Quand vous êtes monoparental

Quand vous êtes monoparental
Pourtant, sa situation est loin d’être facile : elle est seule pour subvenir aux besoins de ses 3 enfants et, avec son seul salaire de secrétaire juridique, elle peine à joindre les deux bouts.

Éloïse, mère monoparentale de 3 enfants de 11 ans, 9 ans et 4 ans et demi, est bien consciente de l’aide que peuvent lui apporter ses proches, même si elle n’applique pas toujours ce conseil. Pourtant, sa situation est loin d’être facile : elle est seule pour subvenir aux besoins de ses 3 enfants et, avec son seul salaire de secrétaire juridique, elle peine à joindre les deux bouts.

« Avec des horaires de travail de 7 h 30 à 16 h 30, je dois aussi maximiser mon temps, confie Éloïse. Comme je n’habite pas loin de mon bureau, je rentre chez moi le midi pour commencer à préparer le souper. Je fais aussi participer mes enfants aux tâches quotidiennes. Les deux grands préparent leur lunch, ils vident le lave-vaisselle, etc. Malgré mes moyens financiers limités, j’arrive à les récompenser pour leurs efforts. Je leur donne parfois la permission de se coucher 15 minutes plus tard ou bien de jouer à un jeu tous ensemble, ou encore de passer une heure tout seul avec moi. »

Également maman monoparentale, Marie-Josée a un petit garçon de 5 ans. Elle travaille à temps plein et étudie à temps partiel à la TÉLUQ (l’université à distance de l’Université du Québec). Cette maman à l’horaire bien rempli est passée experte dans l’optimisation de chaque minute!

« Par exemple, pendant une activité sportive d’Alexis, j’en profite pour faire des lectures pour l’université. Je fais aussi mon épicerie pendant mon heure de dîner, dit Marie-Josée. Et il y a quelques années, je n’ai pas hésité à changer d’emploi pour passer moins de temps dans les transports. Cette décision m’a permis d’alléger la routine du soir. Lorsque je travaillais au centre-ville, il me fallait une heure pour me rendre au bureau et pour en revenir, maintenant c’est moitié moins. Comme nous sommes moins pressés par le temps en fin de journée, nous avons gagné en qualité de vie. »

75 % des mères séparées affirment avoir suffisamment d’appui de leur milieu pour assumer leurs obligations. Ça tombe à 61 % chez les mères toujours en couple.

Pour faciliter votre quotidien

Voici quelques idées qui vous permettront de trouver une aide précieuse, souvent gratuitement ou à très faible coût.

  • Échanger des services, à l’aide de votre réseau ou d’une accorderie (voir Ressources). Vous pourriez, par exemple, faire l’épicerie pour vous et une famille du voisinage, offrir des biscuits ou un pot de sauce à spaghetti en échange du déneigement de l’entrée. Et qui sait? Il se trouve peut-être dans votre environnement proche un retraité qui serait ravi de jouer les grands-pères ou les grands-mères de substitution de temps à autre, en échange de menus services ou d’un pot de confiture maison!
  • Garder les enfants à tour de rôle avec une autre famille de votre entourage. Par exemple, un soir par semaine, vous gardez les enfants d’un couple d’amis, et la semaine suivante, c’est au tour de vos amis de garder les vôtres. C’est comme avoir une gardienne gratuite!
  • Utiliser les ressources communautaires pour les familles de votre secteur. Pour les connaître, vous pouvez contacter votre CLSC. Les maisons de la famille, par exemple, sont des organismes sans but lucratif qui permettent aux familles de souffler un peu en leur offrant des services variés (halte-répit, consultation familiale, aide aux devoirs, conférences et ateliers, etc.). Une aide qui peut être vraiment appréciable!
  • Cuisiner en groupe dans les cuisines collectives. On trouve des cuisines collectives un peu partout au Québec. Vous pouvez y préparer en groupe des repas santé et économiques. Certaines offrent également des regroupements d’achat de fruits et de légumes frais de bonne qualité et à bas prix, provenant directement des producteurs. Pas de cuisine collective près de chez vous? Pourquoi ne pas préparer collectivement, avec quelques voisins, des conserves de légumes, de sauce tomate ou de confiture? Acheter des aliments en grande quantité coûte généralement moins cher.
CONSEILS D’EXPERT
Les pères et les mères monoparentaux peuvent trouver un soutien appréciable en s’entraidant. « Il est utile de développer un réseau de contacts fort et solide : voisins, amis, collègues, parents des amis de nos enfants, etc. », indique Guylaine Deschênes, psychologue organisationnelle. Il est donc souhaitable de mettre votre orgueil de côté et d’accepter l’aide qu’on vous offre. Vous pourriez aussi embaucher un étudiant ou un retraité qui vit dans le quartier, souvent à peu de frais, pour alléger la routine du soir. Cette personne pourrait aller chercher les enfants à la garderie, par exemple.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, novembre 2014
Recherche et rédaction : Emmanuelle Gril
Révision scientifique : Diane-Gabrielle Tremblay, professeure, TÉLUQ-UQÀM

Crédit photo : Maxim Morin

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