L'impact sur le couple et le travail

L'impact sur le couple et le travail
Après presque deux ans de tests médicaux, Dina Auger et son conjoint ont appris que leur petite Roxanne avait une déficience intellectuelle.
Après presque deux ans de tests médicaux, Dina Auger et son conjoint ont appris que leur petite Roxanne avait une déficience intellectuelle.

« À 9 mois, Roxanne a eu de grosses convulsions pendant son sommeil. C’était le 24 décembre 2013. Elle a été hospitalisée. Les médecins lui ont fait passer plein de tests, mais ils n’ont rien trouvé. Début 2015, ils nous ont dit qu’elle avait un retard de développement global, mais ce n’est qu’en février 2016 que nous avons eu le vrai diagnostic. Notre petite fille a une anomalie dans un gène, ce qui se traduit par une déficience intellectuelle.

Cette nouvelle m’a complètement scié les jambes. Comme parent, on souhaite que nos enfants aillent bien. On rêve de les voir grandir, aller à l’école, devenir autonomes. Et là, plus rien! Ce diagnostic a été un choc. À tel point que j’ai fait une dépression et que j’ai dû m’arrêter de travailler. Après quelques mois, mon conjoint aussi a craqué. Il n’était plus capable de travailler non plus.

Il faut dire que le quotidien est très lourd à gérer. Roxanne est lente à tous les niveaux et tout est plus difficile. Elle a appris à marcher très tard, elle a longtemps fait des crises et, à 3 ½ ans, elle n’est toujours pas propre. Elle demande une surveillance constante. C’est épuisant.

Nous devons tout penser en fonction de Roxanne : ce qu’elle peut ou ne peut pas faire, où on peut aller avec elle, et de quelle façon. J’avoue que ça crée des tensions dans notre couple. Mon conjoint a tendance à être plus protecteur avec elle, alors que je veux la pousser à se dépasser.

Mes rêves pour ma fille se sont écroulés du jour au lendemain.

Aujourd’hui, avec le recul, je crois que nous nous en sortons assez bien. Après beaucoup de discussions, nous avons décidé que je ne retournerai pas travailler pour être capable de gérer tous les rendez-vous de Roxanne avec l’ergothérapeute, le physiothérapeute, l’orthophoniste, etc. Il y en a plusieurs par semaine et nous voyons à quel point notre fille fait des progrès grâce à ces professionnels.

Moi, je me dis que c’est maintenant qu’elle a besoin d’être stimulée. C’est peut-être un sacrifice de quelques années sur le plan professionnel, mais j’ai envie de lui donner le maximum de chances de se développer à son plein potentiel.

Mon conjoint va mieux et il est en train de retourner au travail. Avec un seul salaire, c’est plus difficile, mais nous avons conclu que le bien-être quotidien de notre famille est plus important que de voyager ou de changer d’auto. Depuis que nous avons pris cette décision, nous sommes plus sereins. »

 

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mai-juin 2017
Propos recueillis par Kenza Bennis

 

Photo : Maxim Morin