Y a-t-il une crise des 3 ans et des 4 ans?

Y a-t-il une crise des 3 ans et des 4 ans?
À cet âge, l’enfant s’oppose un peu moins, mais il continue à vouloir s’affirmer.

À cet âge, l’enfant s’oppose un peu moins, mais il continue à vouloir s’affirmer. Il réclame de plus en plus d’autonomie et il cherche à comprendre le pourquoi des choses.

Autour de 4 ans, certains enfants ont une sorte de « petite crise d’adolescence ». Cette phase de développement n’est pas toujours expliquée dans les livres de psychologie, même si plusieurs parents en parlent. Ils notent, entre autres, que leur enfant veut toujours négocier, dit des paroles blessantes et teste les limites.

Annie et Francis, parents de Charlie, 4 ans, le savent bien. « Notre fille nous tient tête, elle argumente, elle repousse les limites. Et quand elle est fâchée, elle claque la porte de sa chambre, comme une ado! »

À 3 ans et 4 ans, votre enfant a toujours besoin de votre aide pour apprendre à s’affirmer, à suivre les règles et à gérer ses émotions.

Voici des pistes pour vous aider dans votre rôle avec votre enfant de 3 ans ou 4 ans.

Il veut tout

Isabelle Filliozat, psychologue et psychothérapeute, explique que « je veux » ne signifie pas forcément que l’enfant veut tout de suite l’objet en question. « L’enfant utilise le verbe vouloir pour toutes sortes d’autres verbes, comme penser, voir, aimer. De plus, il ne se situe pas encore dans le temps. En disant “je veux des bonbons”, il peut vouloir dire “je pense à des bonbons, j’aime les bonbons, j’en vois ou j’en ai mangé hier”. » Au lieu de répondre qu’il n’aura pas de bonbons, vous pouvez essayer des phrases comme : « Oui, tu as mangé des bonbons chez grand-maman hier », « Je sais que tu aimes les bonbons » ou « C’est vrai, il y a des bonbons près de la caisse. »

Il veut tout faire tout seul

Vous êtes parfois désemparé quand votre tout-petit fait une crise? Vous n’êtes pas seul!

Même si c’est plus long, il est important de guider votre enfant plutôt que de faire les choses à sa place. Vous pouvez lui poser des questions pour l’amener à réfléchir sur la façon de faire, partager la tâche avec lui, encourager ses efforts et lui confier de petites responsabilités. Une bonne idée : prévoir 10 minutes de plus pour la routine du matin et du soir.

Il ne suit pas les règles

Votre enfant a encore de la difficulté à résister à ses impulsions. Il a besoin de votre surveillance et de votre aide pour respecter les règles. Vous gagnerez à être constant dans leur application. Votre tout-petit aura plus tendance à désobéir si vous le laissez parfois faire.

Je suis à bout de nerfs!
Il est vrai que cette période peut être éprouvante. Toutefois, crier après votre enfant ou jeter des objets par terre ne fera que l’effrayer. Si vous êtes à bout de nerfs, le mieux c’est d’essayer de vous calmer en prenant de grandes respirations, en écoutant de la musique, en faisant de l’exercice ou toute autre activité qui vous fait du bien. Vous donnez ainsi un bon modèle à votre enfant en lui montrant qu’il y a des façons saines de gérer sa colère. Il est important toutefois de placer votre tout-petit en sécurité en demandant par exemple à une personne de confiance de prendre la relève.

Il négocie

Votre tout-petit agit ainsi pour obtenir ce qu’il veut, mais aussi pour mieux comprendre. « Sa logique est grandissante et il est à même de noter les contradictions et les injustices, dit Nicole Malenfant, professeure en éducation à l’enfance. Par exemple, il peut vous demander pourquoi il doit porter un chapeau au soleil alors que vous n’en portez pas. » Dans ce cas, il est préférable d’être honnête dans votre réponse. Dire, par exemple : « Ma peau est moins fragile que la tienne. Mais c’est vrai que je devrais mieux me protéger du soleil. » Par contre, si votre enfant négocie pour retarder l’heure du dodo ou pour avoir un troisième biscuit, il vaut mieux éviter de discuter avec lui. Vous pouvez reconnaître son désir. Dire : « Je sais que tu aimes les biscuits, mais deux, c’est assez. » S’il continue à négocier, vous pouvez simplement lui dire : « La discussion est finie. C’est moi le parent et là-dessus, c’est moi qui décide. »

Pour en savoir plus, consultez notre fiche sur les crises de colère.

 

Naître et grandir

Source : magazine Naître et grandir, mai-juin 2015
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Julie Brousseau, psychologue au Centre de réadaptation Marie-Enfant du CHU Sainte-Justine

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