Avoir peur du jugement

Avoir peur du jugement
Il est vrai qu’on se sent parfois atteint par le jugement ou les critiques que les autres portent sur nos attitudes parentales, nos choix de vie ou le comportement de nos tout-petits.

« À la naissance de mon premier fils, j’avais une amie qui me donnait plein de conseils en matière d’éducation des enfants. Cela me mettait beaucoup de pression, raconte Geneviève, maman de Jacob, 9 ans, Elliot, 4 ans, et Raphaël, 2 ans. J’avais peur qu’elle pense que j’étais une mauvaise maman si je ne réussissais pas à tout faire comme elle. »

Karina, pour sa part, travaille de longues heures. Son conjoint, qui a un travail moins prenant, s’occupe à merveille de leur fille de 5 ans, Rafaëlle. Même si elle assume son choix, la jeune mère vit toutefois difficilement le jugement des autres. « On me dit des choses comme : “Quand ta fille aura des devoirs, que feras-tu?” Ou : “Tu n’es jamais avec ta fille pour le souper?” Mes collègues masculins n’ont jamais ce genre de commentaires! »

Des parents témoignent de leurs sentiments face au regard des autres.

Il est vrai qu’on se sent parfois atteint par le jugement ou les critiques que les autres portent sur nos attitudes parentales, nos choix de vie ou le comportement de nos tout-petits. Pour Geneviève Henry, difficile d’y échapper complètement. « Votre façon d’agir comme parent ne peut pas toujours faire l’unanimité. Devant une même situation, certains feraient la même chose que vous, d’autres le contraire. »

Si vous craignez constamment d’être jugé, vous aurez toutefois plus de difficulté à vous épanouir dans votre rôle de parent et à prendre les décisions qui conviennent à votre famille. Geneviève l’a compris avec l’arrivée de son deuxième fils. « J’ai enfin pris confiance en moi et j’ai déterminé moi-même quel genre de maman je souhaitais être. Tant que mes enfants ont de l’amour, de la sécurité, un bon encadrement et qu’ils ne manquent de rien, tout va bien! » Mieux vaut donc agir selon vos valeurs et ce que vous croyez être le mieux pour votre enfant, sans vous laisser influencer par le regard des autres.

Des pistes pour cesser d’avoir peur de ce que les autres vont penser :
  • Recadrer vos pensées. Parfois, les gens portent réellement un jugement négatif sur nous, mais parfois aussi c’est le fruit de notre imagination. Pourquoi ne pas prendre l’habitude de vous demander si vos pensées sont fondées sur des faits? Une personne vous a-t-elle fait un commentaire? Si la réponse est non, vous pourriez vous poser les questions suivantes : « Quand les autres voient mon fils faire une crise, est-ce qu’ils pensent vraiment des choses négatives sur moi? Et si oui, est-ce si dramatique? »
  • Vous rappeler que c’est vous qui connaissez le mieux votre enfant. Vous êtes le mieux placé pour prendre les décisions qui le concernent. Évidemment, il est bon de s’informer et de prendre conseil sur les soins et l’encadrement à donner, mais au final, les décisions vous reviennent.
  • Voir les critiques comme des occasions d’apprentissage. Vous aurez avantage à ne pas toujours considérer les critiques comme des attaques personnelles, selon le psychologue Nicolas Chevrier. « Parfois, elles peuvent réellement vous aider à vous améliorer. Si vous faites preuve d’ouverture, vous pouvez bénéficier de l’expérience des autres. »
  • Vous éloigner des personnes médisantes. Si quelqu’un porte des jugements sur vos compétences parentales sans rien apporter de constructif, il peut être sain de prendre vos distances. Même chose en ce qui concerne les médias sociaux. Dans certains forums de discussions, les parents ont le jugement facile. Pourquoi continuer à les fréquenter?

Plus heureux, les pères?

Les pères ont-ils le bonheur plus facile que les mères? Oui, selon une étude de l’Université de la Colombie-Britannique et de deux universités américaines publiée en 2012. Les pères seraient aussi plus heureux que les hommes sans enfants.

Il est souhaitable d’avoir des attentes réalistes par rapport à votre rôle de parent.

Cette idée ne fait cependant pas l’unanimité. « Dans ma pratique, je vois autant d’hommes que de femmes qui se mettent de la pression ou qui sont anxieux quant à leurs compétences parentales », dit le psychologue Nicolas Chevrier. Selon lui, c’est davantage une question de personnalité que de sexe.

Chez les femmes toutefois, les chercheurs ont remarqué qu’avoir ou non des enfants ne ferait aucune différence. Ce serait parce que les mères assument plus de responsabilités et font plus de corvées que les pères. Le débat est ouvert.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, avril 2014
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Sylvain Coutu, professeur au département de psychoéducation et de psychologie, UQO

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