Comment réagir ?

Comment réagir ?
Protestations, crises, refus… Voyez comment prévenir ou réduire les comportements difficiles d’un enfant de deux ans.

Protestations, crises, refus… le quotidien n’est pas de tout repos avec un enfant de 2 ans! Heureusement, il y a moyen de prévenir ou de réduire les comportements difficiles.

Votre enfant s’affirme et c’est très bien. Mais vous devez l’encadrer et mettre des limites tout en lui donnant du contrôle sur certains aspects. « Il faut choisir ses batailles avec les 2 ans, affirme France Capuano, professeure au Département d’éducation et de formation spécialisées de l’Université du Québec à Montréal. Par exemple, l’heure du dodo est non négociable. Mais est-ce bien grave si votre enfant préfère son pyjama bleu plutôt que le rouge? »

Si votre tout-petit s’oppose, c’est qu’il cherche à décider par lui-même. Ainsi, si vous le laissez prendre de petites décisions, il s’opposera moins. « Si vous lui dites de mettre ses souliers, il refuse. Mais si vous lui demandez par quel pied il veut commencer, il devient tout content », donne en exemple Isabelle Filliozat, psychologue et psychothérapeute.

Offrir des choix donne un peu de pouvoir à votre enfant, diminue son opposition et permet de ne pas être toujours en confrontation avec lui.

Rien de bien compliqué, comme en témoigne Virginie, maman de Mérédith, presque 3 ans. « Au repas ou à la collation, elle choisit le fruit qu’elle veut manger. Je la laisse aussi choisir ce qu’elle veut porter parmi quelques vêtements. Quand elle peut décider, elle se sent grande. »

Par ailleurs, quand vous mettez des limites, il faut tenir compte des capacités de votre enfant. Par exemple, ne pas toucher à certaines choses fragiles est une règle difficile à respecter à 2 ans, car plusieurs enfants sont encore incapables de s’empêcher de faire ce qui est interdit. « Les plantes et les bibelots, c’est parfois préférable de les enlever, dit France Capuano. Mieux vaut sécuriser l’environnement que d’avoir des exigences trop élevées. »

Voici d’autres pistes pour intervenir devant certains comportements des enfants de 2 ans.

Il fait souvent des crises

Pour prévenir les crises dans les endroits publics, Isabelle Filliozat conseille de donner une petite tâche à votre enfant pour occuper son cerveau. Par exemple, à l’épicerie, lui demander de mettre des oranges dans un sac ou de vous montrer des objets de telle ou telle couleur. Ce truc peut être utile même à la maison. « Quand nous donnons aux jumeaux de petites tâches, comme mettre leurs vêtements dans le panier à linge sale, ils s’opposent moins et font moins de crises », dit Annie, maman d’Emy et de Zac, 2 ans, et de Charlie, 4 ans. Toutefois, si votre enfant fait une crise, il est important de ne pas lui donner ce qu’il veut. Sinon, il comprendra que piquer une colère est un bon moyen pour avoir ce qu’il désire. Vous pouvez essayer de le calmer en lui parlant, mais il n’est probablement pas en état de vous écouter. Il est préférable de garder votre calme, de rester près de lui pour ne pas qu’il se blesse et de le laisser crier. Quand la crise est finie, vous pouvez lui donner de l’affection et l’aider à parler de ce qui s’est passé.

Il n’écoute pas quand vous l’appelez

Une bonne technique consiste à vous approcher de votre enfant pour faire un contact visuel. Mieux encore, touchez son épaule ou posez votre main sur la sienne. « Quand plusieurs sens sont sollicités, le cerveau décode mieux le message », indique Nicole Malenfant, professeure en éducation à l’enfance au Cégep Édouard-Montpetit. Il n’écoute pas quand vous lui parlez? L’idéal est de fermer la télévision ou la musique, si vous êtes à la maison. Dans un lieu public, vous pouvez l’emmener dans un coin tranquille et vous baisser pour vous mettre à sa hauteur. Ensuite, demandez à votre enfant de vous regarder dans les yeux pendant que vous lui parlez. Pour vérifier s’il a bien compris, vous pouvez le faire répéter ou lui poser des questions.

Il tape ou il mord

C’est fréquent avant 3 ans, car l’enfant manque de mots pour dire ce qu’il ressent. De plus, il a du mal à contrôler ses émotions. L’idéal, c’est de lui montrer à exprimer ses besoins. Dire, par exemple : « Quand tu veux quelque chose, dis-le. Dis : « Je veux jouer avec la poupée ». Il faut demander avec des mots. » Ou « Quand tu te sens fâché, tu prends une grande respiration. Après, dis-le. Dis : « Je suis fâché. »

Il dit toujours non

C’est normal qu’il utilise ce petit mot : il l’entend tellement souvent! Pourquoi ne pas vous lancer le défi de le dire moins? Plutôt que d’interdire, donnez une consigne. La différence : l’interdit dit de ne pas faire quelque chose (ne cours pas) ; la consigne dit quoi faire (marche). « L’interdit dirige l’attention de l’enfant vers ce qu’il ne doit pas faire, ce qui peut justement lui donner le goût de le faire, souligne Isabelle Filliozat. De plus, son cerveau comprend encore mal la négation. Si on lui dit de ne pas toucher au four, il retient « touche four » et il peut se dépêcher d’y toucher pour vérifier ce qu’on attend vraiment de lui. La consigne est plus efficace, car elle décrit le comportement attendu. » Un autre truc : aider votre enfant à réfléchir. Dire, par exemple   « Il pleut. Mets-tu tes souliers ou tes bottes de pluie? » Il y a de bonnes chances que votre enfant vous donne la bonne réponse!

Il craint la nouveauté

Savoir ce qui s’en vient donne l’impression à votre enfant qu’il a un contrôle sur les événements. Pas étonnant qu’il aime la routine! Mais vous pouvez l’aider à faire face aux changements et aux nouvelles situations en le préparant. Décrire, par exemple, où vous allez, ce qui va se passer et qui sera présent. Il est préférable d’amener les changements petit à petit. Un objet de réconfort (doudou, toutou) peut aussi aider votre enfant à calmer son anxiété quand la routine change.

Il fait des bêtises

Bien sûr, il peut s’agir d’un accident. Si c’est le cas, vous pouvez lui montrer comment réparer sa bêtise, par exemple en lui demandant de vous aider à nettoyer son dégât. Vous lui donnez alors l’occasion de bien se comporter et de retrouver son estime de soi. Mais parfois, l’enfant fait des bêtises pour avoir de l’attention. « Si vous êtes occupé, vous pouvez lui dire que vous ferez telle ou telle activité avec lui quand vous aurez terminé votre tâche », dit Nicole Malenfant. Quand il sait qu’il a été entendu, l’enfant est capable d’attendre un peu. Elle suggère aussi de lui donner régulièrement de l’attention positive en le félicitant quand il se comporte bien, en jouant avec lui, en lui parlant, etc.

Il refuse de mettre fin à une activité amusante

Pour faciliter la situation, vous gagnerez à avertir votre tout-petit avec des indices qu’il comprend. Encore cinq minutes et tu te couches, c’est trop flou pour lui. Dire plutôt : « On lit une autre histoire et après on ferme la lumière pour le dodo » ou « Encore trois poussées dans la balançoire et après on rentre à la maison. » Mieux, lui proposer un choix : « Tu veux encore une ou deux poussées de balançoire? » Vous pouvez aussi reconnaître son désir. Dire : « Je sais que tu aimes jouer avec les blocs, mais maintenant c’est l’heure du bain. Tu pourras jouer aux blocs demain. » Un enfant qui se sent compris, collabore mieux.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mai-juin 2015
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Julie Brousseau, psychologue au Centre de réadaptation Marie-Enfant du CHU Sainte-Justine

Crédit photo : Maxim Morin