Grossesse et santé mentale

Grossesse et santé mentale
Environ une personne sur cinq souffrira d’une maladie mentale au cours de sa vie. La dépression et les troubles anxieux (anxiété généralisée, trouble panique, phobie, trouble obsessionnel compulsif, stress post-traumatique) sont les troubles mentaux les plus courants.

La grossesse augmente-t-elle le risque de faire une dépression?

Dans la plupart des cas, non. Environ 10 % des femmes enceintes souffrent d’une dépression, ce qui est le même taux que dans la population féminine en général, affirme la Dre Marie-Josée Poulin, chef du programme de psychiatrie périnatale de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec. Toutefois, les femmes ayant déjà fait une dépression par le passé, ainsi que celles qui sont sensibles aux variations hormonales sont plus à risque. « Certaines femmes peuvent faire une dépression pendant le premier trimestre de la grossesse, au moment où le taux de progestérone augmente rapidement », indique la psychiatre. Les futurs pères doivent également être attentifs à leur santé mentale pendant la grossesse, car eux aussi sont sujets à la dépression.

Quand une maman souffre d’anorexie ou de boulimie, y a-t-il des dangers pour elle et son enfant?

Les troubles alimentaires entraînent un risque plus grand d’hypertension de grossesse, de fausse couche, d’accouchement prématuré et de malformations à la naissance. De plus, le bébé d’une mère anorexique ou boulimique risque de souffrir de malnutrition et de naître avec un faible poids, ce qui l’expose à divers problèmes de santé, à des retards de développement et à des problèmes de comportement.

« L’enfant d’une mère anorexique ou boulimique est souvent moins tolérant au stress, dit le psychologue Howard Steiger, chef du programme des troubles de l’alimentation de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. Il est aussi plus à risque de souffrir d’un trouble alimentaire plus tard ou d’autres problèmes de santé mentale, comme la dépression et l’anxiété. »

Puis-je prendre des antidépresseurs pendant ma grossesse et l’allaitement?

« Comme les symptômes de l’anxiété et de la dépression ainsi que leur gravité varient selon les personnes, chaque cas est unique », affirme la Dre Marie-Josée Poulin. Certaines femmes vont mieux grâce à la psychothérapie et à l’exercice, mais d’autres ont besoin d’antidépresseurs pour se sentir bien. De façon générale, la prise d’antidépresseurs ne présente pas de risques pour le foetus. Votre médecin pourrait cependant changer vos médicaments vers la fin de votre grossesse, car certains antidépresseurs peuvent causer des difficultés temporaires au bébé à la naissance. Par ailleurs, le bébé absorbe de petites quantités d’antidépresseurs pendant l’allaitement. C’est habituellement sans danger, mais il se peut que votre médecin vous prescrive un antidépresseur qui s’élimine plus vite de l’organisme.

Je souffre de maladie bipolaire. Pourquoi dois-je consulter mon médecin avant de tomber enceinte?

Vous devriez consulter parce qu’il est essentiel de revoir votre médication. En effet, certains des médicaments utilisés pour traiter la maladie bipolaire (maniaco-dépression) entraînent un risque de malformations pour le bébé. Un suivi en psychiatrie est aussi recommandé pendant toute votre grossesse et quelques semaines après l’accouchement. « La grossesse augmente le risque de rechute de la maladie bipolaire, souligne la psychiatre spécialisée en périnatalité, Marie-Josée Poulin. De plus, les femmes bipolaires sont beaucoup plus à risque de faire une dépression postpartum et même une psychose postpartum, un problème très grave. »
 

Où consulter?
Si votre santé mentale ou celle d’un proche vous inquiète, adressez-vous à votre médecin de famille, à une clinique, à votre CLSC ou à votre programme d’aide aux employés. La situation sera évaluée et vous pourriez recevoir certains soins. Si nécessaire, vous serez ensuite dirigé vers un service spécialisé en santé mentale. Vous pouvez aussi appeler la ligne Info-Social 811. Un intervenant psychosocial pourra répondre à vos préoccupations et vous orienter vers d’autres ressources au besoin. Des groupes de soutien peuvent aussi vous aider.

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mai-juin 2016
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Dre Lorraine Boucher, psychiatre-consultante, CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Photo: iStock.com/Johannes Norpoth

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