Comment l’accompagner?

Comment l’accompagner?
Guider votre enfant vers l’autonomie implique aussi d’accepter les petites erreurs, les dégâts, les maladresses.
  • Accepter qu’il grandisse. Normal d’avoir un pincement au cœur à l’idée que votre enfant n’est plus un bébé. Mais mieux vaut éviter de continuer à le traiter en bébé, en l’ayant toujours dans les bras, par exemple. « Sinon, vous risquez de l’empêcher de faire des apprentissages », met en garde Nicole Malenfant, professeure en éducation à l’enfance au Cégep Édouard-Montpetit et auteure de livres sur la petite enfance.
  • Respecter son rythme. Peut-il manger seul? Comment savoir s’il est prêt à apprendre à lacer ses souliers? Le mieux, c’est d’être attentif aux signaux que votre enfant vous envoie. « Si bébé se trémousse dans vos bras, il souhaite peut-être que vous le déposiez par terre pour se déplacer par lui-même, donne en exemple Nicole Malenfant. S’il agrippe la cuillère quand vous le faites manger, il a peut-être envie de la porter lui-même à sa bouche. » Quand il est prêt, l’enfant vous montre habituellement qu’il est motivé à essayer. Respecter son rythme implique aussi de choisir les meilleurs moments pour les nouveaux apprentissages. Par exemple, si votre enfant de 2 ans est exténué après une journée à son milieu de garde et qu’il n’arrive pas à mettre lui-même son pyjama, il est préférable de ne pas insister. « Les apprentissages se font toujours mieux quand l’enfant et le parent sont calmes tous les deux », rappelle Nicole Malenfant.
  • Accepter que ce soit long… et pas toujours parfait. Souvent, on fait les choses sans se poser de questions, par exemple, en prenant toujours dans nos bras notre fille de 2 ans pour monter et descendre l’escalier. Il est pourtant important d’expliquer, de montrer les gestes, puis de laisser faire l’enfant en demeurant à proximité pour l’aider en cas de besoin. Cela évitera de le maintenir dans un état de dépendance. Bien sûr, c’est plus long (un truc : prévoyez toujours 10 minutes de plus à votre horaire). « Mais ce temps consacré à rendre votre enfant autonome, vous le reprendrez plus tard, quand il fera plus de choses seul », soutient Nadia Gagnier. Il est sage aussi de lâcher prise sur la perfection. « Quand mon fils de 3 ans s’habille seul, les couleurs ne vont pas toujours ensemble, mais je le laisse faire », dit Cassandra.
  • Guider votre enfant vers l’autonomie implique aussi d’accepter les petites erreurs, les dégâts, les maladresses. S’il renverse du lait en remplissant son verre, essayez de retenir votre mouvement d’humeur. Au lieu de le gronder, proposez-lui de vous aider à nettoyer. Il est important de ne pas en faire une punition, mais plutôt un geste normal à la suite d’un dégât. Il fera ainsi un autre pas vers l’autonomie.
Des parents témoignent de la quête d’autonomie de leur enfant.
  • Guider votre enfant et proposer votre aide plutôt que de faire à sa place. Si votre enfant a de la difficulté à s’habiller et que vous le faites pour lui, vous lui enlevez l’envie d’essayer la prochaine fois. La meilleure attitude consiste à lui proposer de l’aide pour ensuite le guider. « Offrir de l’aide à l’enfant qui essaie de mettre son manteau à l’envers, ce n’est pas de retourner le manteau et le lui enfiler, avertit Sylvie Provencher. C’est plutôt de lui poser des questions pour l’inciter à réfléchir à la façon de faire. » Par exemple : « As-tu besoin d’aide? Où sont les manches? Les manches doivent-elles être en bas? », etc. Une autre tactique est de vous partager la tâche : « Essaie de mettre une botte, je vais t’aider pour l’autre », « Nous allons ranger les jouets ensemble », « Je tiens ta mitaine, mets ta main dedans et pousse fort. »
  • Par contre, si vous êtes déjà très en retard, ce n’est pas la fin du monde si vous l’habillez vous-même un matin. Vous vous reprendrez le lendemain. L’important, c’est qu’il ait le plus d’occasions possible d’exercer ses nouvelles habiletés.
  • L’inciter à trouver des solutions. Quand votre enfant a un petit problème, vous pouvez l’encourager à le résoudre lui-même. Vous lui passez ainsi le message que vous avez confiance en ses capacités. Votre fille de 4 ans est fâchée parce qu’elle ne trouve pas sa deuxième chaussure? Montrez-lui comment on cherche un objet en la questionnant : « Où pourrait-elle bien se cacher? Où l’as-tu vue pour la dernière fois? As-tu bien regardé partout dans ta chambre? », etc. Pour motiver son fils Loïk, 4 ans, à trouver une solution, Sophie utilise un autre truc. « Je lui demande ce que son super-héros favori ferait dans telle ou telle situation. Ça marche toujours! »
  • Éviter d’intervenir systématiquement dans les conflits entre enfants (sauf s’ils en viennent aux coups) et, surtout, de prendre parti pour l’un ou pour l’autre. Demandez plutôt aux enfants ce qu’ils pourraient faire pour régler leur problème. S’ils ne savent pas quoi répondre, il est bon de proposer une solution sans l’imposer : « Peut-être que…Vous pourriez essayer telle chose. »
  • Offrir des choix. Cela permettra à votre tout-petit d’apprendre à prendre des décisions et de satisfaire son besoin d’autonomie tout en ayant un certain pouvoir sur ce qui lui arrive. Cette stratégie est particulièrement payante vers 2 ans (le fameux terrible two), lorsque l’enfant est en quête d’autonomie et souvent, par la même occasion, en pleine crise d’opposition. Lui offrir des choix aura comme effet bénéfique de diminuer son opposition. Mais attention : offrez-lui seulement deux ou trois choix (« ton chandail bleu ou ton chandail vert? »), sinon vous y passerez la journée.
  • Avoir des attentes réalistes. Même si vous avez hâte que votre enfant réussisse à réaliser certains gestes par lui-même, vous aurez avantage à lui proposer des tâches et des défis adaptés à son âge et à ses capacités. Sinon, vous le mettrez en situation d’échec, ce qui nuira à son estime personnelle et à sa confiance en lui. N’oubliez pas que chaque enfant apprend à son rythme.
  • Féliciter. Toute une tâche que de devenir autonome! Votre enfant a besoin d’encouragements. Les « Bravo! », « Félicitations! », « Je savais que tu étais capable! » et « Tu es une championne » augmenteront son estime de soi et sa confiance en ses capacités. Il est important aussi de valoriser ses efforts, même si la tâche n’est pas tout à fait réussie. Vous pouvez lui dire des phrases comme : « Essaie encore », « Tu peux t’exercer », « La prochaine fois, ça ira mieux », « Tu t’es amélioré ». Cela l’incitera à persévérer.

Naitre et grandir.com


Source :
magazine Naître et grandir, mars 2013
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand

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