Rendez-vous avec le père Noël

Rendez-vous avec le père Noël
Le fait de « mentir » à votre tout-petit. à propos du père Noël vous met mal à l’aise? Il n’y a aucune raison de culpabiliser, soutient-elle. « C’est un beau mensonge qui stimule son imagination, développe sa créativité et le rend heureux. Cela lui permettra aussi de conserver de merveilleux souvenirs et, plus tard, d’avoir envie de revivre la magie de ces instants avec ses propres enfants », ajoute Nadia Gagnier…

« Maman, comment il fait le père Noël pour être à plusieurs endroits en même temps? Et comment il va faire pour apporter les cadeaux? » Aïe! Que lui répondre quand vous venez de croiser, au centre d’achat et dans la rue, trois gros bonshommes barbus vêtus de rouge et qu’en plus, votre logement n’a pas de cheminée?

« Les petits de 5 ans et moins sont un peu crédules. Ils vivent dans un monde à mi-chemin entre le réel et l’imaginaire. Il leur est d’autant plus facile de croire au père Noël qu’ils ont des preuves concrètes de son existence, puisqu’ils peuvent le voir, le toucher, l’entendre parler et même lui écrire », explique la psychologue Nadia Gagnier.

Le fait de « mentir » à votre tout-petit. à propos du père Noël vous met mal à l’aise? Il n’y a aucune raison de culpabiliser, soutient-elle. « C’est un beau mensonge qui stimule son imagination, développe sa créativité et le rend heureux. Cela lui permettra aussi de conserver de merveilleux souvenirs et, plus tard, d’avoir envie de revivre la magie de ces instants avec ses propres enfants », ajoute Nadia Gagnier.

« Miranda ne veut pas avoir de doutes, elle a besoin d’y croire, c’est important pour elle. »
Isabelle, maman de Miranda, 5 ans

Certains psychologues estiment par ailleurs que faire semblant et rêver d’un monde féerique aurait des vertus thérapeutiques pour un enfant qui traverse des moments difficiles, notamment en cas de séparation des parents. Conclusion : aussi longtemps qu’il y croit, ou qu’il fait semblant d’y croire pour vous faire plaisir, vous pouvez laisser la magie de Noël opérer.

Et s’il a peur du père Noël?
À cause de sa grosse voix, de son rire et de sa longue barbe blanche, il est fréquent que le père Noël effraie les plus petits, surtout entre 2 ans et 4 ans. Surtout, ne forcez pas votre enfant à s’approcher de lui, et encore moins à grimper sur ses genoux, même le temps d’une photo. Il est important de ne pas prendre sa peur à la légère, car elle est bien réelle. Vous pouvez vous arrêter quelques instants pour qu’il observe de loin les autres enfants s’avancer vers lui. Une fois qu’il aura constaté que le bonhomme rouge est gentil, peut-être acceptera-t-il d’aller à sa rencontre.

L’après-père Noël

« Les premiers doutes apparaissent souvent à la suite de commentaires de ses petits camarades, à la garderie, ou parce qu’il a entendu un grand frère ou une grande sœur en parler. Nadia Gagnier conseille donc de laisser les choses se faire naturellement, mais de faire preuve de franchise lorsqu’il commence à poser plus de questions. S’il vous demande : “Est-ce que le père Noël existe pour de vrai?”, vous pouvez lui retourner la question en l’interrogeant à votre tour : “Qu’est-ce que tu en penses, toi?” Vous lui permettrez ainsi de stimuler sa faculté de raisonnement et de découvrir la vérité par lui-même. L’âge auquel l’enfant arrête de croire au père Noël varie beaucoup selon sa personnalité et le milieu dans lequel il vit », conclut-elle.

« J’espère qu’il n’y aura pas une énorme tempête de neige, parce que la distribution des cadeaux va être très difficile. Et puis le père Noël risque d’avoir froid, et les rennes aussi! »
Lucas, 5 ans

Quant à l’« après-père Noël », ne vous inquiétez pas. Une fois surmontée la déception de le voir disparaître, votre enfant comprendra qu’il s’agissait pour vous d’une façon de lui exprimer votre amour. « Avec ou sans bonhomme rouge, le plus important est de garder à l’esprit que cette période représente un moment idéal pour partager le plaisir d’être ensemble », insiste Nadia Gagnier.

L’important pour l’enfant n’est pas tant le cadeau que la magie qui l’entoure, c’est-à-dire le paquet, la famille, la fête. « Le père Noël, ce n’est pas “Je veux cette poupée, il me l’apporte”, résume la psychanalyste française Claude Halmos. Ce qui est merveilleux, c’est la tendresse, l’attention portée à l’autre. »

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, décembre 2013
Recherche et rédaction : Marie-Josée Cardinal
Révision scientifique : Diane Dubeau, professeure de psychoéducation et de psychologie, UQO

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