Y a-t-il un écart d'âge idéal?

Y a-t-il un écart d'âge idéal?
2 ans, 3 ans ou plus? Y a-t-il un écart d’âge idéal entre frères et soeurs?
La plupart des experts sont d’accord: l’écart d’âge idéal entre frère et sœur n’existe pas. C’est plutôt le tempérament des enfants, l’histoire familiale et l’ordre dans lequel chaque enfant arrive (aîné, cadet ou petit dernier) qui ont un effet sur les relations fraternelles.

L’intervalle qui sépare deux enfants influence néanmoins leur comportement. Plus un frère et une sœur sont proches en âge, plus ils risquent de se chamailler et de vivre dans un climat de rivalité. Par contre, si l’écart entre eux est très important, ils vivront moins de choses en commun durant l’enfance. Le juste milieu? Pour certains, une différence de 2 à 3 ans favorise la complicité. D’autres estiment que laisser passer de 3 à 5 ans entre chaque enfant permet d’accorder une attention exclusive à chaque enfant plus longtemps. Conclusion: chaque écart d’âge a ses avantages et ses inconvénients. Le bon intervalle est celui que les parents choisissent en décidant d’avoir un autre enfant.

En 2011, 47 % des familles québécoises ne comptaient qu’un seul enfant; 38 % en avaient deux et 15 % en avaient trois ou plus.

Reste à savoir qui a la « meilleure place ». Est-ce le plus âgé, car lui seul a été unique? Ou le petit dernier que l’on protège et à qui on pardonne plus facilement? Études et spécialistes se contredisent sur le sujet. Pour Nadia Gagnier, aucune place n’est plus enviable l’une que l’autre, car chacune possède sa propre dynamique. Elle reconnaît toutefois que le cadet peut avoir plus de mal à s’imposer, surtout si les parents décident d’avoir un troisième enfant. Il se retrouve alors coincé entre l’aîné « qui a droit à tout » et le petit dernier, surprotégé et bien décidé à défendre sa position de chouchou…

La réaction des frères et sœurs
Certains spécialistes affirment qu’une fille aurait plus de mal à accepter l’arrivée d’une autre « rivale » vis-à-vis de son père, tandis que deux garçons seraient davantage en compétition pour l’amour de leur mère.

Dans une étude publiée en 2011, la chercheuse Jennifer Jenkins, professeure au département de psychologie de l’Université de Toronto, confirme que les rapports entre deux sœurs sont plus difficiles que les autres. À l’opposé, les relations entre un frère et une sœur sont les plus harmonieuses, et celles entre frères se situent au milieu.

Pour le Dr Maziade, il est cependant impossible de dire s’il est plus facile d’avoir deux garçons ou deux filles. En effet, d’autres facteurs que le sexe des enfants influencent la relation fraternelle, notamment l’écart d’âge, la façon dont les parents traitent chaque enfant et leur tempérament, nuance-t-il. « Si les enfants sentent que leurs parents sont heureux d’être ensemble, ils auront tendance à l’être aussi, quel que soit leur sexe! », conclut Michèle Lambin.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mars 2014
Recherche et rédaction : Rémi Maillard
Révision scientifique : Solène Bourque, psychoéducatrice

Crédit photo : Jessika Robert, Mimosa Photographie

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