L’autonomie, c’est quoi?

L’autonomie, c’est quoi?
L’autonomie, débute lorsque votre bébé commence à ramper, à marcher à quatre pattes, à saisir un objet, et se poursuit pendant plusieurs années encore.

L’autonomie, c’est la capacité de répondre à ses propres besoins, de prendre et d’assumer ses décisions, tout en tenant compte de son entourage et de son environnement. Elle débute lorsque votre bébé commence à ramper, à marcher à quatre pattes, à saisir un objet, et se poursuit pendant plusieurs années encore. Évidemment, on pense d’abord à l’autonomie physique et motrice : manger, s’habiller et aller seul à la toilette, se laver les mains, se brosser les dents, accomplir de petites tâches comme ranger ses jouets ou apporter les ustensiles sur la table, etc. Mais l’autonomie concerne aussi le langage, le développement intellectuel ou cognitif ainsi que le développement socio-affectif et moral.

Par exemple, lorsque votre enfant apprend de nouveaux mots ou dit pour la première fois « Veux lait! », il développe son autonomie langagière. Quand il comprend qu’un objet existe toujours même s’il disparaît de sa vue, pose des questions, classe ses petites voitures par couleur ou encore tourne un triangle dans tous les sens pour le faire entrer dans la forme correspondante, il façonne son autonomie intellectuelle. Enfin, quand il commence à émettre des préférences, à respecter des consignes, à apprécier la compagnie d’un autre enfant, à dire ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas, à jouer seul durant de petits moments, il consolide peu à peu son autonomie sociale, affective et morale.

Dans cette grande aventure, votre rôle est primordial. Vous êtes, en effet, la personne la mieux placée pour aider votre enfant à acquérir de l’autonomie, même si ce n’est pas toujours facile! Le manque de temps, notamment, est souvent un obstacle. « Dans le tourbillon du quotidien, les parents sont toujours à la course, dit la psychologue Nadia Gagnier. Pour aller plus vite, ils ont tendance à tout faire à la place de l’enfant. C’est une réaction normale. Mais en même temps, cela retarde l’apprentissage de l’autonomie, car les messages captés par l’enfant sont : “Tu n’es pas capable” ou “Tu ne peux rien faire sans moi.” »

Même chose si vous surprotégez votre petit, si vous le couvez trop, ou encore si vous êtes un parent-hélicoptère, un de ces parents qui s’engagent dans toutes les activités et tous les aspects de la vie de leur enfant, qui ne le lâchent pas d’une semelle. « C’est le cas quand vous essayez de le protéger contre des dangers inexistants ou peu probables, de lui épargner toutes les petites difficultés et déceptions, de décider pour lui », explique Nadia Gagnier. Il risque de devenir anxieux, de manquer d’assurance, d’être beaucoup trop craintif et peu débrouillard. Mais rassurez-vous : favoriser l’autonomie de votre enfant, ça s’apprend!

Devenir autonome en toute sécurité
Le tout-petit qui développe son autonomie a besoin d’explorer son environnement. Cela nécessite d’aménager votre logement pour qu’il soit sécuritaire, surtout que le jeune enfant n’a pas conscience du danger. On range donc les bibelots, les objets fragiles, les médicaments et les produits de nettoyage hors de sa portée, on évite de placer un lit ou des meubles près d’une fenêtre et on recouvre les prises de courant de capuchons protecteurs. Par ailleurs, rendre autonome son enfant implique qu’on le laisse expérimenter, mais sous une supervision constante. Par exemple, il ne faut jamais laisser l’enfant seul quand il prend son bain, même s’il est en train d’apprendre à se laver. S’il commence à descendre seul les escaliers, rester à ses côtés, prêt à le retenir s’il trébuche.

3 erreurs à éviter

  • Forcer l’enfant. Avant de commencer un apprentissage, il est sage d’attendre que votre enfant démontre un intérêt. « Lui mettre trop de pression a souvent pour conséquence de retarder l’apprentissage, explique Nadia Gagnier. L’enfant subit un stress et peut alors résister et s’opposer. » La psychologue précise que ce phénomène est fréquent lorsqu’un parent essaie « d’obliger » son enfant à devenir propre, alors qu’il n’est pas prêt. Si vous vous inquiétez du fait que votre enfant tarde à devenir autonome sur un aspect en particulier, il est conseillé d’en parler à son médecin. À titre indicatif, l’âge normal de l’apprentissage de la propreté, par exemple, se situe vers 2 ans à 4 ans.
  • Déranger l’enfant quand il est concentré. Quand votre petit est appliqué à une tâche, par exemple attacher des boutons, vous pouvez l’observer, mais il est préférable de ne pas vous en mêler, et cela, même s’il a de la difficulté. Il est en train d’apprendre à persévérer et à résoudre un problème. Tant qu’il est calme, n’intervenez pas. Après, n’oubliez pas de le féliciter pour ses efforts, même si les boutons sont mal attachés!
  • Comparer. Il est tentant de comparer un enfant à son frère ou à la petite voisine, mais mieux vaut s’en abstenir. « Cela met de la pression sur l’enfant en plus de nuire à son estime de soi, affirme Nadia Gagnier. Comme cet apprentissage sera pour lui une expérience désagréable, il risque d’y résister. » Rappelez-vous que chaque enfant est unique.

Naitre et grandir.com


Source :
magazine Naître et grandir, mars 2013
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand