Des obstacles au mouvement

Des obstacles au mouvement
Les statistiques indiquent que les enfants sont moins actifs que par le passé. À titre d’exemple, jusqu’à 90 % du temps de présence dans les services de garde est occupé par des activités sédentaires, selon les recherches.

Les statistiques indiquent que les enfants sont moins actifs que par le passé. À titre d’exemple, jusqu’à 90 % du temps de présence dans les services de garde est occupé par des activités sédentaires, selon les recherches. Et le quart des 2 ans à 5 ans passent plus de 2 heures par jour devant la télévision. Au total, les enfants consacrent environ les trois quarts de leur temps d’éveil à des activités sédentaires.

Les comportements sédentaires sont ceux qui comptent très peu de mouvements pendant les heures d’éveil des enfants et qui impliquent notamment de demeurer en position assise ou couchée. Voici quelques-unes des raisons qui expliquent pourquoi les enfants bougent moins qu’avant :

1. Le temps passé assis

Les bébés, notamment, passent beaucoup de temps assis (coquille du siège d’auto, chaise vibrante, chaise haute, balançoire, poussette, etc.). Or, cette position ne leur permet pas de développer adéquatement leurs muscles.

2. L’omniprésence des écrans

Les écrans sont présents dans la vie des enfants même à un très jeune âge. Pourtant, des études indiquent que cette pratique nuit à l’acquisition du langage et des habiletés motrices, ce qui peut entraîner des difficultés scolaires et de socialisation. Avant 2 ans, la Société canadienne de pédiatrie déconseille toute activité devant un écran (télévision, jeux vidéo, tablette, etc.). Puis, de 2 ans à 5 ans, plusieurs organismes canadiens recommandent de ne pas dépasser 1 heure par jour devant des écrans.

3. Les journées très organisées

Les journées des enfants sont souvent remplies par des routines et des activités structurées laissant peu de place au mouvement. « Parce qu’il a joué dehors à la garderie, on pense qu’il a été assez actif, mais ce n’est souvent pas le cas », met en garde Monique Dubuc, coordonnatrice nationale de Kino-Québec.

4. L’obsession pour la sécurité

« De nos jours, on voit des dangers partout et on veut protéger les enfants de tout », explique Claude Dugas, professeur en sciences de l’activité physique à l’Université du Québec à Trois-Rivières. On préfère donc que les enfants soient en sécurité à la maison, à dessiner, à regarder la télévision ou à jouer sur la tablette électronique. « Il y a une différence entre protéger et surprotéger, note Monique Dubuc. S’assurer que l’environnement est sécuritaire, c’est protéger. Empêcher l’enfant de vivre des expériences variées parce qu’on a peur, c’est surprotéger. »

Tomber en courant, c’est normal et cela permet même à votre enfant de faire des apprentissages.

Naitre et grandir.com

Source : magazine Naître et grandir, octobre 2014
Recherche et rédaction : Nathalie Vallerand
Révision scientifique : Joël Beaulieu, consultant en motricité

Partager