Vie de famille

Vie de famille
Comment se passe le quotidien dans les différents modèles de famille? Des parents parlent de leur réalité et des préjugés qu’ils vivent parfois.

Comment se passe le quotidien dans les différents modèles de famille? Des parents parlent de leur réalité et des préjugés qu’ils vivent parfois.
 « À mon âge, j’ai un peu moins d’énergie, mais d’un autre côté, je suis plus relaxe avec ma fille et j’ai plus de temps pour être avec elle parce que je suis à la retraite. Nous passons des moments fantastiques tous les deux et nous avons une complicité extraordinaire. Le plus difficile, c’est de penser à jusqu’à quand je vais être là pour elle. J’essaie de me tenir en forme pour garder la santé. »

Richard Morency, 71 ans, papa de Mila, 5 ans.
 « Parfois, les gens sont surpris et curieux de voir une famille avec deux mamans, mais nous n’avons jamais été victimes de préjugés jusqu’à maintenant. D’autres femmes ont tracé le chemin avant nous. Certaines personnes s’inquiètent parfois de l’absence d’un modèle masculin pour nos filles, mais il y a plusieurs hommes dans notre entourage. »

Julie Bérubé, maman d’Adèle, 5 ans, et d’Emma-Jeanne, 2 ans.
 « En raison du travail et de nos activités, mon conjoint et moi ne nous voyons pas beaucoup durant la semaine. Par contre, les week-ends sont réservés à notre famille et à notre couple. On prend du temps pour faire des choses simples comme aller au parc ou faire une soirée cinéma maison. Nous formons une bonne équipe pour l’éducation des enfants et le partage des tâches. J’ai déjà pensé que je pouvais être parfaite dans toutes les sphères. Maintenant, je fais de mon mieux et ce n’est pas grave si le linge n’est pas plié. »

Caroline Théorêt, maman de Samuel, 7 ans, Laurie, 5 ans et Émilie, 2 ans.
 « Ma conjointe et moi avons essayé d’avoir un enfant pendant 7 ans avant de nous tourner vers l’adoption. Il a fallu 17 mois avant de pouvoir aller chercher Nathan aux Philippines. C’est relativement court, mais l’attente a été interminable pour nous, c’était difficile. Pour Daniel-Joshua, nous avons attendu 46 mois! Nous les aimons tellement, c’est un vrai coup de foudre. Les gens sont très ouverts, nous n’avons jamais eu de commentaires déplacés à cause de leur couleur. Par contre, nous nous faisons souvent demander combien ça coûte! Je n’en veux pas aux gens, ils sont curieux, mais ce serait bien aussi de nous féliciter et de s’intéresser à nous d’abord. Les enfants, eux, savent qu’ils sont adoptés, mais ils nous posent peu de questions pour l’instant. Nous sommes prêts à leur répondre quand ça arrivera. »

Christian Loignon, papa de Nathan, 9 ans, et de Daniel-Joshua, 4 ans, originaires des Philippines.
 « C’est une agence de Toronto qui nous a aidés à trouver des ovules et une mère porteuse. Nous avons choisi cette voie pour être certains que tout était fait correctement et qu’il n’y avait pas d’exploitation. C’est la mère porteuse qui nous a choisis comme parents et non l’inverse. Nous avons assisté à la plupart des échographies et nous avons rencontré sa famille - ses parents, son mari et ses enfants - à Calgary. Ça s’est fait dans un respect mutuel. Nous allons expliquer à nos enfants d’où ils viennent et comment ils ont été conçus. »

Vincent Monet, papa d’Élizabeth, 21 mois, et de Nycolas, 2 mois.
 « Dans les contes, la belle-mère a toujours le rôle de la “pas fine”. Moi, je dirais que je suis plus sévère avec nos enfants qu’avec les enfants de mon conjoint. Ils font partie de notre famille. Je les aime et je m’inquiète pour eux même si ce ne sont pas les miens. Ça fait 10 ans qu’ils sont dans ma vie! D’ailleurs, les enfants parlent et agissent entre eux comme frères et soeurs. »

Dominique Beaumont, maman de Rafaële, 4 ans, et de Rosie, 7 ans, et belle-maman de Zachary, 11 ans, et de Maya, 15 ans.
 « Mon ex-conjointe et moi sommes séparés depuis 1 an et demi et nous avons organisé une garde partagée en fonction de nos horaires pour notre fille de 4 ans. Ça se passe bien, je n’ai vu aucun traumatisme chez elle. Les gens ont tendance à analyser tous ses comportements à travers le filtre de notre séparation, comme si c’était la cause de tout, mais ce n’est pas le cas. Il faut toutefois beaucoup se parler sa mère et moi pour être cohérents dans notre façon d’intervenir auprès d’elle, par exemple. »

Hugo Roy qui a la garde partagée de sa fille Érika, 4 ans.
 « J’ai longtemps cherché la bonne personne pour fonder une famille et j’ai finalement eu mon fils seule à 41 ans. Certaines personnes pensent qu’on est moins en forme dans la quarantaine, mais je le suis plus que dans la vingtaine. Je ne bougeais pas beaucoup et maintenant je cours des demi-marathons. De plus, j’ai un bon emploi qui assure une sécurité financière à mon enfant, ce que je n’aurais pas eu plus jeune. »

Sylvie Côté, maman de Maël, 10 mois.
 « Le père de mon garçon a des problèmes de santé mentale et de consommation alors que celui de ma fille est violent. Les enfants n’ont plus de contacts avec eux depuis environ 3 ans et c’est mieux ainsi. Pour s’en sortir, il faut aller chercher toute l’aide possible auprès des organismes, de l’école, du CLSC et même de la Direction de la protection de la jeunesse. On en a peur parfois, mais elle peut nous aider. Le plus difficile pour moi, c’est de manquer de temps juste pour moi. J’essaie de me réserver des moments, c’est important. »

Émily Loiselle, mère monoparentale de Caleb, 8 ans, et d’Alyson, 4 ans.
 « Les enfants se sont adaptés très rapidement, c’est comme si elles avaient toujours habité ici! Il y a beaucoup d’enfants de couleur à leur école. L’adaptation a été plus longue pour mon épouse et moi. Nous venons d’un pays où les gens se parlent plus facilement. Ici, les gens protègent davantage leur intimité, alors il a fallu s’habituer. »

Charlie Yetemgue, arrivé du Cameroun il y a 2 ans avec son épouse et leurs trois filles : Ketsia, 7 ans, et les jumelles Yemima et Kerima, 4 ans.
 « Nous sommes un peu comme une famille recomposée. Dans la majorité des cas, j’ai une bonne relation avec les parents naturels des enfants que j’accueille. C’est sûr que c’est plus difficile de laisser repartir certains d’entre eux et parfois, je suis un peu plus inquiète. Mais je me dis que j’ai fait une différence dans leur vie. J’essaie de les aider de mon mieux, ils font partie de ma gang et je ne fais pas de différence entre eux et mes enfants. Si on part en voyage, on les emmène tous. À partir du moment où ils franchissent notre porte, c’est leur maison. »

Famille d’accueil depuis 26 ans. Elle accueille 9 enfants âgés de 6 mois à 16 ans et est aussi mère de 3 enfants adultes.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, janvier-février 2016
Recherche et rédaction : Nathalie Côté

Photos : Maxim Morin

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