Les grandes étapes

Les grandes étapes
La sexualité fait partie du développement d’un enfant. En grandissant, votre tout-petit passera par plusieurs étapes… toutes marquées par la curiosité et l’exploration.

La sexualité fait partie du développement d’un enfant. En grandissant, votre tout-petit passera par plusieurs étapes… toutes marquées par la curiosité et l’exploration.

Quand on parle d’éveil à la sexualité des enfants, il est important de mettre de côté ce qu’on sait de la sexualité des adultes. Chez l’enfant, la sexualité est vue au sens large. Connaître son corps, découvrir les différences entre les filles et les garçons, former son identité sexuelle, apprendre la pudeur et l’intimité, apprendre à respecter son corps, expérimenter les premiers plaisirs : tout cela en fait partie.

Les sensations physiques et la phase orale

Le développement psychosexuel commence dès la naissance. Bébé apprécie les sensations qu’il ressent lorsque ses parents le prennent dans leurs bras. Il aime être cajolé, bercé, massé. « Ces contacts affectueux le rassurent. Il comprend qu’il n’est pas seul et cela favorise son attachement à ses parents, dit Mélanie Guérard, sexologue à la Clinique multidisciplinaire pour le développement de l’enfant. Cela donne à l’enfant de bonnes bases pour avoir des relations affectives et amoureuses positives plus tard. »

Pendant sa première année de vie, bébé met tout dans sa bouche. C’est la phase orale. Il passe beaucoup de temps à téter pour se nourrir, mais aussi parce que c’est agréable et relaxant. Le sein de maman, le pouce ou une oreille de toutou peuvent être apaisants pour lui. Il explore aussi le monde avec sa bouche. « Quand je prends mon fils par les mains pour le mettre debout, il penche la tête pour mettre mon pouce dans sa bouche, raconte Robert, papa de Leonard, 5 mois. Il a même déjà essayé de mettre le menton de sa mère dans sa bouche. »

La recherche du plaisir

Vers 8 mois à 12 mois, il est possible que l’enfant découvre que toucher son sexe ou le frotter contre un toutou ou un autre objet lui procure du plaisir. Cette autostimulation est normale et peut se poursuivre tout au long de la petite enfance.

« De nombreux parents me disent que leur fille aime se frotter contre la courroie de sa chaise haute », constate la sexologue Jocelyne Robert. Elle conseille de ne pas accorder trop d’attention à ce comportement qui n’est pas vraiment de la masturbation au sens adulte. Le plaisir n’est d’ailleurs pas la première motivation de l’enfant. Il cherche avant tout à découvrir son corps et à s’apaiser. D’ailleurs, beaucoup d’enfants se caressent pour s’endormir. D’autres le font pour se calmer quand ils sont anxieux. D’autres encore posent ce geste sans y penser quand ils sont concentrés ou lorsqu’ils regardent la télévision, par exemple.

Si votre enfant est encore un bébé et qu’il se touche en présence d’autres personnes (dans le salon, par exemple), vous pouvez simplement diriger son attention vers autre chose. Au fur et à mesure que l’enfant vieillit, vous pouvez lui expliquer que cette activité se fait en privé. « Il faut éviter de le chicaner, de lui dire que c’est sale ou qu’il ne doit pas se toucher », affirme Frédérique Saint-Pierre, psychologue au CHU Sainte-Justine. Sinon, il pourrait se sentir coupable de ressentir du plaisir. « Cela pourrait aussi affecter sa sexualité plus tard », ajoute-t-elle.

La phase anale

Entre 15 mois et 3 ans, l’enfant passe par la phase anale. Il est peu à peu capable de se retenir pour faire pipi ou caca. Il ressent de nouvelles sensations. Il réalise aussi qu’il a un certain pouvoir sur son corps. Vous gagnerez à ne pas mettre de pression sur votre enfant pour qu’il soit propre. Cela aidera son apprentissage de la propreté.

« L’enfant peut décider de faire plaisir à ses parents ou de s’opposer, explique Frédérique Saint-Pierre. Il démontre ainsi son désir de s’affirmer. » Cela lui sera utile plus tard dans ses relations avec les autres. La capacité de dire non est aussi importante pour prévenir les abus sexuels.

Je suis une fille, tu es un garçon

Autour de 2 ans à 3 ans, les enfants commencent à s’intéresser à leur corps et à celui des autres. Les garçons voient qu’ils ne sont pas faits comme leur soeur. Les filles remarquent qu’elles sont différentes de leur père. « Le tout-petit comprend qu’il y a deux sexes et il commence à s’identifier à l’un d’eux », dit la sexologue Mélanie Guérard. Par exemple, alors qu’il prenait son bain avec ses soeurs, Derek, 3 ans, a dit à sa maman : « Rafaell et Lexie ont une vulve. Moi, j’ai un pénis comme papa. Et grand-papa aussi en a un parce que c’est un gars. »

Les comportements sexuels de l’enfant sont normaux. Ils sont guidés par la curiosité et le besoin d’explorer.

Comme il est curieux, l’enfant veut voir et parfois toucher le corps des autres. « Quand c’est arrivé avec Derek, je lui ai dit qu’il pouvait toucher ses parties intimes à lui, mais pas celles de ses soeurs, raconte Kelly, sa maman. Après le bain, on a regardé un livre pour enfants qui montre à quoi ressemblent les parties génitales. »

Vers 3 ans, l’enfant commence à se poser des questions sur l’origine des bébés. Il commence aussi à jouer à faire semblant. En jouant à être un papa, une maman, une princesse ou un prince, l’enfant essaie différents rôles sexuels. Ces jeux l’aident à comprendre à quel sexe il appartient.

Le complexe d’OEdipe

Autour de 3 ans à 4 ans, l’enfant renforce son identité de garçon ou de fille. Il peut alors chercher à se rapprocher de son parent du sexe opposé et rejeter le parent du même sexe que lui. Cette étape s’appelle le complexe d’OEdipe et les enfants le vivent avec plus ou moins d’intensité. Ainsi, une petite fille pourrait essayer de se rapprocher de son papa en lui disant qu’elle l’aime, et un petit garçon pourrait vouloir se rapprocher de sa maman en lui disant qu’il veut se marier avec elle. L’enfant peut aussi se mettre à s’opposer plus souvent à l’autre parent. Rappelez-vous qu’il s’agit d’une étape normale du développement de votre enfant et qu’il aime toujours ses deux parents. Cela finira par passer!

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, avril 2017
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Geneviève Parent, sexologue, psychothérapeute et conseillère parentale

 

Photo : Maxim Morin

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