Introduction

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La moitié des petits Québécois de moins de 5 ans utilise un service de garde régi par le ministère de la Famille Meta mots-clés

La moitié des petits Québécois de moins de 5 ans utilise un service de garde régi par le ministère de la Famille. Les enfants y passent en moyenne 7,5 heures par jour. S’interroger au sujet de l’effet de ces services sur le développement des tout-petits est donc naturel.

Julie et Jérémie sont les parents d’Éliane, 2 ans, qui fréquente un service de garde en milieu familial. « Quand Éliane arrive de la garderie, elle a toujours de nouvelles choses à nous montrer. On voit que c’est bon pour son développement  », raconte Jérémie. « Le fait de côtoyer des grands à la garderie aide aussi Éliane à développer son autonomie; et son éducatrice joue un rôle important pour lui apprendre à interagir avec les autres », ajoute Julie.

Lorsqu’un enfant vit des expériences de qualité dans un service de garde, on note alors des bénéfices dans toutes les dimensions de son développement, selon Nathalie Bigras, professeure titulaire en éducation à la petite enfance à l’UQAM. Ainsi, les tout-petits qui fréquentent un milieu de garde de qualité ont généralement un langage plus développé et de meilleures aptitudes en mathématiques que ceux qui n’en fréquentent pas. Ils seraient aussi mieux préparés pour l’école.

Les milieux de garde de qualité sont donc un moyen d’offrir une stimulation de plus aux enfants, qui s’ajoute ainsi aux stimulations reçues à la maison. « L’idée n’est pas de structurer les apprentissages de l’enfant au point de faire de la scolarisation précoce, ni de laisser l’enfant se développer seul, mais plutôt de se situer au centre de ces deux approches. L’éducatrice accompagne l’enfant en observant ses forces et ses défis et en lui proposant des activités qui l’amènent à se développer davantage », explique Nathalie Bigras.

Pour les aider, les éducatrices peuvent compter sur le programme éducatif « Accueillir la petite enfance », élaboré par le ministère de la Famille. Celui-ci présente 5 principes pour accompagner les enfants pendant leur développement.

1. Chaque enfant est unique. L’éducatrice doit développer une bonne connaissance de l’enfant. Elle pourra ainsi reconnaître et respecter ses particularités, son rythme, ses besoins et ses intérêts.

2. L’enfant est le premier agent de son développement. Cela veut dire que l’enfant apprend d’abord en expérimentant lui-même, de même qu’en observant, en imitant et en interagissant avec les autres. L’éducatrice sert de guide pour développer cette autonomie.

3. Le développement de l’enfant est un processus global et intégré. Ce principe reconnaît que l’enfant se développe à la fois sur le plan affectif, physique, social, cognitif et langagier. Les interventions de l’éducatrice devraient donc avoir pour but de stimuler tous les aspects du développement de l’enfant.

4. L’enfant apprend par le jeu. Chez l’enfant, le jeu est le moyen par excellence pour explorer le monde, expérimenter et apprendre.

5. La collaboration entre le personnel éducateur et les parents est essentielle au développement harmonieux de l’enfant. Une bonne relation entre les parents et l’éducatrice rassure l’enfant. Cela lui permet à son tour de développer un lien privilégié avec le personnel éducateur. « Les parents sont ceux qui connaissent le mieux leur enfant et qui peuvent en apprendre le plus aux éducatrices sur la façon d’ajuster leurs interventions à chacun », ajoute Nathalie Bigras.

Ces principes permettent de guider l’éducatrice afin qu’elle utilise au mieux les outils pédagogiques à sa disposition pour accompagner l’enfant dans son développement. Le programme éducatif suggère aussi des stratégies pour organiser les lieux, le matériel et les activités, et pour interagir avec les enfants et les parents.

Pour Nathalie, maman de Raphaëlle, ces principes sont très importants. « Le programme éducatif tel qu’il est appliqué dans notre milieu de garde correspond à mes valeurs. Il encourage le développement de mon enfant en respectant son rythme, explique-t-elle. Je me sens aussi partenaire de l’éducatrice de ma fille. »

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, septembre 2014
Recherche et rédaction : Kathleen Couillard
Révision scientifique : Diane Dubeau, professeure de psychoéducation et de psychologie, UQO

Crédit photo : Maxim Morin