Est-ce normal de se sentir coupable?

Est-ce normal de se sentir coupable?
Quand on vient d’avoir un enfant, on est très attaché à lui, explique Nathalie Bigras. Les parents ont tendance à penser qu’ils sont les seuls à pouvoir s’occuper de leur tout-petit de la bonne façon. Ils trouvent difficile de s’en détacher et c’est normal.

« Quand on vient d’avoir un enfant, on est très attaché à lui, explique Nathalie Bigras. Les parents ont tendance à penser qu’ils sont les seuls à pouvoir s’occuper de leur tout-petit de la bonne façon. Ils trouvent difficile de s’en détacher et c’est normal. »

Le sentiment de culpabilité des parents est aussi lié à notre histoire. « Beaucoup de gens sont encore réticents à l’idée de confier leur enfant à d’autres personnes. Il n’y a pas si longtemps, on nous disait que la mère était la seule personne à pouvoir s’occuper de son enfant. Pourtant, dans plusieurs sociétés, les enfants sont éduqués en communauté. Même à l’époque de nos grands-parents, les parents s’en occupaient avec les belles-soeurs, les grands-mères, les voisines », rappelle Nathalie Bigras.

Les nouveaux parents qui ont eux-mêmes connu les services de garde semblent toutefois plus à l’aise avec le choix d’y inscrire à leur tour leur tout-petit. « Julie et moi sommes allés à la garderie quand nous étions enfants, explique Jérémie. Nous n’avons donc jamais vraiment réfléchi à la possibilité de garder Éliane à la maison. »

C’est donc la vision de l’éducation des enfants qui gagnerait à être repensée. « Les parents sont ceux qui connaissent le mieux les besoins de leur enfant, c’est vrai. Mais confier notre enfant à des professionnels qui ont la formation nécessaire ne fait pas de nous de mauvais parents. Au contraire, on s’entoure de gens qui peuvent nous aider dans notre rôle d’éducation de jeunes enfants », dit Nathalie Bigras. Rien ne nous dit qu’il est mauvais d’envoyer notre enfant en service de garde si celui-ci est de qualité, conclut-elle.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, septembre 2014
Recherche et rédaction : Kathleen Couillard
Révision scientifique : Diane Dubeau, professeure de psychoéducation et de psychologie, UQO

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