Bouger à la garderie

Bouger à la garderie
Les enfants passent environ 65 % de leur temps éveillé dans un milieu de garde. Celui-ci influence donc leurs habitudes de vie.

Les enfants passent environ 65 % de leur temps éveillé dans un milieu de garde. Celui-ci influence donc leurs habitudes de vie.

« Lorsque vous permettez à un enfant d’être actif, vous l’aidez à développer sa forme physique, mais aussi son langage, ses émotions, son intelligence et ses interactions avec les autres, explique Camille Gagné, professeure à la faculté des sciences infirmières de l’Université Laval. Plus on est actif jeune, plus on est actif aux autres âges de la vie. »

Selon les directives canadiennes, les enfants de 1 an à 4 ans devraient faire 3 heures d’activité physique par jour, dont 2 heures dans leur milieu de garde. Avec 53 minutes d’activité physique quotidiennes et 89 % de leur temps à faire des activités sédentaires, les tout-petits en service de garde sont encore loin d’atteindre cet objectif, constate Mme Gagné.

« Les statistiques montrent que les enfants écoutent beaucoup la télévision au Canada », ajoute Julie Poissant, chercheuse en périnatalité et en petite enfance à l’Institut national de santé publique du Québec.

Au Canada, plusieurs organismes recommandent de ne pas dépasser 1 heure par jour devant des écrans (télévision, ordinateur, tablette) pour les 2 ans à 5 ans et de ne pas y exposer du tout les enfants de moins de 2 ans.

Selon un sondage réalisé dans les CPE de Montréal, seulement 4 % des éducatrices affirment que les enfants de leur groupe visionnent des émissions de télévision chaque jour et 3 % qu’ils visionnent des films chaque jour. Le sondage ne donne pas d’information sur la situation dans les garderies en milieu familial, mais certaines études américaines laissent supposer que l’utilisation de la télévision y est plus importante. Il est donc possible, selon Julie Poissant, que nous sous-estimions le temps que les enfants passent devant la télé en ne considérant pas le visionnement en garderie. « Jusqu’à présent, le conseil qu’on donnait aux milieux de garde était d’utiliser les écrans si cela faisait partie du programme éducatif. Ces recommandations vont toutefois changer. Il est préférable d’éviter l’utilisation de la télévision ou de l’équipement audiovisual dans les milieux de garde  », explique-t-elle.

La responsabilité de transmettre de saines habitudes de vie aux enfants repose donc autant sur le milieu de garde que sur la famille. « Le milieu de garde peut discuter des recommandations sur le temps passé devant les écrans avec les parents et de l’importance d’augmenter l’activité physique, croit Julie Poissant. Au même titre, si les parents sont préoccupés par l’utilisation des écrans dans les milieux de garde, ils doivent en parler. »

Les avantages de côtoyer un éducateur
La croyance populaire veut que les éducateurs offrent plus souvent des activités motrices que leurs collègues féminines. Or, Thérèse Besnard, professeure à l’Université de Sherbrooke et auteure d’une étude sur la place des hommes dans les services de garde au Québec, a vu peu de différences entre les hommes et les femmes en milieu de garde. Elle a toutefois constaté que les enfants gagnent à être en contact avec des hommes et des femmes. Même si on ne comprend pas encore exactement pourquoi, ces enfants ont une meilleure adaptation sociale. Ils ont moins de problèmes de comportements, moins de problèmes liés à la timidité et sont moins agressifs. « Probablement qu’en ayant accès aux deux modèles, ils développent davantage d’outils pour entrer en relation », croit Mme Besnard. De plus, en profitant de modèles masculins, les petits garçons développeraient leurs habiletés sociales. Certaines études ont aussi démontré que ceux-ci ont alors plus de facilité à bâtir leur identité sexuelle, ainsi qu’un meilleur rendement en mathématique et une meilleure attitude à l’école.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, septembre 2014
Recherche et rédaction : Kathleen Couillard
Révision scientifique : Diane Dubeau, professeure de psychoéducation et de psychologie, UQO

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