus de temps avec le bébé qu’avec lui. Et lorsqu’il commence à crier, à ramper et à lui prendre ses jouets, son hostilité à l’égard de « l’intrus » ne fait qu’empirer. Parfois au point de régresser en redevenant le « tout-petit » qu’il a été (il fait pipi dans sa culotte, demande à porter des couches ou suce son pouce), en désobéissant ou en faisant des bêtises pour tenter d’attirer l’attention.

« Il est naturel que l’aîné éprouve de la jalousie, indique Michèle Lambin. Le meilleur moyen de le rassurer et d’apaiser ce sentiment consiste à lui témoigner votre amour en lui parlant et en prenant le temps de faire des activités avec lui, comme raconter une histoire ou dessiner. Vous pouvez aussi lui expliquer pourquoi vous le délaissez un peu, que le bébé est encore fragile et qu’il a besoin de soins particuliers, tout comme lui quand il était petit. » Une bonne idée : ressortir les albums photo de lui bébé et les regarder avec lui pour qu’il prenne conscience que lui aussi a bénéficié de tous ces soins et attentions…

À moins qu’il se montre agressif ou violent, mieux vaut éviter de chicaner votre aîné ou l’empêcher d’exprimer son malaise. Cela ne ferait qu’aggraver la situation et il se sentirait victime d’une injustice. Il est donc important d’aider l’enfant à nommer ses émotions : « Tu trouves que je passe beaucoup de temps avec ton petit frère; tu aimerais toi aussi être un bébé pour que je prenne soin de toi. » Si votre aîné sent que vous comprenez ses émotions, cela diminuera ses réactions négatives vis-à-vis du bébé.

L’égalité à tout prix?

Autre cause fréquente de jalousie : l’attitude des parents lorsqu’ils comparent leurs enfants entre eux ou qu’ils donnent l’impression d’en préférer un. Ainsi, toute remarque du genre « Tu devrais faire comme ta soeur ou ton frère » est à éviter. Ce genre de phrase peut en effet vexer votre enfant, voire le blesser. Il est essentiel qu’il se sente aimé et apprécié tel qu’il est.

Cela dit, agir de manière différente avec chacun est normal, puisque vos enfants n’ont ni le même tempérament ni les mêmes besoins. « Beaucoup de parents se disent : “Puisque je les aime tous de la même façon, je les traite aussi de la même façon.” L’intention est bonne, mais c’est le plus sûr moyen d’encourager les rivalités et les jalousies! Mieux vaut donner à chacun selon ses besoins spécifiques, son âge et son niveau de développement », explique Michèle Lambin

« J’essaie de leur donner à tous les deux autant d’attention et d’amour. Mais c’est sûr qu’un nouveau-né, c’est très demandant. Je saisis tous les moments pour montrer à ma grande que je l’aime autant qu’avant. »

Marie-Ève Chrétien, mère de Lucas, 2 mois, et de Maélie, 4 ans

« Traiter vos enfants différemment ne veut pas dire que vous en aimez un plus que l’autre, insiste Nadia Gagnier. Au contraire, vous montrez à chacun qu’il est unique et que vous en tenez compte. »

Mieux vaut éviter de...
  • 1. Les comparer. Dire à l’aîné que sa petite sœur est plus sage, par exemple, ne fera qu’aggraver leur rivalité. Vous gagnerez à valoriser les forces et les qualités de chaque enfant pour répondre à leur besoin de reconnaissance.
  • 2. Prendre parti. En cas de chicane, ne pas prendre parti pour l’un ou pour l’autre si vous ignorez ce qui s’est passé. Mieux vaut leur montrer comment gérer leurs conflits tout seuls. Donnez l’exemple : s’ils vous voient résoudre les problèmes en douceur, ils voudront vous imiter. Parfois, un peu d’humour permet aussi de faire baisser la tension, et même d’éviter la bagarre!
  • 3. Forcer l’amour fraternel. Un enfant a le droit d’être irrité par son frère ou par sa sœur. Si vous le forcez à masquer ce sentiment en insistant pour qu’il l’aime, il risque de finir par éprouver de l’animosité à son égard. Mieux vaut apprendre à vos enfants à jouer ensemble, à se parler et à découvrir leurs différences, afin qu’ils puissent les surmonter.
  • 4. Trop en demander à l’aîné. Lui imposer d’être toujours « raisonnable » ou de « donner l’exemple » peut l’amener à en vouloir à son petit frère ou sa petite sœur. N’oubliez pas qu’il s’agit encore d’un enfant!

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mars 2014
Recherche et rédaction : Rémi Maillard
Révision scientifique : Solène Bourque, psychoéducatrice

Crédit photo : Maxim Morin

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