À chaque âge, ses jeux!

À chaque âge, ses jeux!
Les premiers jeux de bébé se font en solitaire. Mais au fur et à mesure que votre enfant grandit, sa manière de jouer change et se fait de plus en plus avec les autres

Les premiers jeux de bébé se font en solitaire. Mais au fur et à mesure que votre enfant grandit, sa manière de jouer change et se fait de plus en plus avec les autres.

Pendant sa première année, un bébé joue seul. Il découvre son corps et les objets qui l’entourent. Pour l’encourager, vous pouvez le déposer sur le sol et mettre autour de lui des objets de couleurs vives et faciles à saisir. « Ma fille de 4 mois prend des objets et les regarde de tous les côtés. Ça la fascine, dit Valérie Lamarche, maman de Jasmine. Elle peut aussi s’amuser seule quelques minutes sur son tapis d’exercices. » À cet âge, un enfant s’intéresse aussi beaucoup aux visages des personnes qui l’entourent, comme Jasmine qui rit aux éclats quand ses parents lui font des coucous et de drôles de mimiques. Vers 1 an, bébé aime de plus en plus regarder les autres enfants, mais il n’est pas encore prêt à jouer avec eux.

Jessy, 17 mois, adore regarder les enfants plus vieux. « Il les observe jouer avec beaucoup de curiosité, dit son papa, Alexandre Provost. J’ai même l’impression qu’il les envie! Par contre, il ne joue pas encore avec les autres enfants, même ceux de son âge. » C’est normal : entre 18 mois et 2 ans environ commence l’étape du jeu parallèle. Les tout-petits jouent à côté des autres enfants, mais de façon individuelle. Ils ont une pensée égocentrique et n’ont pas encore acquis les notions de propriété et de partage. Quand ils voient un objet qui les intéresse, ils vont le chercher sans se demander à qui il appartient. Vers 2 ans, les enfants savent mieux ce qui leur appartient… mais ils ont encore de la difficulté à partager parce qu’ils ont peur de ne pas pouvoir récupérer leur jouet.

Un enfant apprend peu à peu à jouer avec les autres.

Vers 3 ans, c’est le début du jeu en groupe. Les enfants commencent à s’amuser avec d’autres, mais ça ne dure jamais très longtemps et les conflits sont nombreux. De plus, ils préfèrent généralement avoir un seul compagnon de jeu, plutôt que plusieurs. Entre 4 ans et 5 ans, au fur et à mesure qu’ils développent leur langage, leurs connaissances et leurs habiletés sociales, les enfants jouent de plus en plus longtemps avec d’autres. C’est ce qu’a remarqué Valérie Dionne, maman de Gaël, 4 ans. « Mon fils a beaucoup changé en quelques mois. Maintenant, il partage plus facilement et il attend son tour sans protester. Le jeu avec d’autres est plus agréable. Et il est même capable de jouer à des jeux de société, avec notre aide, et de respecter des règles simples. »

JOUER AVEC LES AUTRES, ÇA S’APPREND!
Votre enfant ne veut pas partager ou attendre son tour? Il est peut-être tout simplement trop petit. Il faut faire preuve de patience. Un tout-petit de 2 ans, par exemple, n’a pas encore la maturité psychologique pour le faire. Au lieu de le forcer, vous pouvez lui proposer de prêter un jouet en échange d’un autre. L’échange est un premier pas vers le partage. Féliciter votre enfant quand il partage est un autre moyen de l’encourager.
Et s’il est mauvais perdant? « Il vaut mieux éviter de toujours le laisser gagner, dit Rolande Filion, psychopédagogue. Un enfant doit apprendre à bien se comporter quand il perd. Vous pouvez jouer avec lui à des jeux où seul le hasard compte, comme le jeu de bataille aux cartes. Tantôt, il gagnera, tantôt, il perdra. Cela va l’aider à mieux accepter les défaites. » Avec votre aide, votre enfant apprendra peu à peu les comportements acceptables ou non quand il joue avec d’autres.

À quoi on joue?

À mesure que votre enfant grandit, sa façon de jouer évolue et devient plus complexe. Il existe quatre grands types de jeux : les jeux d’exercice, les jeux symboliques, les jeux d’assemblage et les jeux de règles.

Quand il est bébé, l’enfant aime surtout bouger. Il s’intéresse d’abord à des jeux qui lui permettent de développer ses capacités physiques et de stimuler ses sens. Par exemple, il joue avec ses mains et ses pieds, il met des objets dans sa bouche, il joue avec un hochet, il s’amuse sur un tapis d’éveil, il joue avec un ballon ou avec des jouets à pousser et à tirer, etc. Plus tard, plusieurs autres jeux d’exercice feront partie de sa vie. Par exemple, faire du vélo, glisser, se balancer, sauter à la corde, jouer dans l’eau, pratiquer un sport, etc.

Vers 2 ans, le jeu symbolique apparaît. « L’enfant commence à jouer au papa et à la maman ou à préparer un repas pour ses toutous », donne en exemple la psychopédagogue Rolande Filion. Ainsi, l’enfant s’amuse à reproduire des gestes simples qu’il voit chaque jour, comme nourrir sa poupée ou bercer son toutou. À mesure qu’il grandit, il va inventer aussi des scénarios et des jeux de rôles. C’est le cas de Gaël, 4 ans. « Il se déguise comme son personnage favori et il invente toutes sortes d’aventures, raconte son papa, Jean-Éric Barabé. Souvent, il m’entraîne dans ses scénarios et il me dit de faire ceci ou cela. Il aime bien aussi créer des histoires avec des dinosaures, des camions et des figurines. » Le dessin, le bricolage, la pâte à modeler sont aussi des jeux symboliques.

Autour de 2 ½ ans, votre tout-petit est prêt pour les jeux d’assemblage comme les casse-têtes, les blocs et les jeux de construction. Il faut cependant vous assurer de lui proposer des jeux adaptés à son âge. Vous pouvez, par exemple, lui suggérer d’abord des casse-têtes en bois munis d’une petite tige avant de lui montrer des casse-têtes à deux ou quatre pièces. Enfin, vers 5 ans, il commence à s’intéresser à des jeux de règles, comme les jeux de cartes et les jeux de société, mais aussi à des jeux moteurs qui comportent des règles, comme la tague et les sports d’équipe.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, décembre 2015
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Sarah Landry, professeure au département de psychopédagogie et d’andragogie de l’Université de Montréal

*En bas : Damien et Thomas-Olivier, CPE L’Ours, la fouine et le lion, Beloeil. | Photo : Maxim Morin

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