Quand l'enfant apprend plus d'une langue à la fois

Quand l'enfant apprend plus d'une langue à la fois
Bien que certains parents craignent qu’un enfant qui est exposé à plusieurs langues développe un retard de langage, la recherche démontre que ce n’est pas le cas.

Bien que certains parents craignent qu’un enfant qui est exposé à plusieurs langues développe un retard de langage, la recherche démontre que ce n’est pas le cas. « Un enfant bilingue qui a un retard de langage connaîtrait probablement les mêmes difficultés dans un milieu unilingue. L’exposition à plus d’une langue ne peut pas causer plus qu’un léger décalage. Il n’est donc pas nécessaire de réduire l’exposition à une des deux langues. On encourage plutôt les parents à utiliser la langue avec laquelle ils sont le plus à l’aise », explique la Dre Cousineau.

Et lorsqu’aucun des parents ne parle le français, mais que l’enfant est exposé au français au milieu de garde ou à l’école? Sylvie Nuckle, orthophoniste à la Commission scolaire de Montréal, donne le même conseil aux parents : s’adresser à leur enfant dans la langue qu’ils maîtrisent le mieux et ne pas se forcer à parler le français avec lui. « La langue maternelle est aussi porteuse de valeurs culturelles. Plus cette langue est forte, plus les autres langues seront acquises facilement », estime-t-elle. Selon elle, on peut comparer l’apprentissage du langage à la construction d’une maison : plus les bases sont bien ancrées, plus ce qui s’y posera sera solide également.

Dans tous les cas, vous gagnerez à respecter une règle simple pour faciliter l’apprentissage de votre enfant : éviter de mélanger des mots de plusieurs langues dans une même phrase lorsque vous lui parlez. Votre enfant pourra ainsi associer certaines situations ou personnes avec chacune des langues (ex. : avec papa, on parle mandarin; avec maman, on parle français).

Pour Marie-Andrée, maman de Gabriel et de Flora, vivre dans un environnement bilingue constitue toutefois un défi pour ses enfants : « Je parle français à mes enfants alors que mon conjoint parle en espagnol. Jusqu’à l’âge de 3 ans, Gabriel a même fréquenté une garderie en milieu familial avec une éducatrice hispanophone. Ça se passait très bien. Par contre, depuis qu’il va dans un CPE en français, il semble moins à l’aise avec l’espagnol. »

D’après Andrea MacLeod, chercheuse à l’Université de Montréal s’intéressant au bilinguisme, pour qu’un enfant apprenne deux langues, il doit les entendre souvent et pouvoir les pratiquer. Cela peut se vivre de plusieurs façons selon la situation familiale. Toutefois, la chercheuse constate : « Il ne faut pas croire que l’apprentissage sera automatique. L’enfant doit être motivé, lui aussi, à apprendre une deuxième langue. »

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, mai 2014
Recherche et rédaction : Kathleen Couillard
Révision scientifique : Marie-Ève Bergeron-Gaudin, orthophoniste

Crédit photo : Maxim Morin