Introduction

Introduction
Les garçons sont plus turbulents et agressifs, les filles plus calmes et affectueuses… Du moins, c’est ce que la plupart des gens pensent.

Les garçons sont plus turbulents et agressifs, les filles plus calmes et affectueuses… Du moins, c’est ce que la plupart des gens pensent. Mais que cachent ces clichés sur le comportement et le caractère des garçons et des filles? Les différences sont-elles présentes dès la naissance?

Dès la conception, l’embryon est destiné à devenir une fille ou un garçon. S’il est porteur de la paire de chromosomes XX, ce sera une fille. S’il porte la paire XY, ce sera un garçon. Pourtant, jusqu’à environ 7 semaines après la conception, l’embryon n’est ni mâle ni femelle. Il possède même tout ce qu’il faut pour que son système reproducteur se développe soit en fille, soit en garçon. C’est seulement vers la 8 ͤ semaine de gestation que les chromosomes sexuels entrent en scène et déclenchent la différenciation sexuelle. Et c’est à 12 semaines que les organes reproducteurs et génitaux externes et internes du fœtus sont complètement différenciés.

Par ailleurs, cela peut paraître étonnant, mais il n’y a pas d’hormones sexuelles spécifiques aux filles ou aux garçons. Les deux sexes produisent des hormones (ex. testostérone, oestrogène, progestérone) souvent qualifiées à tort de masculines ou féminines. La différence réside dans la quantité : la testostérone se retrouve en plus grande quantité chez les garçons, et l’œstrogène et la progestérone, chez les filles. Avant la puberté, la sécrétion de ces hormones sexuelles est toutefois faible, autant chez les garçons que chez les filles.

Dans la deuxième moitié de la grossesse, les hormones contribuent à différencier les organes de l’appareil reproducteur et à former dans le cerveau des circuits neuronaux qui seront responsables, à la puberté, des fonctions liées à la reproduction. Le cerveau continuera ensuite à se développer jusqu’à l’âge adulte. Votre enfant est né avec des milliards de neurones qui, pour fonctionner, ont besoin de se connecter entre eux. Les connexions neuronales, appelées « synapses », se construisent au fil des apprentissages et des expériences de votre tout-petit. Autrement dit, le cerveau est malléable et il fabrique ses circuits en fonction des informations et des stimulations reçues. On verra plus loin combien cette particularité joue un rôle important en ce qui concerne les différences entre les sexes.

Le cerveau de votre enfant peut être modifié par son environnement et ses expériences.

Les garçons se développent plus vite que les filles dès le début de la grossesse. Ils sont donc, à la naissance, plus grands, plus lourds et appliquent une plus grande force que les filles lorsqu’ils agrippent un objet à la naissance. Par contre, si le corps des filles grandit moins vite, il mûrit plus vite. De même, malgré le plus petit poids des filles à la naissance, ce sont les garçons qui sont les plus fragiles. Au Québec, par exemple, le taux de mortalité infantile des garçons était en 2011 de 4,7 décès pour 1 000 naissances vivantes, contre 3,9 pour les filles, selon l’Institut de la statistique du Québec. D’ailleurs, il y a aussi davantage de fausses couches de garçons et ceux-ci courent plus de risques de naître prématurément et de souffrir ensuite de problèmes de santé. « Les garçons prématurés présentent plus de problèmes respiratoires et neurologiques que les petites filles et leur taux de survie est moins bon, indique Ahmed Moussa, néonatalogiste au CHU Sainte-Justine. Ils ont aussi plus de séquelles cognitives, comme des retards intellectuels. »

Pourquoi cette différence? Les études ont démontré que les garçons prématurés ont plus de signes d’inflammation chronique que les filles et que la maturation de leurs poumons est moins avancée. On sait aussi que les hormones sexuelles jouent un rôle dans le développement pulmonaire. Mais à ce jour, on ne sait toujours pas pourquoi les garçons sont plus vulnérables avant et après la naissance.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, septembre 2013
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Sylvie Richard-Bessette, psychologue et chargée de cours au département de psychologie et sexologie de l’UQAM

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